Le Sahel

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Dossier


d-1Du 26 novembre au 1er décembre dernier, un groupe de journalistes nigériens et camerounais, des portes parole des armées des deux pays et des responsables de la communication de la Force multinationale mixte (FMM) dans le bassin du Lac Tchad ont séjourné à Stuttgart en Allemagne dans le cadre d'une visite au quartier général (QG) du Commandement des Etats Unis pour l'Afrique (US-Africom). A travers des visites et des échanges avec les responsables des différents programmes et structures de l'US-Africom, les visiteurs ont, au delà des préjugés que suscite le commandement des Etats Unis pour l'Afrique, été édifiés sur les motifs de la mise en place de cette structure, les actions qu'elle mène et surtout son apport dans la prise en charge des défis sécuritaires qui se posent à notre continent en général et à la zone sahélo saharienne en particulier. Voici notre carnet de route.
Stuttgart, 17h55mn. Un froid de canard nous accueille sèchement. Nous qui avions quitté notre ''chaud Sahel'' et devrons faire face à des températures qui frôlent les négatives. Un changement de style vestimentaire s'est imposé à nous. Mais, après une journée de repos et d'acclimatation, la formidable machine humaine (notre corps) s'est très vite adaptée. Le 28 novembre, au matin, l'impatience nous habitait tous ; pressés que nous sommes de découvrir enfin ce ''fameux commandement'' qui à la seule évocation de son nom, suscite dans nos pays, les commentaires les plus surréalistes. Après une dizaine de minutes de route, nous voilà enfin à la porte du QG de l'US-Africom. Mais surprise ! Pas de gardes armés jusqu'aux dents, juste des agents de sécurité, très accueillants. Après le contrôle d'identité, notre véhicule nous déposa dans la grande enceinte. Là aussi, pas de traces de chars de combat, d'avions de chasse, de drones, de véhicules Mamba ou de champs de tir, mais juste des bureaux, des salles de conférence, des restaurants, etc. Des agents civils et militaires vaquent à leurs occupations. L'US-Africom n'est visiblement pas une base militaire, ni même une base logistique, nous nous dîmes.
L'US-Africom a été créé le 06 février 2007 pour devenir opérationnel le 1er octobre 2008. Ce commandement dirigé aujourd'hui par le général Thomas D. Waldhauser, comprend quatre (4) composantes à savoir la composante terrestre ou US Army Africa (USARAF, basée à Vicenza en Italie), la composante aérienne ou US Air forces Africa (AFAF basée à Ramstein en Allemagne), la composante marine ou US Marine corps forces Africa (MARFORAF basée à Stuttgart), la composante navale ou US Naval forces Africa (NAVAF basée à Naples en Italie) et deux unités subordonnées que sont le commandement des opérations spéciales pour l'Afrique (SOCAF, basée à Stuttgart) et la Force opérationnelle interarmées combinée de la Corne de l'Afrique (CJTF-HOA, camp Lemonier à Djibouti). Les actions de l'US Africom concerne 53 Etats africains à l'exception de l'Egypte, soit une superficie de 30millions de km2 pour une population de plus de 1,111milliards d'habitants. L'US-Africom est l'un des six commandements régionaux créés par le Département de la Défense des Etats Unis d'Amérique.
Une approche globale et interinstitutionnelle pour comprendre les défis en Afrique
Le Commandement des Etats Unis pour l'Afrique est un cadre dans lequel se trouvent plusieurs acteurs issus de sept (7) Départements (ministères) différents dont celui de la Défense, les départements d'Etat, de l'Energie, de la Justice, de la Sécurité intérieure, etc. C'est ainsi qu'en plus des militaires, eux-mêmes issus de différents corps de l'armée américaine, on retrouve au sein de l'US Africom, des services et agences comme l'USAID, le FBI, la Garde côtière, la Garde nationale, le service de sécurité diplomatique, le service géologique (USGS), etc. La philosophie du Commandement des Etats Unis pour l'Afrique consiste en une approche globale et interinstitutionnelle pour promouvoir les intérêts communs des Etats Unis et des pays africains notamment en matière de sécurité, de stabilité et de prospérité. A ce titre, le Commandement des Etats Unis pour l'Afrique a pour entre autres objectifs de contrer les menaces transnationales, de protéger le personnel et les installations américaines, de promouvoir la sécurité régionale et de répondre aux crises.
