Le Sahel

pub_bann
A+ A A-

Gastronomie ivoirienne : «Garba», une recette qui porte la marque du Niger

Attik-poisson-3« L'Attiéké, semoule de manioc produite en Côte d'Ivoire, sera désormais une marque déposée. Le Conseil des ministres a adopté, ce mercredi 03 août 2016, une communication en vue d'assurer une protection juridique international de l'Attiéké et de son mode de production. Le mot attiéké est une déformation du mot ''adjèkè'' de la langue Ebrié parlée dans le sud de la Côte d'Ivoire » : cette information, confirmée il y a quelques jours a suscité le reportage de Sani Soulé Manzo, notre envoyé spécial à Abidjan où il séjournait quelques jours plutôt.
L'Attiéké est en effet une semoule à base de manioc qui entre pour beaucoup dans l'alimentation des Ivoiriens. Préparée à la vapeur et assaisonnée de poisson frit ou braisé ainsi que de condiments comme l'huile, l'oignon, le piment frais, la tomate fraiche et le sel, cette semoule constitue l'un des mets les plus accessibles aux Ivoiriens moyens pour leur alimentation quotidienne. Mais, elle devient rare et donc plus cher que d'habitude. En partie parce qu'elle est exportée dans la sous-région ouest-africaine certes mais aussi en Amérique et en Europe. Par tonnes entières !
Cette « protection » s'étend-elle au « Garba » ? En attendant d'être amplement informé sur la question, il convient de savoir que nous avons posé beaucoup de questions au sujet du ''Garba''. Mais, qu'est-ce que c'est donc que le «Garba » ? Très prisé dans les classes supérieures ou plus aisées de la société ivoirienne, le « Garba » est une variété d'attiéké qui est composée, outre des condiments cités plus haut, de poisson thon précisément.
Qui mieux est, il s'agirait d'une spécialité – tenez-vous bien - nigérienne. Un certain Garba, nom courant au Niger, serait l'inventeur de cette recette culinaire.Attik-2 Selon M. Koné Seydou, reporter au journal « Le sursaut » d'Abidjan, « c'est à partir de 1990 que le ''Garba'' s'est imposé dans l'alimentation des Ivoiriens. Un autre Nigérien du nom de Harouna avait ouvert un restaurant spécialisé au quartier Anomabo dans la Commune de Marcory. Or, ce restaurant était fréquenté par le chanteur Asalfo et son groupe ''Magic System'' révélés par le tube « Premier Gaou » et que Harouna aidaient dans leurs années de vaches maigres. Lorsque Asalfo et le ''Magic system'' devinrent célèbres, ils permirent à Harouna d'agrandir son restaurant et d'attirer une clientèle plus huppée ».
MM. Rémi Coulibaly et
Cheikina Salif, tous deux journalistes au quotidien progouvernemental « Fraternité Matin » assurent que, «aujourd'hui, le ''Garba'' est souvent demandé 24 heures sur 24 par la clientèle dans beaucoup de restaurants d'Abidjan». Quel succès, n'est-ce pas ?
A défaut d'aller chez Harouna au quartier Anomabo dans la Commune de Marcory, nous avons fait le tour de nombreux restaurants d'Abidjan pour en faire le constat.
 S'il est vrai qu'à l'hôtel de grand standing où nous étions logés, au très coûteux quartier Plateau d'Abidjan, nous n'avons même pas osé demander du ''Garba'', il nous a été loisible de lire les cartes de menu des restaurants de quartiers périphériques.
Mais, quel parcours d'obstacles pour y arriver ! Les six journalistes du Burkina Faso, du Cameroun, du Congo-Brazzaville, du Congo-Kinsasha, du Niger et du Sénégal qui étions invités en Côte d'Ivoire sommes obligés d'affréter deux taxis de couleur orange pour trouver un restau aux prix abordables. Le coût de la course, même en négociant les taximen pour qu'ils ne mettent pas leur compteur en marche, s'élève entre 1.500 et 3.000 francs CFA en aller simple et selon la destination.
Ce premier obstacle levé et nous trouvant sans guide local, ce sont la Burkinabé et le Nigérien - qui connaissent déjà la capitale ivoirienne - qui prennent la direction des opérations. La première soirée (dimanche 24 juillet 2016), nous mettons vers 19 heures le cap sur le célèbre restaurant «Chez Ambroise », sis dans la Commune de Marcory. Il s'agit d'un vaste espace à ciel ouvert planté de quelques hangars en toile et de parasols sous lesquels sont disposés des chaises et des tables basses ou hautes sur pied.
Entre des musiciens et des vendeurs d'objet d'art ou d'habits traditionnels qui proposent leurs services, la maîtresse de céans, débordée, prend les commandes. Le service est tellement lent et confus qu'on avait hâte de quitter les lieux...
Le lendemain lundi 25 juillet, nous allons déjeuner au quartier Angré de la Commune Deux-Plateaux. On y propose un assortiment de ''alloco''
