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M. Saley Saidou, Président du Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC) : «Mon ambition pour le CESOC, c'est de rendre cette institution encore plus active et productive»


InvitMonsieur le Président, la première session ordinaire du CESOC au titre de l'année 2019 a pris fin récemment à Niamey. Quelle sont les recommandations issues de cette session ?
Tout d'abord je vous remercie de cette opportunité que vous m'offrez pour parler de notre institution le CESOC et de ses missions.
Cela dit, pour revenir à votre question, le Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC) a effectivement tenu sa première session ordinaire au titre de l'année 2019 du 13 au 27 février dernier au Palais des Congrès de Niamey, qui a vu la participation de l'ensemble des Conseillers.
Cette session a permis aux Conseillers de débattre dans la plus grande sérénité, d'importantes thématiques portant sur des questions d'intérêt national et d'adopter plusieurs résolutions et recommandations, à l'issue de deux semaines de travaux.
Au nombre des thématiques traitées et qui ont fait l'objet de communication par les Ministres concernés, on notera : les stratégies d'appui aux producteurs face aux changements climatiques ; la problématique de la sécurité alimentaire au Niger et les stratégies mises en œuvre ; l'introduction de l'éducation reproductive dans l'enseignement secondaire ; l'utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication (TIC) pour une formation saine ; la contribution du Secteur de l'Artisanat au développement socio-économique du Niger ; le Dialogue Social au Niger : Etat des lieux et perspectives ; la démographie et l'Indice de Développement Humain au Niger (IDH). D'autres thématiques ont fait l'objet de communications par des Experts sur le Registre Social Unifié (RSU) au Niger et des informations sur l'intervention de Africain Risk Capacity (ARC).
Les Conseillers ont également bénéficié d'un renforcement de capacité en méthodologie de suivi et évaluation des politiques publiques, et procédé à la relecture et à l'amendement de certaines dispositions du règlement intérieur du CESOC, afin d'en améliorer le fonctionnement.
D'importantes résolutions ont été adoptées à l'issue de la session dont les principales sont relatives à l'implication du CESOC dans la campagne « consommons nigérien » afin de soutenir la consommation des produits locaux, le processus de renforcement du dialogue social au Niger, la vulgarisation des bases des données du Registre Social Unifié (RSU) sur la vulnérabilité au Niger.
Il a été également demandé à l'institution de poursuivre et d'approfondir les échanges avec les partenaires de l'école relativement à l'enseignement de la santé de la reproduction, de s'autosaisir par rapport aux projets de loi à caractère social tel que le projet de loi sur l'égalité de chance des personnes handicapées.
Par ailleurs, il a été recommandé de mener une démarche auprès du pouvoir exécutif pour dégager des fonds dédiés à la transformation du monde rural en rendant opérationnel le FISAN, et de pourvoir l'ensemble des collectivités en Kits complets de la Maison du paysan afin de réduire les disparités inter et intra régionales ; créer un cadre de synergie entre les collectivités, les producteurs, les services techniques déconcentrés(STD) et le Commissariat à l'Initiative 3N pour rendre plus fonctionnelle la Maison du paysan et accompagner les politiques publiques dans une démarche d'éducation environnementale.
La création d'unités de production d'aliments bétails dans toutes les régions du Niger et promouvoir les cultures fourragères, l'application des textes en vigueur en matière de télécommunications pour une information saine, la saisine du CESOC pour avis avant l'adoption des projets de loi sur la cybercriminalité et la preuve électronique ainsi que la transaction électronique, font également partie des différentes recommandations adoptées au cours de la session.
A cela viennent s'ajouter d'autres recommandations relatives au renforcement des capacités des acteurs culturels dans tous les domaines, l'alimentation du fonds d'aide à la culture, la création des directions régionales de l'entreprenariat des jeunes à l'instar des autres départements ministériels, la révision et l'adaptation des programmes scolaires aux réalités culturelles de notre pays, la formation des enseignants en charge d'assurer l'enseignement de la santé de la reproduction, l'implication de tous les partenaires de l'école dans l'élaboration des programmes relatifs à la santé de la reproduction.
Toutes ces recommandations rentrent dans le cadre des préoccupations soulignées par le Président de la République, Chef de l'Etat, SEM Issoufou MAHAMADOU à l'occasion de l'inauguration de la 2ème mandature du CESOC et des sujets d'intérêt national.
Ces résultats, faut-il le souligner, sont dus à une plus grande prise de conscience du rôle et de la responsabilité du Conseiller, tels que je le soulignais dans mon discours.
En marge des travaux de la session, nous avons visité le dimanche 24 février 2019, les stands du salon de l'Agriculture, de l'Hydraulique, de l'Environnement et de l'Elevage, au Palais du 29 juillet, en compagnie du Ministre d'Etat, Ministre de l'Agriculture et de l'Elevage, M. Albadé Abouba.
Nous nous sommes à l'occasion suffisamment imprégnés de toute la diversité des productions agricoles, végétales et animales et les principales innovations techniques et technologiques dans le pays.

