Le Sahel

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Département de Gouré : Entre volonté de développement et lutte contre les aléas climatiques

 

 

 



Le-Lac-de-GuidimouniUne terre de contrastes entre les plaines, les hauts plateaux du Mounio, du Koutous et les riches cuvettes agricoles des oasis.
Par son état carrossable qui permet aux usagers de relier avec moins de courbatures Zinder à Gouré, ici la route fait oublier tant d'autres tronçons du pays qui attendent une réhabilitation. Cette voie bitumée passe par le chef-lieu du département de Mirriah réputé pour sa poterie utilitaire et décorative, les petites maisons en terres peintes, puis par Guidimouni (60 km) à droite de l'asphalte, une vaste et légendaire étendue d'eaux permanentes permettant la culture de la canne à sucre reconnue pour sa qualité tant au Niger qu'à l'extérieur.
Au fur et à mesure que la réduction kilométrique s'établie, on arrive à Guidiguir à 90 km ; une localité connue surtout pour son marché riche en production de manioc, canne à sucre, chou, oignon, patate douce et maïs qu'on découvre chaque mercredi jour de marché. A l'est de Gouré plus précisément à 40 km, le marché de Soubdou mérite un clin d'œil le samedi.
Gouré que l'on atteint après avoir parcouru 160 km de Zinder sur la route nationale N°1 en direction de Diffa et à environ 1050 kilomètres de Niamey, est la Préfecture du Mounio, point de départ des expéditions scientifiques ou touristiques vers le massif de Termit par la piste ensablée allant à Tesker.
Le relief du département de Gouré est caractérisé par la présence de plaines et de plateaux d'altitudes variant entre 329 m à l'Est de Kellé et 710 m au Nord-est du massif de Termit. Dans son ensemble, le relief se présente comme une chaîne sableuse entrecoupée de plateaux et de cuvettes. La région comprend des Moyens plateaux qui se répartissent dans le Sud et le Nord du département.
Dans l'extrême Nord-est, on rencontre le massif de Termit allongé sur une distance de 171 km et qui s'étend de la vallée de Diffa au Nord-est de Tesker à la frontière Gouré-Bilma sur une largeur moyenne de 31 km d' Est-ouest avec une altitude de 710 m. Au Sud dans le Mounio, on rencontre des formes plus ou moins arrondies sur une largeur moyenne de 34 km, avec une altitude de 534 m. Enfin dans le Koutous, on trouve des plateaux sur une distance de 85 km d'Est en Ouest avec une largeur moyenne de 57 km présentant une altitude de 517 m.courges-a-guidimouni
Les Bas plateaux (400 à 500 m) occupent près de la moitié du département en dehors de la bande Sud et les hauts plateaux de Koutous. Ces plateaux s'étendent sur une superficie d'environ 40.500 km2 soit 45,3% de l'espace sous-régional. Leurs altitudes varient de 359 m de Gouré aux hauts plateaux du Mounio à 492 m à l'extrême Nord du secteur d'Alakoss.
Quant aux Basses plaines qui renferment des mares et cuvettes, elles occupent toute la bande Sud du département et couvrent environ 200 Km2. Les altitudes du relief prouvent que le département présente une pente qui descend du Nord (zone de dunes et plateaux) vers le Sud (Zone de mares et cuvettes).
Peuplé d'agriculteurs, d'éleveurs et d'agro-pasteurs essentiellement
Kanouris, Boudouma, Touaregs, Toubous, Arabes et Haoussas, le département de Gouré est situé dans la partie Est de la région de Zinder et couvre une superficie de 20.445 kilomètres carrés pour une population estimée à 338.887hts.Il occupe à lui seul 61,10% de l'espace géographique total de la région de Zinder. Gouré est limité au nord par les départements de Bilma et Tchirozérine ; au sud par celui de Magaria et la République Fédérale du Nigeria ; à l'Est par les départements de Maïné Soroa et N'Guigmi et à l'Ouest par les départements de Mirriah et Tanout.
Au plan administratif, le département de Gouré compte six communes dont cinq rurales : Alakoss, Bouné, Gamou, Guidiguir, Kellé et une commune urbaine, celle de Gouré. On compte dans le département 646 villages administratifs et quatorze quartiers de la ville de Gouré. Le système coutumier se compose de quatre cantons qui sont : Bouné, Gamou, Gouré et Kellé, le secteur d'Alakoss et 6 groupements nomades. Tous les cantons sont concentrés dans la bande Sud dudit département et la partie Nord, quasiment inaccessible et pour une grande proportion défavorable au développement des ressources naturelles
Le climat est de type sahélien avec une longue saison sèche (8 à 9 mois) suivi d'une courte saison de pluies (3 à 4 mois). La pluviométrie moyenne annuelle varie avec les variables climatiques : 200 mm dans la partie désertique saharienne, 200-400 mm dans la partie sahélo-saharienne et 400 mm. Le département de Gouré est une zone de savane arbustive.