(bananes plantains frites), de Attiéké, de ''foutou'' (pâte jaune et sucrée de bananes en forme de boule) assaisonnée de piment et accompagnée de soupe de bœuf ou de poisson, etc. Il y avait même du « tchepguène » que même notre consœur sénégalaise Oumy Régina Sambou refusa de commander après avoir posé des questions précises...Ah ! On allait oublier le fameux ''kédjénou'', une recette de ragout d'escargots ou de poulet fortement épicée mais repoussée par notre groupe.
Le soir, retour dans la Commune Deux Plateaux pour le dîner. Au restau qui nous avait été recommandé par un confrère ivoirien, on trouve des serveuses désœuvrées car sans client à servir et sans grand choix de menus à proposer... On prit juste un pot dans le restau Bill Fast d'à côté qui était tout aussi désert.
Le lendemain mardi, on se fit servir sous une fine pluie, à la Maison de la presse ivoirienne - située dans la Commune de Cocody, dans une villa à étage du défunt Président-Général Robert Gueï – un déjeuner des plus simples. La nuit, retour «Chez Ambroise » où nous attend le même spectacle que dimanche.
Pour changer, le mercredi 27 juillet, sur invitation de M. Thierry Dia, patron de la galerie d'art Houkami d'Abidjan, une partie d'entre nous déjeune à la bonne franquette dans un restau de la Riviera, en compagnie de confrères ivoiriens, le reste du groupe s'étant dirigé ailleurs... Mais, toujours pas de « Garba » à l'horizon !
La nuit de mercredi, cap sur la Commune de Treichville. On prend place chez un boucher dont la viande grillée de mouton ne convient pas à notre consœur Christine Sawadogo. On traverse alors la rue pour nous installer en face de la boîte de nuit « Kawait night club » où l'on nous sert, sur commande, du riz avec poulets grillés, des brochettes de langue et de rognon accompagnées de pain, etc.
Enfin, le jeudi 28 juillet, tous se restaurent dans un complexe de HLM appelé « 80 logements » avant d'aller au marché de la Commune de Adjamé, au gré des emplettes qu'on est allé y faire. Et, la nuit, après avoir dégusté des petits fours, de champagne et autres eaux de vie ou minérales lors d'une réception offerte par Mme Simone Louis Guirandou dans sa résidence de Cocody collée à la galerie du même nom, notre groupe se scinda en deux. Le premier retourna, sur recommandations expresses de quelques amis et confrères ivoiriens, à Treichville dans un restau spécialisé dans le poisson ... sole. C'était hors de prix pour nos maigres bourses ! Et, fissa, nous rejoignîmes l'autre partie du groupe à l'«Allocodrome » de la Commune de Cocody, sis face à CoqIvoire.
Comme son nom l'indique, ce lieu est le paradis de l'Alloco. Mais, il n'y a pas que ça. Les convives attablés sur des meubles métalliques ou en plastique dressés et serrés dans ce grand espace ouvert, envahi par la fumée des cuisines et des cigarettes, sont assaillis par une horde de serveuses. Ces serveuses proposent de l'Alloco certes mais aussi des plats d'attiéké et de riz assaisonnés de sauces de poulets et de carpes.
Mais, quel embrouillamini ! Ces serveuses n'appartenant pas toutes aux mêmes restauratrices et restaurateurs, les additions pleuvent de partout sur les clients qui, embrouillés et énervés, paient le même service deux ou trois fois en une soirée arrosée ou non.
Fatiguée de ce lamentable spectacle, une partie de notre groupe se retranche à la résidence universitaire de la Riviera 2. Là, en l'absence des étudiants ayant fui le campus et précisément dans le lieudit «Huis clos » fréquenté par Rémi Coulibaly du journal «Frat-mat » et ses amis artistes, imprésarios et autres, nous terminâmes la soirée en beauté...
Comme on le voit, sauf à demander du « Garba » aux restaurateurs d'Abidjan, nul ou presque ne vous en propose le plat. Serait-ce du « Garba » qu'on a vu emballer dans du papier alu et emporter de quelques restaus qu'on a visités ? En tout cas, lorsque votre serviteur a commandé du «Garba », Melle Touré, l'assistante-comptable de l'ASCAD, lui avait dit : « tu verras : à montant ou prix égal, la part d'attiéké est plus grande que celle du ''Garba'' ». Et nous avons vu !
Reste une question centrale : après que le Sénégal ait déposé ou tenté de faire accepter l'oignon « violet de Galmi » comme une marque déposée sénégalaise et avant que le Burkina Faso envisage d'en faire autant avec notre « Kilichi» national ou l'oignon de Gothèye, les pouvoirs publics doivent prendre les devants pour préserver le Niger et ses brillants « inventeurs » de toutes mauvaises surprises.