Pour ce faire, le Commandement mise sur le partenariat. Des partenariats basés sur les besoins exprimés par les pays africains concernés, les organisations institutionnelles (CEDEAO, l'Union Africaine, l'Union Européenne, etc.) et à la suite d'une analyse de la situation propre à chaque zone, et aux défis qui s'y posent. Ces partenariats sont concrétisés à travers notamment la formation des forces de sécurité, le renforcement des capacités, l'assistance militaire, l'organisation des exercices conjoints, les appuis multiformes, etc. La démarche ainsi adoptée par l'US-Africom vise la durabilité, en permettant aux pays africains de disposer des forces militaires et des capacités à même de leur permettre de faire face eux-mêmes aux défis sécuritaires et aux crises humaines et même naturelles. « L'US Africom n'est pas une force d'occupation, ni même une force d'intervention en Afrique. C'est une approche partenariale avec les pays africains pour faire face aux défis sécuritaires et de développement » explique un responsable de l'US-Africom.
Les activités de l'US-Africom
La formation et le renforcement des capacités sont les principales activités que mène l'US-Africom. C'est dans cette optique que s'inscrivent les différents exercices conjoints organisés périodiquement. Au total, neuf (9) exercices sont organisés en Afrique. Il s'agit notamment de Phoenix Express, African Lion, United Accord, Obangamé Express, Flintlock, United Focus, Justified Accord, Cutlass Express et Shared Accord. L'un des plus connus au Niger et auquel participent les forces armées nigériennes, c'est l'exercice Flintlock. Tous ces exercices ont ceci en commun qu'ils associent la formation, le conseil, l'assistance et l'accompagnement, la coordination, le partage de renseignements, la réponse aux crises, le développement des compétences. Chaque exercice est organisé, par l'une des six composantes de l'US-Africom, autour des thématiques comme la sécurité maritime, le maintien de la paix, les organisations extrémistes violentes (OEV), la sécurité des frontières, la lutte contre le terrorisme, la lutte contre les trafics, etc.
Ainsi, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le commandement des Etats Unis pour l'Afrique a mis en place un centre de coordination des renseignements dans le cadre de la Force multinationale mixte (FMM) dans le bassin du Lac Tchad en vue d'aider les pays concernés dans la lutte contre la secte Boko Haram. Par ailleurs, en 2014, a été créé un autre programme intitulé Multinational Coopération Center (MNCC) en vue d'aider les pays africains à faire face à l'épidémie de la fièvre hémorragique à virus Ebola qui a touché l'Afrique de l'Ouest. Un autre programme très bénéfique pour les pays Africains, c'est le Programme de partenariat avec les Etats (SPP). C'est un programme qui lie un pays africain à un Etat fédéré des USA à travers un partenariat avec la Garde nationale dudit Etat.
Créé en 1993, le SPP compte à ce jour 70 partenariats. Des pays comme l'Afrique du Sud, le Botswana, le Nigeria, le Togo, le Bénin, le Ghana, le Liberia, le Sénégal, le Maroc, la Tunisie, le Kenya, Djibouti, etc., en sont déjà bénéficiaires. Le Niger y est retenu en 2016, et le partenariat sera avec l'Etat d'Indiana. Les activités de ce programme consistent essentiellement au développement du leadership des officiers, la modernisation du secteur de la Défense, les activités médicales et de génie militaire, la sécurité des ports, des frontières et des aéroports, la protection des infrastructures critiques, la gestion des catastrophes, l'assistance humanitaire, etc. D'après les explications qui nous sont fournies à l'US-Africom, le Niger a choisi la coopération militaire médicale dans le cadre du SPP.
d-2En outre, souligne-t-on, l'un des avantages du SPP est que ce sont les mêmes personnes au niveau de la Garde nationale d'un Etat (aux Etats Unis) qui suivent le programme de partenariat avec le pays africain concerné. Ce qui est un gage de durabilité. Aussi, le SPP est établi sur la base des besoins et des priorités définis par le pays demandeur. Par ailleurs, les responsables de l'US Africom reconnaissent qu'à travers les différents partenariats, les Américains apprennent beaucoup de leurs homologues africains. Ce n'est pas un échange à sens unique.
Le Vice amiral Michael T. Franken et l'Ambassadeur Alexander M. Laskaris parlent des relations entre l'Afrique et l'US-Africom
Au dernier jour de la visite des journalistes au QG de l'US Africom à Stuttgart, le Vice amiral Michael T. Franken, adjoint du Commandant de l'US-Africom pour les opérations militaires et l'Ambassadeur Alexander M. Laskaris, adjoint du Commandant de l'US-Africom pour les opérations civilo-militaires ont animé une conférence de presse au cours de laquelle, ils ont abordé sans tabous, toutes les questions relatives à l'US-Africom et à la présence américaine dans certaines parties de notre continent et dans le monde.