Pratiqués de façons traditionnelles, l'agriculture, l'élevage et le commerce constituent les principales activités économiques de la population. Dans cette région, l'agriculture pluviale et les cultures maraîchères assurent la quasi-totalité de la production céréalière. Les cultures maraîchères, pratiquées dans les cuvettes, assurent un niveau minimal de production moins sensible aux fluctuations de la pluviométrie que les cultures pluviales. Elles constituent la source de revenu principal pour les agriculteurs de la région.
Les cultures pratiquées dans les
cuvettes du département de Gouré assurent des productions agricoles rentables. Le manioc est la spéculation la plus importante du fait de sa mise en culture, de sa consommation et de sa conservation facile. Les cultures à cycle court comme le chou (75%) et l'oignon (69%) sont plus attrayants. Les produits agricoles de cuvettes sont plus destinés à la vente (73%) qu'à l'autoconsommation (27%) et les marchés locaux représentent les principales plateformes commerciales.
Dans la région de Gouré, l'agriculture est pratiquée essentiellement dans la zone agricole à l'extrême sud dans les Cantons de Bouné, Gouré, Gamou, dans la moitié centre de Kellé et la moitié Sud du secteur d'Alakoss. Ces activités agricoles se concentrent autour des cultures vivrières : mil, sorgho, niébé, etc.; maraîchères (cultures de contre saison), dans les cuvettes et au bord des mares, concernent les cultures de tomates, laitue, chou, oignon, pomme de terre, canne à sucre, manioc, patate douce, etc. L'arboriculture y est très développée. Elle concerne les arbres fruitiers tels que les dattiers, les manguiers, les bananiers, les citronniers, les papayers, les goyaviers.
Second pilier de l'économie, l'élevage occupe une place importante dans les activités des populations du département de Gouré. Le cheptel est constitué des bovins, des ovins, des caprins, des Camelins, des Asins et des Equins. L'activité est pratiquée tant par les sédentaires que par les nomades ou éleveurs Touaregs, Toubous.
Le commerce représente également un secteur d'activité dans la zone. Le département de Gouré est doté de trente-deux (32) marchés ruraux dont six (6) principaux parmi lesquels quatre (4) sont mixtes (Gouré, Guidiguir, Kazaoué et Soubdou) et deux (2) à bétail (Boultoum et Kiringuim). Les activités commerciales dans ces marchés constituent des sources de revenu pour les populations du département permettant à la municipalité de la zone de s'épanouir. Les femmes s'intéressent plus à l'artisanat puisqu'elles
fabriquent des vans, des nattes, et des tamis. Enfin, on peut préciser parmi les activités commerciales l'extraction du natron et du sel dans les cuvettes. Ces produits procurent de revenus importants aux populations responsables de ces cuvettes.
pecheLe département de Gouré renferme aussi plusieurs potentialités sylvicoles à savoir dix-neuf (19) forêts classées dont sept (7) Gommerais et plusieurs blocs forestiers. La gommerai du site de Kafouka produit pas moins de sept tonnes de gomme arabique. Tonnage qui peut rapidement doubler, voire quadruplé, pour peu que la régénération de la forêt et la recherche de meilleurs débouchés se poursuivent.
En matière d'environnement, le département de Gouré regorge d'énormes potentialités en ressources naturelles, notamment forestières, halieutiques et fauniques qui malheureusement, subissent des pressions anthropiques et animales. Bien qu'il soit plus important que le domaine classé en termes de superficie, le domaine protégé, lui aussi, n'échappe pas aux pressions telles que l'extension des espaces cultivés, le surpâturage et les feux de brousse, les coupes abusives de bois à des fins multiples.
Aussi dans le département de Gouré, l'ensablement est en train de devenir un problème qui prend chaque jour de l'ampleur. Dans cette partie du Niger, il faut noter que le désir de satisfaire les besoins en terres pour l'agriculture, le pâturage et la quête du bois de chauffe a provoqué une réduction considérable du couvert végétal. Ceci a fragilisé l'écosystème et a provoqué la formation des accumulations sableuses ou édifices sableux sur les terres agricoles, les voies de communication et autres infrastructures Socio-économique.

Par Abdoulaye Harouna, Envoyé spécial (onep)
22/02/19

 

 

 

AG/ONU

Editorial

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lundi 17 décembre 2018

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