Le Sahel

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Union Chawa de Magaria : Au centre de l'autonomisation de la femme

 

 

 



la-promotrice-Hadjia-Hawa--droiteElles sont nombreuses aujourd'hui les femmes qui ont pris leur destin en mains en exerçant diverses activités génératrices de revenus. Les femmes de l'Union Chawa font partie de celles qui ont vite compris l'importance de l'autonomisation de la femme. En effet, les femmes de l'Union Chawa, avec comme présidente Mme Hawa Abdou, ont démarré leurs activités en 2009. Au début, elles ont mis un accent sur la transformation agroalimentaire. Après des réflexions, le choix a été porté sur la transformation du niébé qui est une denrée produite en quantité importante dans le terroir.
Pour elles, le niébé est vendu sur les marchés à vil prix. C'est pourquoi, elles ont ciblé le niébé pour réconforter les producteurs en achetant le produit à un prix raisonnable. Sur un tout autre plan, elles ont pris conscience que les femmes souffrent énormément dans le fonctionnement des foyers. En conjuguant leurs efforts, elles peuvent s'entraider mutuellement et participer à l'émergence de leurs ménages. Les femmes se sont mobilisées et chacune apporte sa contribution dans les différentes transformations que peut subir le niébé.
A cet effet, dans le cadre du démarrage des activités, elles ont d'abord bénéficié de l'appui de l'ONG SNV qui a mis à leur disposition du niébé et le PRODEX a appuyé les femmes en formation et en matériel. La formation a essentiellement concerné les domaines dans lesquels les femmes de l'Union n'ont aucune expertise. Elles ont travaillé d'arrache pied pour produire le couscous de niébé, les pâtes alimentaires, la boule à base de niébé, le biscuit, le gâteau. Les femmes de l'Union Chawa ont voyagé au niveau de la région de Zinder où elles ont formé d'autres femmes sur la transformation du niébé. La formation est destinée aux femmes qui se sont organisées en groupement.
Mme Hawa Abdou a indiqué que la commune de Magaria compte 19 groupements comprenant 618 femmes. Le sachet de 500 grammes de farine de niébé se vend à 500 FCFA ; les autres produits sont presque vendus au même prix. La farine de niébé contient tous les ingrédients, c'est seulement le natron qui manque. Elle a confié n'avoir pas ajouté le natron parce qu'il contient du sable. Le natron peut être ajouté au cours de la préparation. En outre, les femmes concentrent toutes leurs énergies et leur savoir faire pour répondre aux attentes de la clientèle.plaque-chawa De l'achat du niébé à la transformation, elles travaillent minutieusement pour que cela se passe dans les règles de l'art. Le niébé est mis dans des récipients et les femmes consacrent tout leur temps pour enlever les mauvaises graines ainsi que les morceaux de cailloux. Pour dire que les conditions d'hygiène sont respectées. L'intégration au groupement se fait en amenant une tasse de niébé et une somme de 500 FCFA. Chaque membre est formé en recevant des leçons spécifiques à la transformation du niébé. A la fin de la formation, les femmes sont évaluées et classées par mérite. Ce qui amène celles qui occupent la dernière place à se mettre au travail pour qu'elles n'occupent plus la dernière place. La cotisation mensuelle est de 1.000 FCFA par groupement. Quand un membre de l'Union a une cérémonie, elle bénéficie d'une assistance.
Par ailleurs, l'Union a pris part aux foires qui se sont organisées à Niamey. Au cours de ces rencontres, Mme Hawa Abdou a assuré que tous les produits qu'ils ont exposés sont écoulés. En cas de rupture de stock, elles demandaient pour qu'on leur envoie à partir de Magaria. Ce sont des chiffres d'affaires appréciables qu'elles capitalisent pendant ce rendez-vous. Les ressources qu'elles mobilisent sont divisées en deux, dont une partie est partagée entre les membres, et l'autre partie est épargnée pour le fonctionnement des activités de l'Union. Elle a dit avoir participé à des foires au niveau régional comme au Sénégal, au Nigéria, au Burkina Faso et au Bénin.
Si les femmes de l'Union ont réussi, c'est parce que quelque part, elles sont soutenues par leurs époux. Concernant la farine de niébé, il y a des gens qui font la commande de Niamey jusqu'en France. Pour ceux qui commandent de la France, nous préparons la farine destinée à faire de «Dan Waké» avec tous les ingrédients notamment le piment et le natron. Après avoir exploré le secret du niébé, elles s'interessent au mil en faisant le couscous de mil ou «dégué ». La vente des produits se fait aussi pendant les cérémonies et autres manifestations. Progressivement, elles ont créé la maison de la femme.
Le terrain de la maison de la femme a été offert à l'Union par le Maire, tandis que la construction de la maison a été financée par le PRODEX. Diversifiant leurs activités, les femmes de l'Union Chawa ont bénéficié de l'appui en animaux pour faire de l'embouche. L'Union a été appuyée par le FAFPA en le dotant de deux machines ainsi que divers matériels de travail, à savoir les foyers améliorés, des bassines, du sel, des grandes poêles, etc. Mme Hawa Abdou a noté avoir le soutien des autorités départementales. Compte tenu de la dimension de leurs activités, elle souhaite que les membres soient instruits en les formant au cours d'alphabétisation. Elle a dit avoir enregistré des progrès dans leurs activités du fait qu'elles ont pris en charge les frais de scolarisation de leurs enfants ainsi que les trousseaux de mariage de leurs enfants. Elles continuent aussi à supporter certaines charges du foyer.
« Nous avons également soutenu nos époux dans ce que nous faisons», a confié Mme Hawa Abdou. Pour préparer la relève, elle a précisé que leurs enfants observent tout ce qui se passe, ce qui explique qu'ils maitrisent aussi beaucoup de choses concernant la technique de transformation du niébé et du couscous du mil. L'union Chawa n'entend pas s'arrêter là ; elle continue à explorer d'autres voies qui peuvent également contribuer à l'émergence de l'Union au-delà de la commune de Magaria.

Par Laouali Souleymane(onep)
08/02/19

 

 

 

AG/ONU

Editorial

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