Le Sahel

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Salubrité urbaine : Beaucoup reste à faire pour assurer la propreté de nos villes et campagnes


d-2A voir les monticules et même les montagnes de déchets solides ainsi que les mares et rivières de déchets liquides dans nos grandes et petites villes, on douterait de l'existence au Niger d'une Direction Générale de la Salubrité.
Et pourtant : cette direction générale, qui est chargée, entre autres missions, de la mise en œuvre des politiques et stratégies du secteur, avait élaboré et mis en œuvre des Activités Génératrices de Revenus (appelées AGR Salubrité) de Novembre 2014 au 28 février 2015. Quels ont été les résultats de ces AGR Salubrité? Selon le Commandant des Eaux et Forêts Adamou Coulibaly, chef de la Division Salubrité Urbaine, ''à la date du 28 février 2015, dans le cadre des AGR Salubrité, la quantité totale des Déchets Solides Municipaux (DSM) enlevée et évacuée dans les communes retenues s'élève à 719 190,44 tonnes sur une prévision totale de 770.000 tonnes, soit un taux de réalisation au niveau national de 93,40 %. Cette activité a créé 240 480 H/J et a couté 512 millions 504 mille francs CFA ; la quantité totale des Déchets Plastiques (DP) collectée et évacuée des mêmes communes d'intervention des régions s'élève à 1 850 tonnes pour une prévision totale de 1.850 tonnes ; soit un taux de réalisation, au niveau national, de 100 %. Cette activité a créé 185 000H/J pour un montant de 371 millions 287 mille 100 FCFA''.
Qu'est-ce qui explique alors la récurrence du problème de salubrité dans nos villes ? Le problème est d'abord institutionnel. En effet, de la création du Ministère de l'Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable en 2011, à celle du Ministère de la Ville et de la Salubrité Urbaine, en passant par le Ministère de l'Hydraulique et de l'Assainissement, la salubrité urbaine prise globalement a un problème d'ancrage institutionnel. Tantôt les services de la Direction de la Salubrité Urbaine sont éparpillés entre plusieurs ministères, tantôt les textes d'applications des attributions ne suivent pas le rythme des transformations.
Le tout dernier daterait, selon le Commandant Coulibaly, de 2013. Son article 2 stipule que, ''sous l'autorité de la directrice de la Salubrité Urbaine et des Aménagements Paysagers, le divisionnaire de la Salubrité Urbaine est chargé de mettre en œuvre les politiques et stratégies dans les domaines de la salubrité urbaine, de la gestion des déchets solides municipaux, des eaux usées ; définir et veiller à l'application des normes en matière de salubrité urbaine ; élaborer et mettre en œuvre les programmes relatifs à la salubrité urbaine en collaboration avec les institutions concernées ; participer à la conception des réseaux de drainage et de gestion des eaux usées ; appuyer les autorités municipales pour la création des stations de traitement des eaux usées; assurer la Communication pour un Changement de Comportement (CCC) en matière de salubrité urbaine; promouvoir les technologies, les procédés de gestion et de valorisation écologiquement rationnels des déchets solides municipaux ; appuyer les autorités municipales pour la création des décharges contrôlées des déchets municipaux ; s'approprier les initiatives internationales sur la salubrité urbaine; organiser au plan régional et international des voyages d'études et d'échanges d'expériences dans les domaines de compétences de la Direction ; contribuer à l'élaboration des rapports périodiques sur l'état de l'environnement ; participer à l'élaboration du budget d'investissement de la Direction Générale ; coordonner, harmoniser et évaluer les actions des services de la division, etc.''
Ainsi qu'on le voit, le volet qui fait polémique, celui de la création et de l'évacuation des décharges, relève des mairies. La mairie centrale de Niamey n'a-t-elle donc pas les moyens de dégager les ordures de la capitale ? ''La mairie de Niamey est l'une des mieux équipées de la sous-région en engins et camions ; elle a peut-être un problème de gestion ou de volonté pour bien faire'', assure le Commandant Coulibaly qui affirme que ''le Ministère de la Salubrité Urbaine n'a pas les moyens, et n'a même pas mission d'évacuer les ordures, mais plutôt celle de veiller car ''une ville doit être propre et verte''.
Autre curiosité institutionnelle, la gestion des déchets liquides relève de la Direction de l'Assainissement qui, elle, relève d'un autre ministère. Quid des déchets plastiques objet de la Loi N°2014-63 du 5 novembre 2014 ? ''Le décret de cette Loi est inapplicable parce que nos services n'ont pas les moyens de contrôler le caractère biodégradable ou non des sachets et emballages en plastique importés au Niger ; heureusement, quelques importateurs commencent à commander des sachets et emballages plastiques DW2 qui sont oxo-biogradables d'Angleterre, des Etats-Unis et de Chine populaire'', selon le Commandant Coulibaly.
A dire vrai, la Direction Générale de la Salubrité Urbaine, qui est compétente pour inspecter les entreprises et sociétés au plan environnemental, est par ailleurs dépourvue, dans les régions, de directions régionales propres. Ce sont les adjoints aux directeurs régionaux de l'Environnement qui sont en charge de la Salubrité publique; ils peuvent requérir les agents de l'Environnement et de la Police Municipale pour assurer leurs missions.
Bref, il reste beaucoup à faire pour assurer la propreté de nos villes et campagnes.

Soulé Manzo(onep)
www.lesahel.org

AG/ONU

Editorial

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