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Atelier de validation du document de Projet de Recensement Administratif et de Développement à vocation Humanitaire (PRAD/H) : Une identification biométrique des personnes pour une meilleure assistance humaine

Atelier-UNCHR 0085Le Ministère de l'Intérieur, de la Sécurité Publique de la Décentralisation et des Affaires Coutumières et Religieuses, a organisé hier, en partenariat avec l'Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), un atelier de validation du document du ''Projet de Recensement Administratif de Développement à vocation Humanitaire'' (PRAD/H). L'agence pakistanaise d'enregistrement et de base de données (NADRA) a apporté son soutien quant au processus de formulation du document en question. L'ouverture de l'atelier a eu lieu au Palais des Congrès de Niamey, en présence notamment enregistré de l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique et des représentants des organisations internationales, régionales, sous-régionales et communautaires.
Cette initiative de recensement administratif doit spécifiquement permettre, au niveau de la région de Diffa, une identification biométrique des personnes pour un état civil performant et pour une meilleure assistance humaine. À terme, ce projet a la vocation de constituer un registre national de la population, au moyen d'un système intégré d'identification qui s'appuie sur une base de données d'état civil rapidement constituée et régulièrement actualisée.
A l'entame de ses propos lors de l'ouverture des travaux de l'atelier, le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières et Religieuses, M. Bazoum Mohamed, a rappelé qu'au Niger, depuis 1950, année de l'institution de l'état civil contemporain, jusqu'en 2011, première année du 1er mandat du Président de la République, Chef de l'Etat, SEM. Issoufou Mahamadou, l'enregistrement des naissances à l'état civil n'avait guère dépassé 30%. Mais a-t-il dit, à partir d'avril 2011, les efforts du Gouvernement et de ses partenaires visant à améliorer l'offre et la demande des services d'état civil ont permis de rehausser le taux d'enregistrement des naissances à 68% en 2015. Cependant, malgré cette progression très significative, d'énormes défis restent à relever, car seule 50% des actes établis sont retirés par les intéressés. Aussi, le système actuel ne permet pas de centraliser, de stocker et d'exploiter des données à des fins de protection, d'identification et de sécurité au niveau local, à plus forte raison au niveau national.
''Les circonstances sont nombreuses où les personnes doivent pouvoir décliner et prouver leur identité pour bénéficier de services ou jouir de droits tel que l'accès à l'éducation, aux services de téléphonie, à la santé et aux aides humanitaires. Il en est de même pour les déplacements, les comptes bancaires, l'achat ou l'héritage de biens, la souscription à un régime d'assurance-santé, sans occulter les élections'', a dit le ministre d'Etat, M. Bazoum Mohamed. Poursuivant ses propos, il inventorié quelques tentatives de recensement visant à mieux identifier et mieux connaitre la population, et cela dans l'optique de rendre efficientes les actions devant répondre à ses attentes légitimes. Il s'agit entre autres de l'opération d'identification des salariés de l'État à l'occasion des paiements du salaire par billetage en fin 2013, ou encore celle devant permettre d'identifier les usagers des services de téléphonie mobile entre 2008 et 2012, sans compter le déploiement de la Haute Autorité à la Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilée (HALCIA) pour inventorier les agents contractuels de l'Education à l'échelle du territoire national.
Le ministre d'Etat M. Bazoum Mohamed a en outre souligné que toutes les tentatives de recensement et d'identification précitées contribuent à pallier la faiblesse du dispositif d'enregistrement et d'identification. Toutefois, le système n'étant pas centralisé, il est pratiquement impossible de déceler et de corriger les doublons tant dans la délivrance des actes d'état civil que des cartes d'identité nationale. Il a ajouté qu'une étude sur la problématique de la documentation et le risque d'apatridie auprès des personnes locales et réfugiées du Nigéria, commanditée par l'UNHCR en 2014, a fait ressortir, selon les critères d'établissement de Nationalité aussi bien au Niger qu'au Nigeria, que 61% de la population enquêtée n'est inéligible à aucune des deux nationalités, donc à risque d'apatridie.
''A Diffa, cette situation réduit fortement l'efficacité de l'assistance fournie aux populations locales non déplacées, aux populations retournées, aux déplacées et aux réfugiées victimes de la crise de Boko Haram. Il en de même du point de vue des efforts de sécurisation de la région, et aussi de la planification des actions de développement dans la région'', a précisé le ministre de l'Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières et Religieuses. Il a ajouté que cette problématique d'identification des personnes intervient à un moment où plusieurs initiatives sectorielles d'enregistrement et d'identification continuent d'émerger dans notre pays. Il a ainsi fait référence au projet de carte d'identité biométrique de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), au Programme d'Appui à la Réforme de l'État Civil du Niger (PAREC), et au recensement biométrique des agents de l'État envisagé par le Ministère en charge de la Fonction Publique.
''Le Gouvernement est convaincu qu'un tel projet permettra de disposer, une fois pour toutes et en temps réel, de statistiques et de données de qualité, à même de crédibiliser les prises de décisions stratégiques. En effet, le système permettra singulièrement, et dans un minimum de délai, de procéder au suivi adéquat des mouvements des populations, à un meilleur suivi de l'aide humanitaire, à la confection d'un fichier électoral fiable et constamment actualisé, en plus de l'organisation de recensement administratif et général de la population'', a conclu le ministre d'Etat Bazoum Mohamed.
Le représentant résidant de l'Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), M. Abdouraouf Gnon Kondé, a pour sa part souligné qu'à travers le monde, le Niger est cité en exemple pour le respect de ses engagements internationaux en ce qui concerne la recherche de solutions innovantes en matière d'accueil des réfugiés. ''La situation de déplacement forcée à Diffa est complexe, car les populations déplacées sont mobiles et éparpillées sur plus de 150 sites, villages et villes, et sur une superficie de plus de 28,000 km2. En outre, la population de déplacés forcés est à la fois composée de réfugiés, de retournés et de déplacés internes. Cette population étant souvent restée en marge de l'état civil, le risque d'apatridie est très élevé'', a affirmé le représentant résidant de l'UNHCR. Il a ajouté que depuis 2013, l'UNHCR et la Direction Générale de l'Etat Civil et des Réfugiés ont déployé des moyens humains et financiers importants pour enregistrer, identifier et documenter les déplacés. Mais les résultats restent en deçà des attentes. Pourtant, la documentation demeure l'une des principales requêtes des déplacés et de leurs hôtes.
Selon M. Abdouraouf Gnon Kondé, le projet de ''Recensement Administratif de Développement à vocation Humanitaire'' est ambitieux. Mais n'y a pas d'autre choix, car il n'y a pas de bon développement sans une bonne maîtrise des informations sociodémographiques d'une population sur une zone définie. Il n'y a pas de sortie de l'humanitaire et un passage vers une logique de protection sociale sans la connaissance des caractéristiques individuelles des populations dans leur diversité.
Samira Sabou (ONEP)

AG/ONU

Editorial

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