Le Sahel

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Portraits d'artistes slameurs : Hamani Kassoum, Jhonel, l'auteur de ''Niamey la cour commune''


jonelL'artiste Jhonel, de son vrai nom Hamani Kassoum, est né le 3 juin 1984 à Niamey; il est de teint noir, mince, avec une taille moyenne. Toujours souriant, Jhonel a le plus souvent un style vestimentaire typiquement afro. Avec une voix agréable, ses titres sont sans reproches. Ses prestations notamment sur le petit écran, lui valent estime et considération. Il chante en français et aussi en langue locale. Son talent dans l'art de manier les mots et les phrases lui ont permis d'avoir plusieurs distinctions. Il est aujourd'hui un habitué des scènes internationales ; et a arpenté plusieurs podiums au Niger, et dans la sous-région. Il a assisté à des rencontres artistiques, des concerts et des festivals.
Lors des concours de musique, il a noué des partenariats pour l'initiation de ce concept dans le milieu estudiantin. Selon lui, le slam contribue à promouvoir la langue française. Il n'y a rien de plus beau et de plus intéressant que d'être écouté, suivi et aimé ; les Nigériens font plein de choses ; seulement, les médias doivent les aider à les faire connaître».
D'après lui, si la culture d'un pays est promue, c'est l'image du pays qui en sort grandie ; « pour cela, je compte sur les médias, surtout publics, pour valoriser notre patrimoine, notre culture», insiste-t-il.
Après moult difficultés de la vie, il débute sa carrière musicale en 2005, avec un premier album de onze titres : ''Assalam Aleykoum''. Depuis 2012, il organise annuellement le Festival de slam et humour '' Festival International de Slam et Humour'' (FISH-Goni). Des éditions ponctuées par des ateliers d'écriture, sketches humoristiques, colloque scientifique...Il a plusieurs titres bien connus comme ''La cour commune'', ''la corruption : pile ou face'', ''je pars d'ici''. De bonnes œuvres qui démontrent combien l'artiste veut conquérir davantage les cœurs des Nigériens. Ce poète de l'oralité adopte dans ses titres des vers libres, un style déconcertant pour mieux faire passer ses messages. Il en résulte un récit inspiré et inspirant qui happe brusquement le spectateur. A travers le titre ''je pars d'ici'', Jhonel s'est inspiré des réalités quotidiennes de la vie. A l'écouter et à le regarder, l'artiste entraine le spectateur dans les corridors et les longues routes sinueuses de l'immigration. Une traversée dure d'un pays à un autre où le voyageur assiste impuissant à des scènes plus amères les unes que les autres : la guerre, les malentendus, les jalousies, les famines, les crises.
Avec en main les drapeaux des pays que le slameur a sillonnés au cours de ce sinueux voyage qui laisse perplexe l'auditeur, avec une suite imaginaire, il y concentre tout son art sur les différents pays qui ont marqué son parcours à commencer par son pays le Niger où il met en exergue une scène où on voit des jeunes autour du thé par manque d'emplois.
Ce titre que le public aime tant écouté a été écrit par notre slameur, il est édité chez L'Harmattan dans la collection '' écrire l'Afrique'' C'est un premier recueil de textes de soixante-quatorze (74) pages, la toute première publication de cette nouvelle forme de littérature, qui offre vingt (20) textes de slam nigérien.
Se prononçant sur son genre musical, il explique que c'est un phénomène de mode et il faut en parler et en faire des livres. Ces textes titillent l'oreille, notre slameur jongle avec les mots, les phrases pour décrire certaines réalités quotidiennes avec tout le corolaire de difficultés et d'écueils de la vie. Ce livre aborde de façon liminaire les sujets de la vie quotidienne, de l'hypocrisie des nantis, des relations amoureuses, des pratiques traditionnelles...

Aissa Abdoulaye Alfary(onep)

28/07/17

AG/ONU

Editorial

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