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Signature d'un accord de financement : 6,2 milliards de FCFA pour l'accélération des objectifs du Millénaire

Echange de documents peu après la signature Echange de documents peu après la signature

Dans le cadre de la lutte qu'ils mènent contre la malnutrition au Niger, l'Union Européenne et l'UNICEF ont procédé, lundi dans l'après-midi, dans la salle de réunion du Ministère de la Santé Publique, à la signature d'un accord de financement de 6,2 milliards de FCFA. Ce projet d'une durée de 4 ans s'inscrit dans le cadre de l'Initiative d'accélération des Objectifs du Millénaire pour le Développement au Niger (IOMD). Huit départements des régions de Tahoua, Maradi et Zinder seront touchées par le projet qui sera exécuté par le Ministère de la Santé Publique. La cérémonie a vu la participation du ministre de la Santé Publique, M. Soumana Sanda, de l'ambassadeur, Chef de Délégation de l'Union Européenne, M. Hans-Peter Schadek, du Représentant résident de l'UNICEF au Niger, M. Guido Cornale, et de l'ambassadeur d'Espagne au Niger.


Dans le discours qu'il a prononcé au cours de la cérémonie, le ministre de la Santé Publique M. Soumana Sanda a d'abord indiqué que ce projet vise à appuyer les efforts du Gouvernement du Niger dans l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Il s'agit plus précisément de l'objectif numéro 1 qui consiste à réduire entre 1990 et 2015, la proportion de la population souffrant de la faim, en renforçant la prévention de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans à travers l'amélioration de l'accès des populations des zones concernées par le projets dans les régions de Tahoua, Maradi et Zinder, à l'eau potable, ainsi que la promotion des pratiques familiales essentielles y compris l'hygiène et l'assainissement au niveau communautaire. A cet effet, il a précisé que la stratégie visée à travers ce projet est de renforcer, mais aussi de responsabiliser les services publics de proximité et les communautés dans la prévention de la malnutrition. Il a ajouté que la sensibilisation et la communication pour un changement de comportement sont également au cœur de cette intervention qui propose une approche multidimensionnelle et intersectorielle, associant l'eau, la santé, les pratiques d'alimentation, l'assainissement et l'hygiène. La diversification dans les zones d'intervention permettra d'apprécier, au fil du projet, l'impact d'une approche transversale en matière de nutrition.
Quant au représentant de l'UNICEF au Niger Guido Cornale, il a indiqué que la moitié des enfants du Niger souffrent de la malnutrition chronique. Ainsi, ils sont incapables de se développer physiquement, mais aussi de développer leur potentiel cognitif a-t-il noté. Il a souligné que depuis le symposium sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle tenu à Niamey en 2011, on avait commencé à identifier les causes de l'insécurité alimentaire pour répondre valablement, afin de soutenir significativement la situation alimentaire et nutritionnelle en apportant des solutions appropriées.
Pour sa part, M. Hans-Peter Schadek a expliqué que la convention qui a été signé pour un montant de 6,2 milliards de FCFA, s'inscrit dans le cadre de l'Initiative d'Accélération des OMD, appuyée par l'Union Européenne et pour laquelle 25 millions d'euros ont été mobilisés récemment, en complément du Programme de coopération 10ème FED déjà en cours. « Notre initiative de mobiliser 25 millions d'euros additionnels pour atteindre les OMD en matière de nutrition et de sécurité alimentaire, bien que bienvenue, reflète aussi le fait que ces objectifs sont encore loin d'être atteints dans de nombreux pays dont le Niger. « Car en fait, nous connaissons encore une forte prévalence de la malnutrition dans pratiquement toutes les régions du pays, souvent au-dessus des seuils d'alerte et qui dépasse parfois les seuils d'urgence», a-t-il révélé. Il a par ailleurs déclaré que cette tendance apparente, si confirmée, est donc à suivre avec beaucoup d'attention, car elle dénote que la malnutrition infantile n'est pas mécaniquement liée aux seuls résultats des campagnes agricoles et pastorales.
Selon lui, les causes paraissent plus profondes, et certainement multidimensionnelles, dont entre autres, l'accès aux soins de santé et à l'eau potable, les conditions de la grossesse, la diversité des apports alimentaires et les conditions d'hygiène. Il a aussi rappelé que l'intervention qui a été lancé prend encore plus d'importance à la lumière des résultats provisoires du tout récent recensement général de la population. Car, la correction à la hausse du taux de croissance démographique au Niger à 3,9% par, par rapport à 3,3% estimé auparavant, va tout simplement augmenter davantage le nombre d'enfants exposés aux risques de malnutrition, a ajouté M. Hans-Peter Schadek. « Les défis sont donc énormes et nous comptons sur la compétence et le dévouement de tous les acteurs pour mener à bien cette importante intervention », a-t-il annoncé. Il a également demandé l'entière implication des autorités nigériennes pour poursuivre ses efforts, en intégrant ses politiques en matière de santé, de nutrition et de sécurité alimentaire tels que le PDES, l'initiative ''3N'' et le Plan de Développement Sanitaire. Sur un tout autre plan, il a affirmé que dans le cadre de la programmation du 11ème FED en préparation des domaines de la sécurité alimentaire, de la nutrition et de la résilience, resterons au centre de leurs préoccupations au Niger.

AG/ONU

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