Le Sahel

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Migration des femmes et des enfants du département de Kantché : Combattre le mal par des activités génératrices de revenus



Des-migrants-en-partance-pour-la-LibyeLe département de Kantché rappelle la disparition brutale des femmes et des enfants dans le désert sur leur chemin en partance pour l'Algérie. Cette situation dramatique a choqué le monde entier. Pourtant, le département de kantché est l'une des localités les plus arrosées du pays et dispose d'énormes potentialités pour mener des activités contribuant à la prospérité des ménages. Des efforts considérables ont été consentis par l'Etat et ses partenaires pour lutter contre la pauvreté, le chômage et la migration irrégulière vers les pays voisins. Des actions salutaires sont également entreprises pour sécuriser les femmes et les enfants des aléas sociaux.
Selon Mme Maman Rabiou Hadjia Mariama, la direction départementale de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant est à pied d'œuvre pour endiguer le départ régulier des femmes vers l'Algérie. Ce, à travers des actions permettant de garantir le bien-être de la femme et des enfants qui sont les couches les plus vulnérables. A cet effet, l'Organisation Internationale pour la Migration (OIM) a contribué à la mise en place d'environ 200 groupements féminins comprenant 15 femmes par groupement. Dans certains villages, il a été procédé à la composition de groupements mixtes composés de 13 femmes et deux hommes. Cela diffère d'un village à un autre, car on trouve aussi des groupements de 14 femmes et un homme, a indiqué Mme Maman Rabiou Hadjia Mariama. Ces groupements féminins ont bénéficié d'un appui appréciable en activités génératrices de revenus. Chaque groupement est libre de choisir l'activité à travers laquelle il estime être appuyé. Généralement, les groupements s'adonnnet à la fabrication du savon, de l'huile d'arachide, du soumbala, la commercialisation des céréales, la restauration, etc.
De la mise en œuvre de ce programme à aujourd'hui, des avancées significatives ont été enregistrées par rapport à la migration des femmes vers l'Algérie du fait que des conditions ont été posées pour décourager les candidates. Ainsi, il a été décidé que toute femme appartenant à un groupement et qui se rend en Algérie, est d'office bannie de tout appui une fois de retour au pays. Cette mesure prise a servi de tremplin pour décourager beaucoup de femmes à se donner à cette pratique qui n'avance en rien notre pays. L'OIM a aussi appuyé les jeunes femmes et garçons qui sont ramenés d'Algérie. Les responsables de ladite structure demandent à chacun l'activité qu'il compte exercer. Pour ceux qui veulent exercer un métier, ils sont placés dans un centre de formation pour l'apprentissage. A l'issue de la formation, chaque stagiaire bénéficie d'un appui de l'OIM en matériel pour qu'il puisse démarrer ses activités.

Sensibiliser pour une meilleure utilisation de la Planification Familiale

En ce qui concerne la planification familiale, la directrice départementale de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant a indiqué qu'ils sont en train de mener une sensibilisation en expliquant aux femmes l'importance de la planification familiale. Le département de Kantché a on le sait, une forte croissance démographique. A travers la sensibilisation, Mme Maman Rabiou Hadjia Mariama a également attiré l'attention des femmes sur le fait que le département de Kantché connait une insuffisance accrue d'espace cultural. Selon elle, l'espace que cinq personnes exploitaient avant, l'est aujourd'hui par environ 30 personnes. Ce qui n'est pas sans conséquence dans la prise en charge des besoins des ménages. «Nous demandons à cet effet aux populations de prendre en compte l'espacement des naissances pour le bien-être de leurs enfants. L'agriculture et l'élevage sont nos principales activités, et aujourd'hui nous ne disposons pas assez d'espace pour l'épanouissement de ces activités. C'est pourquoi nous avons aussi accès la sensibilisation sur la planification familiale », a-t-elle confié. Elle a notifié qu'il n'est pas du tout appréciable d'avoir des enfants sans leur garantir le minimum ; ils risquent de se retrouver dans une situation délicate. Les séances de sensibilisation ont été organisées avec les chefs coutumiers, les autorités administratives et les groupements féminins. Les activités de sensibilisation se poursuivent en mettant l'accent sur l'abandon de la migration irrégulière et l'adoption de la planification familiale. Les femmes ont compris qu'avec plus de patience, elles peuvent avoir un travail décent au pays et gagner de l'argent pour soutenir la scolarisation de leurs enfants.

