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Conférence de presse de l'Ambassadeur de la République de Turquie au Niger : « Nous sommes engagés à combattre la FETÔ avec les trois choses qu'ils méprisent le plus: l'Etat de Droit, la moralité, et la démocratie », a déclaré SE Huseyin Ôzdemir


turquieÀ l'occasion du premier anniversaire de la tentative manquée du coup d'Etat du 15 juillet 2016 dont les auteurs sont selon les autorités turques, les disciples de Fetullah Gtilen, l'Ambassadeur de la République de Turquie au Niger, SE Huseyin Ôzdemir a animé, vendredi dernier, une conférence de presse. Lors de cette sortie médiatique l'Ambassadeur Huseyin Ôzdemir à donné d'amples précisions sur les événements survenus le 15 juillet 2016 en Turquie, mais aussi assuré que son pays continue à se battre pour surmonter le traumatisme de cette menace existentielle.
« Le 15 juillet n'était pas un putsch typiquement militaire. Aux premiers repérages des avions de combat survolant Ankara et Istanbul, nous avions compris que quelque chose n'allait pas. Dans les heures qui suivaient, ce sentiment s'était intensifié par les accomplissements horribles que c'était au-delà d'un Coup d'Etat militaire et que les auteurs de cette ignoble entreprise étaient les disciples de Fetullah Gtilen, l'homme qui se fait appeler "Imam de l'Univers" ». C'est en ces termes pleins d'émotion que l'Ambassadeur de la République de Turquie au Niger a débuté son exposé, estimant qu'il est impossible de trouver les mots appropriés pour décrire « la brutalité et la perfidie » que les putschistes avaient déployées cette nuit-là. « C'était le pire acte de terreur jamais connu dans l'histoire de la République de Turquie », a-t-il précisé.
Selon SE Huseyin Ôzdemir, les putschistes ont utilisé du matériel militaire mortel contre des civils innocents qui étaient descendus dans les rues pour protéger leurs institutions démocratiques. « Ils ont tué du personnel militaire fidèle qui les avait pris pour des frères d'arme ainsi que des officiers qui avaient refusé de prendre part à cette tentative. Les putschistes ont utilisé des avions de combat pour bombarder la Grande Assemblée Nationale de Turquie, le Palais Présidentiel, le Siège du Service National de Renseignements dans le but de les soumettre. Ils ont tenté d'assassiner le Président de la République et le Premier Ministre. Cette nuit-là, ils ont ôté la vie à 250 citoyens turcs et blessé plus de 2000 personnes », a-t-il expliqué. Pour l'ambassadeur de Turquie, le 15 juillet était une épreuve de force et de persévérance pour la démocratie et l'Etat turc. « Nous sommes fières d'avoir passé ce test. Tous les partis politiques, ceux dans le gouvernement et ceux de l'opposition, les éléments des forces armées non infectés, les forces de police et les médias se sont dressés contre les putschistes », a-t-il dit.
Avant tout, « c'était le peuple turc issu de tous les milieux et opinions politiques qui avait résisté et montré un exemple historique de solidarité en se tenant debout face aux chars et réclamant ses droits démocratiques », a-t-il ajouté. « À la date d'aujourd'hui, plus de 345 institutions qui étaient fermées ont été rouvertes. Plus de 34.000 fonctionnaires ont été réintégrés à travers les conseils de révision administrative », a-t-il indiqué. « Nous continuons notre coopération dans un esprit de dialogue constructif avec les mécanismes internationaux, incluant le Conseil de l'Europe et l'OSCE » a-t-il assuré. « La Turquie est engagée à combattre la FETÔ (l'Organisation Terroriste Fetullah Gûlen) avec les trois choses qu'ils méprisent le plus: l'Etat de droit, la moralité, et la démocratie », a déclaré l'ambassadeur. « Nous sommes déterminés à renforcer notre légitimité démocratique, parce que nous savons que c'est la seule manière de contrecarrer le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations. Nous sommes déterminés à combattre ces ennemis de la démocratie par la démocratie », a-t-il poursuivi.
Soulignant que le PKK et DEASH sont « les plus dangereuses organisations terroristes », l'ambassadeur de Turquie précise que FETÔ n'est pas un petit mouvement civique comme tentent de le démontrer certains cercles. « Ce serait une énorme mauvaise interprétation de penser que Gûlen n'est qu'un paisible savant et prédicateur islamique. Ses disciples au sein des forces armées avaient mené une campagne de terreur dans la nuit du 15 juillet et que le rôle de Giilen dans celle-ci mérite l'attention de tout le monde », a estimé SE. Huseyin Ôzdemir. « Nous sommes en face d'une entreprise globale avec des aspirations mondiales pour le pouvoir et la domination », a-t-il ajouté, soulignant que la FETÔ est présente dans plus de 150 pays dans le monde, à travers les écoles, les ONG, les lobbyistes, les organes de presse et les sociétés, y compris au Niger.
« Maintenant, après une année d'investigations administratives, criminelles et judiciaires approfondies, nous estimons que nous avons une meilleure compréhension de ce qui s'était passé le 15 juillet et l'auteur qui en était derrière. Il y a 78 affaires judiciaires en cours dans 23 différentes provinces en ce qui concerne les auteurs. Les procureurs de la République ont rassemblé des preuves cruciales montrant l'empreinte sans équivoque de la FETÔ derrière cette tentative de coup d'Etat », a-t-il confié.
Parlant des dispositions prises à cet effet, l'ambassadeur de Turquie a indiqué que le Gouvernement turc avait déjà pris une mesure contre ce type d'organisation mafieuse se rattachant à un culte de la personnalité et ses ressources financières avant le 15 juillet. Pour Huseyin Ôzdemir la décision de fermer les écoles préparant aux grandes études fut un gros coup contre cette structure, vu que ces écoles étaient les principaux centres de recrutement et la principale source de financement pour la FETÔ. La police et le système judiciaire avaient aussi pris des mesures pour exclure les membres de FETÔ de leurs rangs.
Evoquant les relations avec notre pays, l'Ambassadeur de la République de Turquie au Niger a remercié nos plus hautes autorités pour leur coopération et les soutiens sans faille qu'elles ont apportés à la Turquie pendant et après les événements du 15 juillet, et lors du processus du transfert des ex écoles Bédir à la Fondation Maarif de Turquie, précisant que ces cinq (5) écoles avec trois (3) internats sont désormais communément dénommées, les Ecoles de l'Amitié Nigéro-Turque depuis le 2 janvier 2017. « Cette décision a permis aux élèves, au personnel enseignant et administratif de continuer leur scolarité et activités sans interruption et d'obtenir d'excellents résultats à la fin de l'année », a-t-il assuré.
Au terme de son exposé, un film illustrant cette tragédie du 15 juillet 2016 a été projeté aux participants décrivant cette sanglante attaque stoppée par le peuple turc, une nation qui a montré au monde entier que la démocratie, qui n'est pas acquise facilement, est un bien si précieux qui mérite même le sacrifice de sa vie. L'ambassadeur a enfin répondu aux questions des journalistes sur ces événements.

Mamane Abdoulaye(onep)
17/07/17

AG/ONU

Editorial

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