Soulé Manzo, Envoyé spécial à Abidjan
www.lesahel.org

Culture

Rétrospective 2016/ Secteur de la Culture : La Renaissance culturelle en marche

Rétrospective 2016/ Secteur de la Culture : La Renaissance culturelle en marche

Année électorale, 2016 a surtout brillé, au plan culturel, par trois actes majeurs : le choix du Président de la République, Chef de l'Etat, de « Promouvoir la renaissance culturelle » au rang de premier « axe prioritaire » de son second mandat (2016-2021), sa décision de dédier un ministère plein à cette Renaissance culturelle et à la Modernisation sociale et la déclinaison de cette volonté politique dans la Déclaration de Politique Gé...

Mission du ministre de la renaissance culturelle dans la région de Dosso : Identifier les sites historiques pour leur re…

Mission du ministre de la renaissance culturelle dans la région de Dosso : Identifier les sites historiques pour leur revalorisation

Après avoir pris part à la 38ème édition du sabre national tenue à Tahoua, le ministre de la Renaissance Culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale, Porte-parole du gouvernement M. Assoumana Malam Issa a effectué une visite de travail dans les régions de Tahoua et Dosso. L'objectif de ce déplacement et d'identifier les sites historiques de ces deux régions.Dans la région de Dosso, la délégation ministérielle s'est rendue à Loug...

Arts et culture : Portrait de Ibrahim Abdou dit Bagobiri, artiste chanteur

Arts et culture : Portrait de Ibrahim Abdou dit Bagobiri, artiste chanteur

Rien ne prédestinait Ibrahim Abdou à devenir chanteur. Né il y a environ 51 ans à Dangouna (village situé à dix kilomètres de Dan Daji dans le département d'Illéla, région de Tahoua), il vint à Niamey où, faute de mieux, il intégra la Samaria de Banizoumbou dans laquelle il joua trois ballets et effectuera ses toutes premières tournées à Ouallam et Téra dans l'actuelle région de Tillabéri. C'était sous le régime militaire de feu le Géné...

Dosso/Culture : Haoua Capochichi, artiste et enseignante

Dosso/Culture : Haoua Capochichi, artiste et enseignante

Issue d'une famille d'artistes, Janette Haoua Capochichi est arrivée dans la musique dans les années 1999 avec l'appui de son grand frère Roger le moine, lui-même artiste musicien. Elle rejoindra par la suite le groupe Toubal où elle apprit à faire le chœur avec feu Dargné Gadeyzé.Ayant acquis assez d'expériences, cette jeune femme de 36 ans fit sortir en 2001 son premier album intitulé Sodjaï Wandiya autrement dit la copine des militai...

Interview de notre compatriote Amadou Ousmane, auteur du livre ''Notre ami Kérékou'' : ''Afin que l'Histoire n'oublie pa…

Interview de notre compatriote Amadou Ousmane, auteur du livre ''Notre ami Kérékou'' : ''Afin que l'Histoire n'oublie pas Kérékou...''

M. Amadou Ousmane, vous êtes un écrivain bien connu au Niger, mais presque pas au Bénin. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?Je suis un fonctionnaire des Nations Unies à la retraite. J'ai servi 10 ans dans les missions de paix des Nations Unies au Burundi, comme Chef de l'Information et Porte-parole. J'ai aussi servi comme Chargé de Communication au National Democratic Institute (NDI) à Niamey et à Bujumbura. Avant cela, dans mon...

Agadez /Soirées culturelles d'Agadez Sokni : La jeunesse nigérienne en redemande

Agadez /Soirées culturelles d'Agadez Sokni : La jeunesse nigérienne en redemande

Dans toutes les festivités commémoratives, les soirées culturelles ont toujours été des moments privilégiés pour réconcilier la jeunesse nigérienne avec sa culture. Agadez Sokni n'a pas dérogé à cette règle. Les nuits culturelles ont attiré et conquis un public majoritairement juvénile assoiffé de spectacles. Quant aux artistes musiciens d'Agadez comme ceux venus des 4 coins du Niger, ils ont donné le meilleur d'eux-mêmes.Les groupes mu...