Des actions pour atténuer la souffrance des femmes

La directrice départementale de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant a affirmé que la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP) a aussi apporté son concours pour la prospérité des femmes du département de Kantché de façon générale. A cet effet, la HACP a mis à la disposition des femmes des ressources financières en vue d'exercer le petit commerce, de faire l'embouche en octroyant à certaines 3 chèvres et un bouc, ou 2 chèvres et un bouc à d'autres. Cet appui a été productif chez beaucoup de femmes qui ont pu pérenniser ces acquis et prospérer leurs affaires. L'UNICEF a également appuyé les femmes en leur offrant des animaux.
Par ailleurs, elle a confié avoir raté les cibles lors de la distribution des appuis du fait qu'ils ont seulement pris en considération les femmes retournées de l'Algérie lors de la distribution des différents appuis. C'est ce qui a d'ailleurs entrainé le flux massif de migration entre 2015-2016. Elle a témoigné que la situation s'est nettement améliorée aujourd'hui du fait qu'ils peuvent passer jusqu'à un mois sans recevoir de gens retournés.
Dans le cadre de la prise en charge des retournés de l'Algérie, un comité d'accueil a été mis en place comprenant le préfet, les FDS, les organisations de la. société civile, ainsi que les services techniques départementaux. Dès que le comité est informé de l'arrivée d'une vague de migrants, les membres du comité les attendent à la préfecture. « Il est arrivé un moment où nous avons reçu jusqu'à douze bus et 18 mini bus. Ce jour-là, nous avons travaillé jusqu'aux environs de trois heures du matin. Nous avons demandé à chaque maire d'apporter des véhicules pour assurer le transport des gens de sa localité. Mais à un certain moment, les maires étaient débordés et nous avons demandé aux gens d'aller directement dans leurs localités ». Concernant les enfants non accompagnés, ils sont conduits dans leur localité par les responsables départementaux. L'UNICEF a récemment demandé la situation de 54 enfants non accompagnés retournés de l'Algérie. Parmi eux, 30 sont restés dans leurs localités, 24 ont quitté. Ils bénéficient d'un appui financier de 60.000 FCFA chacun. Ils seront suivis pour s'assurer de leur présence dans leurs localités et de l'usage qu'ils font des moyens mis à leur disposition. Le comité d'accueil a travaillé difficilement pour pouvoir gérer la situation.
« Je puis vous rassurer que toutes les femmes retournées de l'Algérie ne sont pas du département de Kantché, elles viennent de divers horizons », a déclaré Mme Maman Rabiou Hadjia Mariama. Au cours de l'identification, il a été constaté que certaines femmes sont originaires d'autres. localités du Niger et même du Nigéria.

