Le Sahel

pub_bann
A+ A A-

Cinéma nigérien : A quand la vraie relance du cinéma ?


obamaToutes les bonnes histoires commencent par des anecdotes. Celles du cinéma nigérien aussi. Il était une fois, un ingénieur des Ponts et Chaussées nommé Jean Rouch, également ethnologue et philosophe à la fois. ''Moteur ça tourne'' !
Le cinéma nigérien vient de naitre et reconnait sa paternité à ce curieux intellectuel. Lorsqu'il a été affecté au Niger en 1941, il se trouvait qu'il était déjà un cinéaste accompli ayant réalisé plusieurs films. Mais nuance. Ce qui l'intéressait, ce n'était pas de produire des films de fictions que l'on attendait. Cela importe peu à cet homme singulier qui veut explorer une technique d'écriture cinématographique .Celle de tourner directement le réel et d'en transmettre la vérité. Ce qui fait de lui un adepte, voire un précurseur, du cinéma direct ; un courant né aux Etats unis vers 1958. Ses premiers films sont déjà évocateurs : ''Au pays des mages noirs'' en 1947 et ''Les magiciens de Wanzarbé'' en 1947. C'est donc toute cette expérience qu'il mettra au service du Niger encore sous la colonisation. Sa rencontre avec Oumarou Ganda, un jeune nigérien démobilisé en quête de travail, sera déterminante et prometteuse d'espoir. De fait, elle est perçue comme le clap de début. Acteur vedette de Jean Rouch dans ''Moi un noir'' (1957), puis assistant réalisateur, Oumarou Ganda sera le premier grand réalisateur nigérien de films de fiction.
Mais, en vérité, c'est avec Moustapha Alassane que le cinéma nigérien connaitra son baptême de feu. En 1966 il obtient le Prix de dessin au 1er Festival mondial des Arts nègres à Dakar, avec la ''Mort de Gandji''. Et comme Oumarou Ganda, Moustapha Alassane est un petit de Jean Rouch. C'est avec lui que ce bon mécanicien découvre les techniques du cinéma, notamment dans le tournage du film ''Petit à Petit'' réalisé en 1971. Les deux hommes étaient si liés que le destin a voulu que Jean Rouch meurt accidentellement en 2004 dans la voiture que conduisait Moustapha Alassane sur la route de Tahoua.
Maitre incontesté du dessin animé au Niger, Moustapha Alassane est le cinéaste qui a la plus volumineuse filmographie. Il capitalise plus d'une dizaine de films dont 5, produits en court métrage, sont réalisés avant 1970, année qui coïncide par ailleurs avec la vraie entrée en scène du cinéaste Oumarou Ganda.
''La bague du roi Koda'' et ''Aouré'' en 1962, ''Le retour d'un aventurier'' et ''Bon voyage Slim'' en 1966.
Aux côtés de ces deux grands dinosaures, gravitaient d'autres jeunes talents comme Inoussa Ousseini, auteur de plusieurs courts métrages dont la ''Sangsue'' en 1970 et ''Paris c'est joli'' en 1974. Il faut noter que cet intellectuel ambassadeur, délégué permanent du Niger à l'UNESCO, disciple de Moustapha Alassane, a dirigé le CIDC, le consortium panafricain du cinéma, dont le siège se trouvait à Ouagadougou. Parmi les jeunes talents de l'époque, il y avait aussi Moustapha Diop. De 1979 à 1984, il était réalisateur à la Télévision Nationale (ORTN), avant son premier film ''Synapse'' en 1974, et en 1981, il tourne ''La tomate'' avec Isabelle Calin.
1982 marque un tournant: il réalise un long métrage, ''Le médecin de Gafiré'', avec lequel il obtient plusieurs prix dont le "Grand Prix de l'ACCT" à Carthage en 1984. Zalika Souley, considérée comme la première actrice professionnelle d'Afrique de l'Ouest est tout aussi importante que les cinéastes cités plus haut. En effet, elle a joué dans plusieurs films et son apport à la grandeur du cinéma nigérien est inestimable. Puis il y a les autres ...Moussa Alzouma, Mamane Bakabé, Yaya Kosago. Il faut dire que le monde des cinéastes nigériens n'était pas nombreux si on excluait les techniciens de la caméra et consorts.
Grâce à ces cinéastes, notre pays a enregistré des succès importants sur la scène africaine et mondiale, le classant au 2ème rang après le Sénégal. Dès qu'une manifestation cinématographique se déroulait en Afrique, le nom du Niger est cité en exemple. Ainsi plusieurs distinctions et grands prix internationaux ont été décernés aux cinéastes nigériens dont le prix de dessin au premier Festival mondial des Arts Nègres à Dakar en 1966 avec la ''Mort de Gandji''. Avec Oumarou Ganda, ''Cabascabo'' sera le premier film africain sélectionné au Festival cinématographique de Cannes (France 1969) et il va également obtenir le prix du grand jury au festival de Moscou (URSS), la même année.
Le 12 mars 1972 Oumarou Ganda obtient le premier Grand prix Étalon de Yennega au 3ème festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (FESPACO), pour son moyen métrage ''Wazzou polygame''.
En 1979, Gatta Abdourahamane est distingué ''caméra d'or'' au FESPACO pour le film ''Gossi'', initiation sonantché. La même année, il est lauréat du scénario pour ''La Case'' vision habitat UNESCO à Nairobi au Kenya. En 1990, l'actrice Zalika Souley reçoit les ''insignes du mérite culturel'' de la Tunisie, en marge des 13èmes journées cinématographiques de Carthage.