Exposition à la bibliothèque de la faculté des Lettres et des Sciences Humaines (FLSH) de l'Université Abdou Moumouni de…

Exposition à la bibliothèque de la faculté des Lettres et des Sciences Humaines (FLSH) de l'Université Abdou Moumouni de Niamey (UAM) : Dialogue culturel sur l'œuvre de Miguel Cervantès

Dans le cadre de la commémoration du 4ème centenaire de l'écrivain espagnol, Miguel de Cervantes, une initiative culturelle de l'Espagne à l'étranger en 2016 à travers des expositions des dessins a été lancée au niveau des ambassades au Niger, au Mali et en Guinée, qui sont les trois pays unis par le fleuve Niger pour faire connaître davantage la figure universelle de Don Quichotte. A Niamey, la cérémonie d'ouverture de l'exposition s'e...

Soirée d'enregistrement en direct de l'émission ''Couleurs Tropicales'' sur la radio RFI : Les talents musicaux du Niger…

Soirée d'enregistrement en direct de l'émission ''Couleurs Tropicales'' sur la radio RFI : Les talents musicaux du Niger à l'honneur sur RFI

Après la région de Dosso, c'était au tour de la région de Niamey d'accueillir vendredi dernier, au palais des congrès, la soirée d'enregistrement en direct sur la radio RFI de l'émission ''Couleurs Tropicales''. Cette soirée s'est déroulée en collaboration avec le gouvernement du Niger, l'Assemblée Nationale, et le Ministère de la Renaissance Culturelle des Arts et de la Modernisation Sociale. Aussi, plusieurs sponsors dont l'Office Nat...

10ème édition du Festival International de la Mode Africaine (FIMA) : «Education, industrie pour une Afrique de métissag…

10ème édition du Festival International de la Mode Africaine (FIMA) : «Education, industrie pour une Afrique de métissage et de paix», thème de cette édition

Le ministre de la Renaissance Culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale M. Assoumana Malam Issa a présidé, le vendredi 16 décembre dernier, à l'Arène des jeux traditionnels d'Agadez, la cérémonie de lancement de la 10ème édition du Festival International de la Mode Africaine (FIMA) 2016. Un concours Top-modèle et un concours du meilleur artisan ont été organisés en prélude à cette édition. De même le meilleur bijoutier et le m...

Le département de Tchirozérine : La troupe culturelle ''Albichir'', une fierté nationale

Le département de Tchirozérine : La troupe culturelle ''Albichir'', une fierté nationale

Après la Société Nigérienne de Charbon (SONICHAR), le nom de Tchirozérine est intimement lié à celui de la célèbre troupe culturelle de chants et danse ''Albichir''. Quel est en effet cet être normal dont le corps et l'esprit n'ont vibré aux mélodies langoureuses et cadensés de ces jeunes et splendides filles de cette contrée de l'Aïr qu'est Tchiro, dont le sous-sol est couvert de gisements de charbon, d'étain et du métal jaune qu'est l...

AG/ONU

Editorial

Editorial : Pari gagné !

lundi 9 janvier 2017

Editorial : Pari gagné !

L'invité de Sahel dimanche

Audiences

Dossier

Mise en œuvre de la réforme du guichet unique auto…

Mise en œuvre de la réforme du guichet unique automobile au Niger : En finir avec les faux documents et leur corollaire de pertes énormes des recettes de l'Etat

Dans le cadre de la modernisation de l'administration des douanes afin d'améliorer ses pre...

jeudi 19 janvier 2017

SONILOGA, égalité des citoyens devant le service p…

SONILOGA, égalité des citoyens devant le service public

« Nous sommes des délégataires, et notre mission est de traduire en acte la reforme sur la...

jeudi 19 janvier 2017

Application du système du guichet unique des autom…

Application du système du guichet unique des automobiles : Complaintes des vendeurs des véhicules d'occasion

Le marché des véhicules d'occasion connait ces derniers temps dans notre pays un boulevers...

jeudi 19 janvier 2017

L'air du temps

Ces feux tricolores ''fantômes''

Ces feux tricolores ''fantômes''

Les feux optiques sont conçus pour jouer un rôle essentiel dans le dispositif de la régula...

jeudi 19 janvier 2017

Newsletter

© Le portail dynamique de l'information au Niger | conception jourdain-informatique.