Le mariage précoce un handicap au développement de la jeune fille

S'agissant du mariage précoce, des résultats importants ont été enregistrés dans le département de Kantché grâce à l'appui de l'UNICEF. Cette institution a mis en place un programme dans divers domaines, notamment la santé, l'hygiène, la vie en société, les droits de l'homme, l'environnement, l'élevage, etc. Des animateurs sont placés au niveau des villages. Chaque animateur a à sa charge, un groupe de 30 hommes, un groupe de 30 femmes, un groupe de 30 adolescents et un groupe de 30 adolescentes. Les animateurs procèdent à la sensibilisation de ces différents groupes sur les principales thématiques. Les différentes séances de sensibilisation ont permis de toucher 120 personnes dans les villages concernés, et chaque bénéficiaire essaye de partager ce qu'il a appris avec les autres membres du village qui n'ont pas pu participer à la sensibilisation. C'est à travers cette technique que l'information est véhiculée en touchant le plus grand nombre de membres du village chargés également de relayer l'information à ceux qui n'ont pas pris part à la sensibilisation. Elle a rassuré que les populations ont compris maintenant les droits de la femme vis-à-vis de son mari, ainsi que les droits des enfants vis-à-vis de leurs parents.
Tous les villages touchés par le programme ont abandonné le mariage précoce. Ce sont environ plus de quatre vingt villages qui ont bénéficié de ce programme, a-t-elle notifié. Mme Maman Rabiou Hadjia Mariama a rassuré que les femmes connaissent, grâce à ce programme, leurs droits et les différentes voies de recours en matière judiciaire. Les chefs de village ont également abandonné le jugement subjectif vis-à-vis de la femme et des enfants. A la fin du programme qui est de huit mois, les leaders sont ciblés et formés en comité de protection de l'enfant. Le comité qui est composé du chef de village, de l'iman du village, etc., a en charge de protéger les enfants. Dès qu'une situation touchant le droit des enfants se présente, c'est au comité d'agir pour les protéger ; de même, quand il s'agit du mariage précoce. Des sensibilisations ont été menées sur les conséquences des mariages précoces et forcés. Ce qui a contribué à un éveil d'esprit chez les uns et les autres. Ceux qui ont été formés sont en train de perpétuer leur connaissance au niveau des villages qui n'ont pas bénéficié du programme. « Nous voulons que le prochain programme puisse prendre en compte la migration irrégulière des femmes vers l'Algérie. Si des actions sont intensifiées, j'espère que les femmes vont complètement abandonner le départ vers l'Algérie », a-t-elle affirmé.
Pour ce qui est des enfants abandonnés, le département de Kantché bénéficie du soutien de Save The Children qui prend en charge les orphelins enregistrés à la direction départementale de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant. S'agissant des enfants orphelins de père, les mères sont appuyées en vivres et les enfants scolarisés sont équipés en matériels scolaires. En plus, les mères obtiennent un appui financier pour exercer une activité commerciale afin de supporter les charges des enfants.

Plaidoyer pour la création d'un centre d'accueil des enfants abandonnés

Parlant de Maimoudjia, Mme Maman Rabiou Hadjia Mariama a lancé un appel à l'Etat et à ses partenaires en vue de créer un centre d'accueil de récupération des enfants en difficultés familiales. Elle a confié qu'il y a beaucoup d'enfants abandonnés du fait de la forte présence des professionnelles du sexe au niveau de cette localité frontalière avec le Nigéria. Les enfants sont abandonnés à leur sort, se livrant à des pratiques ignobles comme la consommation de ''dissolution'' et autres produits prohibés. Certaines professionnelles du sexe sont décédées laissant les enfants à la merci de la nature, tandis que d'autres ont abandonné simplement les enfants. Pour endiguer ce phénomène qui risque de porter préjudice à la société, il est nécessaire de créer un centre pour récupérer ces enfants victimes de l'injustice sociale. « Nous avons effectué le déplacement avec les partenaires, à savoir Save The Children et UNICEF. Nous avons rencontré les enfants en recueillant leur point de vue par rapport à ce qu'ils veulent faire dans la vie. Certains ont exprimé le désir d'exercer une activité génératrice de revenus pour être à l'abri des aléas sociaux » a-t-elle dit. Elle souhaite qu'un partenaire puisse construire un centre pour le bien-être de ces enfants.

