Le Sahel

pub_bann
A+ A A-

Situation du fleuve Niger : Le volume des eaux du fleuve Niger lié à la crue guinéenne surprend les prévisions des spécialistes

 

 

 


d-2La montée des eaux au niveau de la source du fleuve Niger a entrainé depuis quelques semaines une crue exceptionnelle, sinon inquiétante pour les populations riveraines. Les relevés journaliers de la côte d'alerte à la station de Niamey montraient à la date du 29 janvier 2019, une augmentation d'un centimètre du débit des eaux, soit 2.238 m3/s correspondant à la côte 592 cm. Certes, la montée des eaux est inquiétante pour les spécialistes en hydrologie et les populations riveraines du fleuve, mais les observations empiriques et la comparaison des hydrogrammes de crues indiquent clairement que l'étiage de cette année sera moins sévère que les années précédentes.
Selon le directeur de l'hydrologie au ministère de l'Hydraulique et de l'Assainissement, M. Mohamed Housseini Ibrahim, cette crue observée n'est que la conséquence des précipitations tombées dans le haut bassin (en Guinée). Ces volumes d'eau séjournent d'abord au moins un mois dans le delta intérieur au Mali avant de poursuivre leur chemin vers le moyen Niger (la partie aval du Mali et la République du Niger) puis le Niger inférieur et atteindre le delta maritime au Nigeria pour se jeter dans l'océan atlantique. La crue guinéenne a débuté précisément depuis le 12 octobre 2018 à Niamey. Depuis cette période, le Niger moyen qui couvre notamment les régions de Tillabéry, Niamey et Dosso continue de recevoir des eaux et cela de façon graduelle. Cette situation a engendré plusieurs cas d'inondations dans les régions de Tillabéry et de la ville de Niamey avec d'énormes dégâts sur les terres agricoles et les habitations et dans certains cas des pertes en vie humaine. L'analyse des débits moyens journaliers à la station hydrométrique de Niamey montre qu'à la date du 3 janvier 2019, le niveau du fleuve a atteint le seuil de vigilance que les spécialistes appellent côte d'alerte orange qui est fixée 580 cm correspondant à un débit de 2.127 m3/s. En outre, cette côte d'alerte a persisté jusqu'au 29 janvier 2019 pour atteindre 592 cm. '' Nous pensons que la décrue va commencer au début du mois de février de 2019'', a espéré le directeur de l'hydrologie. Par ailleurs, il faut préciser que ces dernières années la crue locale des mois de juillet-Août -septembre dépasse la crue guinéenne. Mais cette année, c'est l'inverse.
Une crue bénéfique pour le Niger si et seulement si les eaux qu'elle draine sont maitrisées
Il serait illusoire de penser que le Niger pourrait atteindre son autosuffisance alimentaire si l'Etat ne créé pas les conditions pour promouvoir une agriculture dont le socle repose sur l'irrigation. Pour matérialiser la politique du Niger dans le cadre du programme de renaissance volet Initiative 3N, le directeur de l'Hydrologie M. Mohamed Housseini Ibrahim estime que l'Etat doit s'inscrire dans la réalisation des ouvrages structurants sur le fleuve notamment la construction des barrages afin de bloquer cette eau et la stocker pour pouvoir l'utiliser pendant la période de l'étiage. Ces barrages, explique le directeur de l'Hydrologie, bloqueront l'eau, ce qui va empêcher les inondations en aval. A l'heure actuelle, il n'existe pas d'ouvrages sur la portion nationale du Niger pour stocker ces quantités d'eau. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la réalisation du barrage de Kandadji, un grand ouvrage structurant parait extrêmement stratégique pour le Niger. A cela doit s'ajouter la réalisation des digues de protection en aménageant les abords du fleuve. Fort heureusement, on peut dire que la rive droite est aujourd'hui protégée avec l'aménagement des digues de protection. Mais c'est plutôt du côté de la rive gauche que l'inquiétude existe dans la mesure où les travaux de la digue n'ont pas été achevés.
S'agissant du niveau d'assèchement du fleuve pendant la période d'étiage à venir, le directeur a rassuré que les observations empiriques et les hydrogrammes de débits tracés montrent qu'au cours de l'année hydrologique 2018-2019, il a transité à Niamey 28 milliards de m3 en six (6) mois 21 jours humides alors que la moyenne est de 30 milliards de m3 par an. Les pronostics de la direction de l'Hydrologie indiquent que l'étiage sera moins sévère cette année. Quand on regarde les données hydrologiques, on constate que l'année la plus humide au Niger ces cinquante dernières années est l'année 2012-2013, soit 25 milliards de m3 où il y avait eu de grandes inondations aussi bien à Niamey qu'à l'intérieur du pays.
Les modèles utilisés par les services d'hydrologie sont des prévisions. Et une prévision ne veut jamais dire que c'est certainement ce qui va arriver, mais plutôt ce qui arriverait avec des fortes probabilités. Le modèle hydrologique qu'utilise la direction de l'hydrologie est celui de l'Autorité du Bassin du Niger (ABN) qui s'appelle Sath Orio. Avec l'augmentation du niveau du fleuve à la date du 29 janvier 2019, le directeur de l'hydrologie estime que la vigilance doit être particulièrement observée pour les populations insulaires et riveraines du fleuve, principalement celles qui sont situées jusqu'ici dans les zones inondables. Il s'agit entre autres des quartiers Saga ; Gamkalé ; île de Neni goungou ; Saguia ; Lamordé ; Nogaré ; kirkissoye etc.

Hassane Daouda(onep)
08/02/19

 

 

 

Artisanat

Error: No articles to display

AG/ONU

Editorial

EDITORIAL : Salut, le bâtisseur !

lundi 17 décembre 2018

EDITORIAL : Salut, le bâtisseur !

Audiences

Dossier

Département de Gouré : Entre volonté de développem…

Département de Gouré : Entre volonté de développement et lutte contre les aléas climatiques

      Une terre de contrastes entre les plaines, les hauts plateaux du M...

vendredi 22 février 2019

Interview du maire de la commune rurale de Guidigu…

Interview du maire de la commune rurale de Guidiguir M. Ari Jarami : « Nous menons des campagnes de sensibilisation pour freiner le déboisement, la coupe abusive du bois, la fixation des dunes »

Du point de vue géologique, le territoire communal est essentiellement rattaché à la régio...

vendredi 22 février 2019

Département de Magaria : La préservation de l'envi…

Département de Magaria : La préservation de l'environnement gage de développement durable

Avec une superficie de 7 903 km2, Magaria est l'un des départements les plus riches en mat...

vendredi 15 février 2019

L'air du temps

Sus à la publication des images des victimes !

Sus à la publication des images des victimes !

Décidément les effets dévastateurs des réseaux sociaux sur nos valeurs sociales est sans l...

vendredi 22 février 2019

Newsletter

© Le portail dynamique de l'information au Niger | conception jourdain-informatique.