Les tentatives de relance du 7ème art
Toutes les bonnes choses, à l'évidence, ont une fin. Après la mort d'Oumarou Ganda en 1981, le régime du feu Président Seyni Kountché ayant senti le plongeon du cinéma, avait rencontré les cinéastes (dont Sembène Ousmane) venus présenter leurs condoléances à la famille du disparu. C'est peut-être de cette rencontre qu'est née la semaine Oumarou Ganda. Elle devrait servir de ''petit Fespaco'', maintenir l'enthousiasme au sein du monde des cinéastes et galvaniser leurs talents.
L'Association des cinéastes nigériens elle-même a pris conscience qu'il faut revigorer le 7ème art nigérien dont les succès s'amenuisaient. On parlait alors, à l'époque, de coma ou de léthargie du cinéma.
C'est dans ce contexte qu'un jeune inconnu du métier se pose en sauveur. Il s'appelle Ousmane Ilbo Mahamane. En 1994 il lance les RECAN (Rencontres du Cinéma Africain de Niamey). De par sa combativité, son allant et sa passion, il rappelle étrangement Oumarou Ganda. Pour ce jeune garçon aux idées lumineuses, ''les RECAN visent à créer les conditions multiformes pour le développement du cinéma au Niger. Ni festival, ni compétition, les RECAN sont une biennale qui a pour objectifs spécifiques de faire découvrir, à l'ensemble des acteurs de la chaîne cinématographique, les formes du jeune cinéma, de faire découvrir au public les aspects du cinéma sur le plan esthétique, historique, technique, économique; de former, d'informer et de sensibiliser les populations, les jeunes en particulier, à travers des thèmes propres à chaque édition.''
La première édition a été un test préparatoire. La seconde a été une réussite exemplaire. Autant que la 5ème de 2006. Le public nigérien commence à y croire. Mais les cinéastes nigériens n'y étaient pas.
Avant de sombrer, les RECAN constituaient l'une des plus importantes manifestations culturelles et cinématographiques du Niger. Elles ont mobilisé des cinéastes d'Afrique et d'Europe, des journalistes et hommes de culture, etc. Bref, plus de 70 films ont été présentés à travers les RECAN. C'est l'une des rares fois qu'une initiative privée dans le domaine est inscrite au marbre. Malgré toutes ces tentatives de relance on se rend à l'évidence que le compte n'y est pas. La fin du calvaire n'est peut-être pas pour demain.

O. ALI(onep)

Culture

Amadou Younsa Hamani alias '' Force morale'', artiste rappeur : Une nouvelle voix dans l'univers musical nigérien

Amadou Younsa Hamani alias '' Force morale'', artiste rappeur : Une nouvelle voix dans l'univers musical nigérien

«Force morale » fait de plus en plus parler de lui à travers l'un de ses titres phares : ''s'amuser'' ; il gagne en audience car, sur scène, il séduit les mélomanes par sa voix mélodieuse et l'originalité qui caractérise ses morceaux. Son objectif : montrer à la face du monde qu'avec la musique, un pays peut se développer.Amadou Younsa Hamani alias '' Force morale'' est étudiant en troisième (3ème) année de gestion à l'Université Abdou ...

Interview de Mme Aminata Sanou, directrice artistique de la Compagnie Aminata Sanou-Tamadia International et du festival…

Interview de Mme Aminata Sanou, directrice artistique de la Compagnie Aminata Sanou-Tamadia International et du festival Tamadi'Arts : ''Le festival Tamadi'Arts est un cadre de rencontres et d'échanges entre des artistes professionnels venus des quat

Danseuse chorégraphe d'origine burkinabè, Aminata Sanou est la directrice artistique de la Compagnie Aminata Sanou-Tamadia International, qui a initié le Festival Tamadi'Arts qui se tient depuis 2012 à Carvin dans la région Haut de France. Ce festival, qui est un cadre de brassage, vise la promotion de des cultures africaine, afro-brésilienne et afro-contemporaine, de la culture tout court à travers notamment la musique, la danse, le th...

