Le Sahel

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inviteMonsieur le Maire, pouvez-vous nous présenter la commune rurale de Falmey?
La commune rurale de Falmey se situe dans la zone Sud-ouest de la région de Dosso. Elle couvre une superficie de 1.172 km2 avec une population de 79.632 habitants. Elle est limitée à l'Est par les communes de Djilladjé et Golé, à l'Ouest par la commune de Kirtachi et le parc du W, au Nord par les communes de Kankandi et de Fabirdji et au Sud par le Bénin.

Quels sont, Monsieur le Maire, les types d'infrastructures publiques dont dispose la commune rurale de Falmey?
Tout d'abord, dans le cadre de la maison du paysan, nous avons une radio communautaire, un magasin central de stockage des vivres, une boutique d'intrants, un magasin pour aliments pour bétail. Nous disposons aussi d'une vingtaine de banques céréalières. En immobilier, nous avons le siège même de la mairie qui comporte tous les services qu'on doit trouver dans une mairie, nous avons un foyer féminin où les jeunes filles de notre commune apprennent entre autres la couture et le civisme. Nous avons aussi le Centre de Formation aux Métiers (CFM) et un Site Intégré de Formation Agricole (SIFA).

Monsieur le Maire, quelles sont les principales sources de revenus de votre commune?
Notre principale source de revenus reste avant tout la taxe municipale ou taxe de marché. Il y a les revenus qui nous viennent des services de l'environnement comme les taxes sur le bois, et les taxes prélevées sur les transporteurs. Nous sommes une commune rurale, donc nous sommes très limités en matière de sources de revenus.
Tout comme dans les autres communes, dans la commune rurale de Falmey, nous rencontrons beaucoup de difficultés dans le recouvrement des taxes municipales. Nos populations sont de plus en plus hostiles à ces taxes. Souvent c'est dû aux pratiques des politiciens. Mais le plus souvent, ce sont des gens riches qui font la promesse de payer l'entièreté des taxes d'un village sur un certain nombre d'années et ne tiennent pas parole. Ils disent aux villageois qu'ils vont payer les impôts du village jusqu'à la fin de leurs mandats ou même jusqu'à la fin de leur vie sur terre. Les arriérés vont s'accumuler jusqu'à arriver à un niveau où la personne ne pourra pas payer. C'est à ce stade qu'elle décide de se désengager et la population ne pourra plus payer. Nous avons des villages qui accumulent 3 à 5 ans d'arriérés d'impôts tout simplement parce que des gens ont fait des promesses et n'ont pas tenu parole.

Y a t-il, Monsieur le Maire, des projets gouvernementaux et non gouvernementaux qui interviennent dans votre commune?
Dieu merci! Nous avons plusieurs partenaires qui nous accompagnent dans notre travail. La Coopération Luxembourgeoise nous accompagne dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'environnement. Nous avons aussi la coopération suisse qui nous accompagne dans les domaines de l'agriculture, de l'environnement, de l'éducation et même de l'équipement, tel que le désenclavement de certaines zones à travers la réalisation de pistes rurales. La GIZ nous appuie dans la coopération transfrontalière avec le Bénin et dans la transhumance.
La cellule crise alimentaire nous accompagne dans le domaine de l'agriculture et de l'alimentation. Nous avons des fédérations comme la fédération des unions des groupements des exploitants de riz (FUCOPRI), la fédération FNEN DADDO qui intervient dans le secteur de l'élevage et de la prévention des conflits, la fédération MORIBAN qui intervient dans les secteurs de l'agriculture, de l'élevage et du social. En plus de ces partenaires cités, il existe plusieurs autres qui nous appuient dans le domaine du développement socio-économique.

Il y a déjà quelque temps, le Gouvernement du Niger a décidé du transfert de quatre compétences vers les communes. Il s'agit de l'agriculture, de l'élevage, de l'hydraulique et de l'éducation. Peut-on dire que le transfert de compétences dans ces secteurs est effectif ?
C'est vrai que les autorités essayent d'accélérer le transfert de compétences dans ces quatre domaines. Dans un premier temps, nous avons été informés et sensibilisés par l'association des maires du Niger (AMN). Ensuite, nous avons été approchés, sensibilisé et formé par plusieurs partenaires de l'État qui voulaient renforcer les capacités des structures impliquées dans ces transferts de compétences, c'est à dire les services techniques concernés, les mairies, les préfets, etc. Tout dernièrement à la 7ème journée des communes du Niger à Agadez, le Premier Ministre, accompagné des ministres concernés, nous a expliqué en profondeur les tenants et aboutissants des transferts de compétences. En hydraulique par exemple, le transfert de compétences a été effectif avant tous les autres services. Il y a huit ans déjà que la gestion des points et des adductions d'eau a été transférées aux communes. Jusqu'à ce jour, nous sommes en collaboration avec les services techniques dans le secteur de l'hydraulique mais en réalité c'est nous qui gérons.
Le transfert de compétences dans le secteur de l'éducation devait commencer il y a de cela un ou deux ans. Le ministre de l'éducation a assuré que cette année, le transfert sera effectif, avec notamment la gestion des contractuels. A partir d'octobre donc, il reviendra à la commune de s'occuper de tout ce qui est école primaire et formation de base. Même la signature des contrats doit se faire à la mairie. C'est donc la mairie, en collaboration avec les services techniques de l'éducation, qui va assurer les prestations d'accueil et de mise en route des enseignants et enseignantes.

Votre mot de la fin ?
Je vous ai déjà parlé de notre principal problème qui est le recouvrement de la taxe municipale. Les populations doivent tout faire pour payer eux-mêmes les taxes. C'est vrai que nous avons l'État et les partenaires qui nous accompagnent. Mais la viabilité même d'une commune dépend de sa capacité à mobiliser ses propres ressources. Avec la garantie de la disponibilité de ces ressources, on peut investir dans n'importe quel projet. D'où mon appel aux populations des communes pour qu'elles s'acquittent des taxes municipales. Du côté des autorités, nous souhaitons que la bonne collaboration qui existe entre nous perdure à travers le travail minutieux de ces services techniques qui nous appuient nuit et jour en conseils. Une façon pour moi de relever ici la disponibilité et le professionnalisme dont ces services techniques font montre à notre égard.

Réalisé par Souleymane Yahaya (Stagiaire)

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AG/ONU

Editorial

Editorial : Chapeau Nigelec !

lundi 10 septembre 2018

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