Concrètement Monsieur le Président, quelle suite votre institution compte donner à ces recommandations ?
Le CESOC est une Institution consultative prévue par la constitution du 25 novembre 2010, avec pour mission d'assister le Président de la République et l'Assemblée nationale dans les domaines économique, social et culturel.
Aussi, pour jouer pleinement sa mission ainsi que l'exigent les textes fondamentaux du CESOC, les recommandations adoptées seront portées à la connaissance du Président de la République et de l'Assemblée Nationale, sous forme de rapport général.
Je saisi cette opportunité pour exprimer toute notre reconnaissance à l'attention particulière dont le CESOC fait l'objet de la part de SEM Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l'Etat et de SEM Brigi Rafini, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, qui n'ont jamais ménagé les moyens nécessaires pour nous permettre d'accomplir notre mission convenablement.

Monsieur le Président, vous êtes à la tête d'une institution qui parle très peu d'elle. Pouvez-vous nous rappeler le rôle, l'objectif et comment fonctionne le CESOC ?
Comme je le disais tantôt, les missions et attributions du CESOC sont déterminées par la constitution du 25 novembre 2010 et la loi organique 2011-40 du 7 décembre 2011 et ses textes modificatifs subséquents.
Aux termes de ces dispositions, il donne ses avis sur toutes les questions qui sont soumises par le Président de la République et l'Assemblée Nationale.
Il est compétent pour examiner les projets et propositions de lois à caractère économique, social et culturel à l'exclusion des lois de finances.
En qualité d'organe de propositions de réformes, le CESOC est également compétent pour conduire des études et des enquêtes sur toute question d'intérêt national portant sur le développement économique, social et culturel et recommander les réformes qui s'imposent. Il est également compétent pour contribuer à l'évaluation des politiques publiques.
En tant qu'institution passerelle pour les forces sociales, le CESOC est un instrument de dialogue pour favoriser les progrès économiques et sociaux.
Par ailleurs, il représente le Niger au sein des Organisations Internationales des Conseils Economiques et Sociaux et Institutions Similaires.
L'instance de délibération du CESOC est la Plénière. Elle regroupe l'ensemble des membres du Conseil Economique, Social et Culturel. Elle délibère sur un ordre du jour préalablement établi.
Les organes du CESOC sont le Bureau composé de huit (8) membres, assisté d'un Secrétariat permanant dans l'accomplissement de sa mission, quatre (4) Commissions permanentes composées de 91 Conseillers désignés démocratiquement par leurs structures respectives. Ils sont tous nommés par décret pris en conseil des Ministres.
Les commissions permanentes conduisent les réflexions sur les dossiers qui leurs sont soumis et proposent des recommandations au Bureau et à la plénière. Il s'agit de : la Commission des Affaires Economiques et Financières ; la Commission des Affaires Sociales ; la Commission Développement Rural et Environnement ; la commission des Affaires Culturelles et Sportives.
Pour mener à bien ses activités, un plan d'actions sous forme d'accès stratégique est en cours de finalisation. Des TDR pour l'élaboration d'un plan de communication sont élaborés. Ces deux activités nous permettent désormais de rendre plus visible le CESOC. Aussi, en vue de renforcer le cadre de partenariat, plusieurs actions ont été entreprises avec les organismes étatiques et non gouvernementaux.

Qu'est-ce que vous apportez de nouveau pour la bonne marche du CESOC et surtout, comment comptez-vous faire, Monsieur le Président, pour redynamiser cette institution ?
Mon ambition pour le CESOC, c'est de rendre cette institution encore plus active et productive afin d'apporter sa contribution dans l'atteinte des objectifs de développement de notre pays tels que définis dans le programme de Renaissance II du Niger. Nous allons nous y atteler, car nous y croyons.
Et pour y parvenir, comme je l'ai dit lors de ma prise de fonction, il y' a cinq défis majeurs à relevés : la Redynamisation, l'Opérationnalisation, l'Innovation, la Structuration et la Modernisation du CESOC.
Pour ce faire, j'invite le bureau, les Conseillers et l'ensemble du personnel du CESOC à libérer toutes leurs initiatives, à développer leur savoir et savoir faire et à les mettre entièrement à la disposition de l'Institution, dans la cohésion, la discipline, le respect et la qualité dans le travail.
En termes de compétences, le CESOC est l'une des rares institutions de la République à réunir toutes les composantes et également l'ensemble des corporations de la nation qui participent activement aux travaux aussi bien dans les commissions permanentes qu'aux séances plénières de l'institution.
Apres la 1ère Session de Février pour l'année 2019, je suis vraiment très réconforté et davantage confiant en l'avenir du CESOC, appelé désormais à apporter son expertise sur les grands problèmes nationaux et à prendre toute sa place dans l'échiquier institutionnel de notre pays, que ce soit à l'échelon national, régional ou local.
De mon côté, je réitère mon engagement à y développer les conditions nécessaires d'appartenance à une même famille dans la fraternité et la convivialité.

Réalisée par Fatouma Idé (ONEP)
(14/03/19)

AG/ONU

Editorial

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