Le Sahel

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Tillabéri/Intronisation dans le Gorouol : Me François Douramane Tahirou investi Chef de village de Fantio


GorouolLe village de Fantio situé dans la vallée du Gorouol vient d'avoir un nouveau Chef. Il s'agit de Me François Douramane Tahirou, qui a été investi le 4 juillet 2018 dans ses nouvelles fonctions, par le préfet du département de Téra, au cours d'une cérémonie solennelle qui a rassemblé de nombreux invités, des parents et amis, de l'honorable Chef, ainsi que toute la population du village de Fantio et des villages environnants.
Magistrat à la retraite, et Huissier de justice officiant à Téra, Me François Douramane Tahirou succède ainsi à son père Douramane Tahirou rappelé à Dieu en décembre 2002. C'est lui qui a désormais la lourde tâche de conduire son village vers des horizons meilleurs. L'histoire enseigne que le village de Fantio (qui veut dire littéralement « branche d'eau ») a été fondé vers 1900 par Tahirou Boureima qui quitta le village de Borobon situé à quelques encablures du Gorouol, avec ses frères Gougouban et Himpa, sa sœur Kaassa et ses neveux, Bagdo, Tyebo, Baanikoy, Daouda, ainsi que leur cousin Zalanké. Profondément enraciné dans la religion des ancêtres, le village était organisé autour de Kaassa, fidèle gardienne des traditions songhai.
A l'époque, comme nous le rapporte le Père Jean Marie Ducroz, aucune décision importante n'est prise, aucun des travaux de la terre n'est entrepris sans que Kaassa n'aie consulté les génies protecteurs du village et sacrifié à Dieu, par leur intermédiaire, sur la grande termitière qui domine le Gorouol. Bastion du Christianisme dans le Gorouol, Fantio est, aujourd'hui, un véritable havre de paix où se côtoient dans une parfaite harmonie diverses communautés de confessions différentes. Jean Rouch, le célèbre cinéaste et ethnologue français qui a longuement séjourné dans la région songhai et notamment dans le Gorouol, soulignait dans ses réflexions que : « à partir de la fin du 17è siècle le vrai songhai n'est plus celui de Tombouctou et de Gao, c'est celui que l'on trouve beaucoup plus en aval, vers l'Anzourou et le Gorouol, dans les îles du fleuve. Si sa puissance a définitivement disparu avec l'Askia Nouhou en 1599, sa civilisation continue à vivre dans les refuges des humbles villages de cette brousse désolée où l'histoire des gloires passées est présente à l'esprit des hommes et leur dicte encore leur conduite actuelle ».
Wanzerbé, Kolmane, Yatakala, Boukarikoiré, Kossa, Borobon, Dolbel, Eguébango, Houssanké, Fatatakou, Beleykoiyré, Kourki, Fantio et bien d'autres villages de cette contrée sont farouchement jaloux de leur identité, et fiers de leur gloire passée.

Oumarou Moussa(onep)

12/07/18

AG/ONU

Editorial

Editorial : Chapeau Nigelec !

lundi 10 septembre 2018

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