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Interview de Mme Elback Zeinabou Tari Bako, Ministre de la Promotion et de la Protection de l'Enfant : « Le forum des Premières Dames sera une opportunité de présenter les Systèmes de Protection de l'Enfant (SPE) et les faire adopter par la réunion m


invitLe Niger accueille depuis le 2 octobre dernier, le Forum des premières Dames de la CEDEAO. Cette rencontre de haut niveau traite de problématiques liées à la fistule obstétricale, à la protection de l'enfant et aux MGF. Dans cet entretien, la ministre de la Promotion de la femme et de la Protection, revient sur les objectifs de ce forum et surtout les résultats attendus à l'issue des assises. Pour Mme Elback Zeinabou Tari Bako, ce forum est une occasion pour renforcer l'engagement politique de la région Afrique de l'Ouest dans la prise en charge de ces trois thématiques.
Madame la ministre, notre pays accueille actuellement un forum des premières Dames de la CEDEAO sur la fistule obstétricale, le système de protection de l'enfant et les Mutilations génitales féminines (MGF). D'où est-ce qu'est venue l'idée et pourquoi un tel forum ?
L'Idée du Forum émane du respect des engagements pris lors de la dernière réunion des ministres en charge du Genre et de la Femme des Pays membres de la CEDEAO, tenue à Abidjan en République de Côte d'Ivoire le 10 février 2017. La Commission de la CEDEAO, en collaboration avec la République du Niger et la Fondation « Tattali Iyali » sont donc les principaux acteurs de ce Forum des Premières Dames de la CEDEAO, qu'accueille Niamey du 2 au 5 octobre 2017, autour des trois thèmes prioritaires à savoir la ''Réponse des Premières Dames de la CEDEAO pour l'éradication de la Fistule Obstétricale en Afrique de l'Ouest'' ; le ''Cadre stratégique de la CEDEAO pour renforcer les Systèmes de Protection de l'Enfant (SPE) pour répondre et prévenir les violences, abus et exploitation'' et la ''Lutte contre les Mutilations Génitales Féminines (MGF) et l'impact des Violences Basées sur le Genre (VBG) sur les Femmes et les Jeunes en Afrique de l'Ouest''. Vous n'êtes pas sans savoir que SE. Docteur Lala Malika Issoufou, Première Dame du Niger, mène un combat pour l'éradication de la fistule obstétricale et la protection des enfants au Niger à travers sa Fondation.

Qu'est ce qui justifie le choix des trois thématiques ainsi retenues ?
Le choix de ces trois (3) thématiques n'est pas fortuit. En effet, la fistule obstétricale figure parmi les problèmes de santé les plus préoccupants de nos Etats. Les causes de la fistule sont liées aux mariages précoces et/ou forcés, aux maternités précoces et ou trop rapprochées, aux mutilations génitales féminines telles que l'excision, à l'absence de consultation prénatale et d'assistance médicale au moment de l'accouchement, etc. Cela nécessite un engagement fort et une synergie d'actions au plus haut niveau. Quant aux échanges sur la Protection de l'Enfant, ils visent essentiellement à faire adopter, par les Ministres en charge du Genre, les principaux instruments relatifs aux Droits de l'Enfant et à la Protection de l'enfance ; à galvaniser les engagements des Pays membres de la CEDEAO et des Partenaires sur les Droits de l'Enfant ; à renforcer la coordination de la planification sur les droits des enfants entre les Etats membres, la Commission de la CEDEAO et les partenaires et enfin à mettre en place un système de suivi de la conformité. Enfin, les MGF constituent une problématique à l'échelle sous régionale par leur pratique dans plusieurs Etats membres de la CEDEAO. Ce qui nécessite une concertation et une synergie d'actions pour y faire face.

Comment se dérouleront alors les travaux du Forum ?
Les travaux se dérouleront sur une durée de quatre (04) jours soit (02 au 05 Ooctobre 2017). Il y aura deux (2) journées pour la réunion des experts, une journée pour la réunion ministérielle et une journée pour le forum des Premières Dames de la CEDEAO.

Quels sont les partenaires qui vous accompagnent dans la tenue de ce forum ?
Nous avons en effet plusieurs partenaires qui nous accompagnent dans cette initiative. Il s'agit notamment des institutions et agences spécialisées de la CEDEAO (Commission de la CEDEAO, Cour de Justice de la CEDEAO, Parlement de la CEDEAO, BIDC, OOAS, GIABA, ECREE, ERRERA, CCDG) ; la Commission de l'Union Africaine ; la Commission de l'UEMOA ; L'UNFPA ; No Peace Without Justice; l'Association Nanyma Keïta ; ONU Femmes ; UNOWAS et bien sûr les Médias.

Quels sont donc les résultats attendus à l'issue de ce forum ?
Il est attendu du Forum des Premières Dames de la CEDEAO que les réponses des Pays de l'Afrique de l'Ouest en matière de prévention et de détection de la fistule, de prise en charge des malades et de réinsertion socio-économique des femmes guéries soient renforcées. C'est une occasion pour renforcer l'engagement politique de la région Afrique de l'Ouest. Le forum des Premières Dames sera aussi une opportunité de présenter les Systèmes de Protection de l'Enfant (SPE) et les faire adopter par la réunion ministérielle qui précède le forum. Et enfin, il sera mis à profit pour formuler un plaidoyer pour le renforcement du partage d'expériences dans le domaine de l'élimination des MGF, incluant une mise en œuvre effective des instruments régionaux engageant les États, notamment le Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique et la Convention d'Istanbul qui interpelle les États à prendre des mesures appropriées pour garantir la prévention, la protection, et la prise en charge des victimes et l'Acte Additionnel pour l'Egalité de Droits entre les Femmes et les Hommes pour le Développement Durable en Afrique de l'Ouest.

On sait qu'au Niger, des actions d'envergure ont été menées notamment dans la prise en charge de la fistule et la lutte contre les MGF aussi bien par l'Etat que par certaines organisations. Comment est la situation aujourd'hui ?
Le Gouvernement du Niger et ses partenaires ont fourni des efforts importants dans la lutte contre les MGF, car le pays enregistre un taux de 2% en 2012 et la situation donne beaucoup d'espoir dans la lutte pour l'éradication de ces pratiques traditionnelles néfastes. Pour ce qui est de la fistule, le Niger a élaboré en 2015 une Stratégie Nationale d'Eradication de la fistule obstétricale. Cette stratégie est mise actuellement en œuvre, à travers notamment des actions de réparation, de soutien socioéconomique et de sensibilisation.

Quel est le niveau de l'organisation du Forum et quel appel avez-vous à lancer à l'endroit des différents acteurs ?
Nous sommes presque à une semaine de la tenue de cette importante rencontre et les commissions mises en place sont à pieds d'œuvre. « In sha Allahou », nous serons prêts pour le rendez-vous. Je saisis d'ailleurs l'occasion qui m'est offerte à travers votre journal pour remercier les partenaires ainsi que tous les membres du comité d'organisation. J'invite enfin le public à l'ouverture et à la clôture de cette importante rencontre.

Réalisée par Siradji Sanda(onep)
05/10/17

AG/ONU

Editorial

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