« Les Américains n'ont pas beaucoup d'expériences en Afrique. C'est pourquoi, ils développent des partenariats avec les pays concernés et tous les acteurs institutionnels pour faire face aux défis sécuritaires qui se posent au continent » a déclaré à cet effet le Vice Amiral Michael T. Franken. L'adjoint au commandant de l'US-Africom pour les opérations militaires d'évoquer ensuite les menaces qui pèsent sur la sécurité, la paix et la stabilité du continent. Ces menaces sont entre autres, les Shebabs en Somalie, Boko Haram dans le bassin du Lac Tchad, les trafics divers dans le Sahel et le Sahara, les multiples OEV qui pullulent, la pauvreté et le manque de perspectives pour les jeunes.d-3
« Les organisations criminelles et terroristes profitent de la pauvreté et du manque de perspectives pour les jeunes pour les embarquer. C'est pourquoi la politique américaine en Afrique a été toujours constante. Nos dépenses sont plus importantes pour soutenir le développement (à travers l'USAID et le Département d'Etat) que les dépenses pour les interventions militaires » soutient M. Alexander M. Laskaris. Relativement à la présence américaine dans certaines parties du continent, ces deux responsables de l'US-Africom, expliquent que cette présence vise à contribuer à éradication des menaces à la paix et à la stabilité de la région à travers un accompagnement des forces de sécurité locales. « Les forces américaines ne participent pas aux combats. C'est aux armées nationales de mener les opérations. Nous leurs apportons notre appui en renseignements et en renforcement des capacités » explique le Vice amiral Michael T. Franken.
Aussi, expliquent ces responsables de l'US-Africom, les partenariats avec les pays africains se fondent sur une parfaite transparence. Pour le cas du Niger, les Américains utiliseront les installations de la base aérienne 201 de l'Armée nigérienne pour appuyer les pays de la région dans la lutte contre le terrorisme et les autres menaces à la sécurité et à la stabilité. « Agadez est le lieu idéal pour contribuer à résoudre la crise libyenne qui a des répercutions négatives sur toute la région du Sahel»
explique M. Laskaris, qui rappelle qu'il a été reproché aux Américains leur silence sur cette crise. Cette présence « facilitera le partage des renseignements avec le Niger et avec des pays partenaires dont le Cameroun, le Tchad, le Mali et le Nigeria, confrontés à des menaces sécuritaires communes », selon un communiqué de l'ambassade des Etats-Unis à Niamey en date du 02 novembre 2016. « Elle contribuera aussi à aider ces pays à protéger leurs frontières et à lutter contre le terrorisme », ajoute le texte, précisant que « Le Niger reste un partenaire solide et fiable contre le terrorisme, et nous restons déterminés à aider le Niger à protéger ses frontières ».
Le marché de Noel
A l'approche de Noel, où nous étions à Stuttgart, qui oserait séjourner au pays de Goethe et d'Angela Merkel sans visiter ''le marché de Noel'', une tradition très ancrée là bas. C'est ainsi que le 30 novembre, nous décidâmes de consacrer à cette tradition allemande en visitant le marché de Noel situé en plein centre de Stuttgart. Après une quinzaine de minutes en métro, nous voilà au marché de Noel de Stuttgart. Pas besoin d'indiquer les lieux même aux plus néophytes de cette tradition. En effet, au milieu des nombreux centres commerciaux, le marché de Noel brille de mille et une lumières.
Le visiteur est tout de suite saisi par l'embarras de choix sur ce qu'il va visiter : Les fastfoods, les boutiques souvenirs, ou les multiples débits de boissons qui, en cette période de basse température, servent du vin chaud, une autre tradition, nous dit-on, ici. Parmi les innombrables objets souvenirs, notre guide nous explique que les objets en bois fabriqués par les artisans allemands sont les plus prisés. Malgré le froid qui s'abattait sur la ville, le marché reste très animé jusqu'à des heures tardives, le vin chaud aidant.
Le lendemain, nous n'avons pas pu résister à une autre attraction de Stuttgart à savoir Metzingen, un quartier qui est majoritairement constitué de centres commerciaux. Tous les visiteurs quelle qu'en soit leur provenance convergent vers cette zone à environ une heure de route par bus, pour faire leur shopping. Les plus grandes marques et les plus grands magasins s'y retrouvent ; une diversité d'articles y est aussi disponible. Seul remord, l'on n'a pas pu visiter le Mercedes Museum et le Porsche Museum, certainement la plus grande attraction de Stuttgart.

Par Siradji Sanda, Envoyé spécial(onep)
www.lesahel.org

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AG/ONU

Editorial

Editorial : Pari gagné !

lundi 9 janvier 2017

Editorial : Pari gagné !
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