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Ingall : Entre cauchemars de la route et ambiances de la Cure salée


Notre-quipe-de-reportage-et-leurs-guides--IkzamDans le langage des routiers nigériens, l'expression ''éviter les nids de poule'' est bien connue. Mais depuis lors une autre expression sied à l'état du tronçon de la RTA (Route Tahoua –Agadez-Arlit). C'est l'expression ''choisis ton nid de poule''. En effet, les nids de poule sont tellement nombreux qu'on ne peut plus en éviter. Du coup, les conducteurs choisissent les moins profonds pour passer dessu.
Ce qui nécessite une concentration extrême des conducteurs parce que la moindre inattention peut être fatale. Cette situation stresse les passagers. Du coup, les conversations agréables sur tout et sur rien qui agrémentent généralement les voyages sur ces longues distances s'arrêtent. La saison des pluies caractérisée par d'abondantes pluies tombées dans la région a compliqué la situation. Pour les chauffeurs qui connaissent bien la région, la route est si mauvaise qu'ils préfèrent tracer leurs voies et rouler carrément sur des pistes parallèles à ce qui reste de la chaussée. Pour ceux qui optent de rouler sur la chaussée, ils sont astreints à slalomer entre les nids de poule.
On ne parle plus du temps. En effet, on peut banalement perdre 5 heures de temps pour faire les 150 km qui séparent Tahoua d'Abalak. Ce qui oblige beaucoup de voyageurs à passer la nuit à Abalak comme ce fut notre cas à l'occasion de la Cure salée 2018 en septembre dernier. Ainsi après une demie journée de torture par la route, l'auberge ''La Tendé'' constitue une sorte de ''terre promise'' pour se relaxer et reprendre des forces. Au programme de la soirée, thé et discussions très courtoises avec les responsables dudit établissement et beaucoup d'autres voyageurs qui comme nous, ont choisi d'y passer la nuit.
C'est là où l'on apprend encore des choses et les histoires souvent les plus invraissembles sur l'état de la route. C'est ainsi qu'un des chauffeurs habitués de ce tronçon nous raconta que l'ingénieur qui a conçu les véhicules qui transportent l'uranate sur cette route, est d'abord venu passer des mois dans la région pour étudier l'état de la route en vue de fabriquer des camions adaptés. Ce qui reste à vérifier. Mais pour Abdalla Idrissa, un camionneur, les compagnies minières nous ont abandonnés. « Elles ont des camions adaptés, elles s'en foutent pas mal de nous. Nos camions ne peuvent pas les suivre. » dit-il. « Sinon, il y'a encore de nombreuses opportunités dans la zone. Le commerce avec la Libye et l'Algérie reprend petit à petit malgré la situation en Libye et l'état de la route » déplore-t-il.
Ces moments de décontraction ne sont qu'un temps de répit ; les voyageurs doivent reprendre la route avec le tronçon Abalak-Agadez encore plus dégradé. A certains endroits, la route n'existe même plus. L'on est tenté d'affirmer que la RTA sert juste de repère mais pas une route. Si la pluie vient à se mêler, certains passages sont occupés par les eaux devenant souvent un piège pour ceux qui ne connaissent pas très bien cette route. Ainsi pendant que nous roulons, nous fûmes interpellés par un conducteur d'un minibus à quelques encablures du hameau de Ikzam. Ce chauffeur et ses passagers ont de la chance, eux qui ont failli quitter la chaussée au niveau d'un Kori qui coupe la route. Mais le véhicule a pris un coup, car le moteur s'est arrêté. Ce dont il a tenu à nous prévenir. C'est ainsi que le petit Assalekh (10 ans) et son petit frère nous ont servi de guide pour pouvoir traverser la large flaque d'eau qui occupe la chaussée.
C'est à cet exercice que se soumettent quotidiennement les conducteurs qui empruntent cette route. Une situation, dit-on, qui a poussé certaines compagnies de transport à suspendre momentanément de desservir Agadez. Pour ceux qui vont à Ingall, le calvaire prend fin à partir de Mararaba à 50 km de la commune. Ici, le tronçon est dans un bien meilleur état que le reste des tronçons de la RTA. Mieux, le voyage devient encore plus agréable avec la vue panoramique des plaines verdoyantes de l'Irazher, les multiples campements d'éleveurs et surtout avec les troupeaux de vaches, de moutons et de chèvres. Les importantes précipitations enregistrées dans la zone ont produit une abondance des pâturages. La robe reluisante des animaux en dit long sur leur embonpoint.

Par Siradji Sanda, envoyé spécial(onep)
26/10/18

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