Maimoudjia, un nouvel eldorado pour les filles victimes des contraintes familiales

Certaines filles victimes de contraintes familiales, notamment les mariages précoces et forcés, atterrissent à Maimoudjia, où elles sont accueillies par de grandes dames appelées « Magagia » qui leur offrent un toit avant d'intégrer le milieu. Elles deviennent professionnelles du sexe par contrainte sociale. Les patronnes font tout pour elles, en équipant leurs chambres avec tous le confort afin d'accueillir leurs clients. Elles bénéficient également de quatre à cinq nouveaux habits pour mieux attirer les clients. Ces jeunes filles n'ont aucun contrôle sur ce qu'elles gagnent, elles sont exposées à tous les risques, notamment l'esclavage sexuel. Ce sont les patronnes qui gèrent leurs revenus, les filles bénéficient juste de quoi manger. Tout ce que les patronnes ont dépensé pour les entretenir sera remboursé au fur et à mesure qu'elles reçoivent des clients. C'est avec leur paie qu'elles vont tout rembourser.PROMOTION-DE-LA-FEMME-KANTCHE--9
Intervenant pour le compte de l'ONG Songes, Mme Aïchatou Bello assure la fonction d'animatrice pour sensibiliser les professionnelles du sexe sur les IST/VIH Sida, les activités génératrices de revenus. Son ONG intervient également dans la prise en charge des malades du VIH. Elle travaille avec quatre groupements comprenant environ 385 femmes professionnelles du sexe qui sont enregistrées. Selon elle, grâce à l'appui qu'elles reçoivent de la part des partenaires, certaines ont abandonné leur métier afin de reprendre leur vie d'avant. Parmi ces femmes, certaines exercent le petit commerce. En effet, elles sont nombreuses à avoir quitté leurs familles et à s'installer dans cette localité frontalière avec le Nigéria. Les raisons de leur abandon familial sont entre autres les mariages précoces et forcés, la pression familiale due aux mauvais traitements des belles-mères et autres. Elles ont préféré quitter ce qu'elles ont de plus chers pour affronter la vie autrement. Elles occupent des petites chambres qu'elles prennent en location entre 5.000 et 6.000FCFA par mois. Ces femmes sont organisées pour s'entraider mutuellement à travers la caisse qu'elles ont ouverte, et chacune verse 20 à 50 nairas par semaine. La caisse permet de porter assistance à un membre en difficulté confie Mme Aïchatou Bello. Elle a par ailleurs précisé que chaque femme se rend chaque mois au CSI pour procéder au test de dépistage afin de connaitre sa situation sérologique. En outre, elle a noté que les femmes séropositives sont préparées psychologiquement pour connaitre leur situation. Une fois qu'elles sont informées, elles sont soumises au traitement. Pour ce qui est des filles mineures, dès leur arrivée, leurs parents sont informés pour qu'ils viennent les chercher. Elle a dit avoir rencontré de nombreux cas de ce genre. Quand une femme décède, les autres prennent attache avec sa famille pour transporter la dépouille dans son village, et éventuellement les orphelins si elle en a. Par rapport aux enfants abandonnés, Mme Aïchatou Bello a toujours informé la directrice départementale de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant pour trouver des solutions. Déplorant la situation dans laquelle végètent les enfants abandonnés, elle a lancé un appel pressant à l'Etat et à ses partenaires pour qu'un centre d'accueil de récupération des enfants soit créé afin de sécuriser ces enfants en détresse, sans éducation. Cela peut être un soulagement pour les enfants qui errent à longueur de journée entre les marchés, les bars, la gare routière et les maisons des professionnelles de sexe. Mme Aïchatou Bello a su gagner la confiance de ses collaboratrices, ce qui lui facilite l'exercice de ses fonctions. Elle maitrise parfaitement les problèmes auxquels les professionnelles du sexe sont confrontées.
Comme bien d'autres carrefours, Maimoudjia accueille des artistes qui animent dans des endroits bien connus dans la ville. L'ambiance bat son plein toute la nuit. Ce qui permet aux uns et autres de se distraire, a indiqué Mme Aïchatou Bello. Le prix d'entrée pour les animations culturelles varie entre 50 et 100 nairas. C'est un cadre de retrouvailles et d'épanouissement. Ce qui entraine une affluence des populations des localités environnantes, surtout le week-end.

Par Laouali souleymane(onep)
25/01/19

AG/ONU

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