Entretien avec le comédien, et acteur burkinabè, M. Gustave Sorgo : «Il ne suffit pas de prendre un caméscope pour deven…

Entretien avec le comédien, et acteur burkinabè, M. Gustave Sorgo : «Il ne suffit pas de prendre un caméscope pour devenir cinéaste, il y a une didactique cinématographique qu'il faut connaitre», déclare Gustave Sorgo

Rien ne semblait prédisposer Sorgo Dak Jean Gustave, qui était d'abord enseignant puis employé de banque à la carrière de comédien et d'acteur, à part le désir qu'il a toujours eu de faire rire les autres, depuis l'école primaire quand il jouait dans des sketches. Appelé « Tonton Gaoussou », par les uns, « Sidiki », par les autres, Gustave Sorgo a fait du théâtre dans sa jeunesse. Mais c'est la rencontre en 1979 avec le réalisateur de r...

Vernissage du livre '' La Croix d'Agadès'' ou TENEGHL'T : TENEGHL'T, une identité culturelle nigérienne confirmée

Vernissage du livre '' La Croix d'Agadès'' ou TENEGHL'T : TENEGHL'T, une identité culturelle nigérienne confirmée

Le ministre de la Renaissance Culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale, Porte-parole du Gouvernement, M. Assoumana Mallam Issa, a présidé, jeudi dernier, au Musée National Boubou Hama, la cérémonie officielle du vernissage du livre de Thiamidi Babou Magha, intitulé ''La Croix d'Agadès'' ou TENEGHL'T, symbolisme et fonctions sociopolitiques.Dans ce livre, l'auteur montre le rôle sociopolitique de cette croix, ses fonctions et ...

Zin'naariâ ! L'alliance d'or de Rahmatou Keita, au Fespaco 2017 : Le film qui a séduit par la qualité de ses images

Zin'naariâ ! L'alliance d'or de Rahmatou Keita, au Fespaco 2017 : Le film qui a séduit par la qualité de ses images

En course pour l'étalon d'or de Yennenga au 25ème Fespaco, Zin'naariâ! (l'alliance d'or), le long métrage de la réalisatrice nigérienne Rahmatou Keita a décroché le trophée et le prix de la meilleure image.Zin'naariâ ! (l'alliance d'or) est un film du genre romantique d'une durée de 92 mn sorti en 2016. Sa première projection au 25ème Fespaco a eu lieu le 2 mars au "Ciné Burkina" de Ouagadougou. Dès la première scène, l'une des apprécia...

Cérémonie de clôture de la 25ème édition du FESPACO à Ouagadougou : «Félicité» du Sénégalais Alain Gomis remporte l'Etal…

Cérémonie de clôture de la 25ème édition du FESPACO à Ouagadougou : «Félicité» du Sénégalais Alain Gomis remporte l'Etalon d'or de Yénnega

Après dix jours et autant de nuits de projection de films courts et longs métrages, de séries télévisées, de films documentaires, et films d'écoles africaines de cinéma, et de panorama longs métrages fiction et documentaires, les écrans de la 25ème édition du Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou se sont refermés, le 4 mars dernier au Palais des sports de Ouaga 2000, avec une cérémonie de clôture grandiose à ...

Alain Gomis, la confirmation d'un talent avec «Félicité»

Alain Gomis, la confirmation d'un talent avec «Félicité»

C'était le moment tant attendu du Fespaco, celui des palmarès avec la remise du prestigieux trophée, l'étalon d'or de Yennenga remporté cette année par le réalisateur sénégalais Alain Gomis avec « Félicité », un film d'une durée de 120mn sorti en 2016.Sans grande surprise l'étalon d'or de la 25ème édition du Fespaco a été remporté par le réalisateur sénégalais Alain Gomis avec son long métrage « Félicité ». Le succès remporté à Berlin p...

Projection de la série télévisée nigérienne en compétition au 25ème Fespaco à Ouagadougou : Baptême du feu pour " D…

Projection de la série télévisée nigérienne en compétition au 25ème Fespaco à Ouagadougou : Baptême du feu pour " Délou"

Sortie, le 3 décembre 2016, la série télévisée "Délou" du réalisateur nigérien Souleymane Mahamane, a été sélectionnée pour la compétition officielle au 25ème Fespaco. Le film d'une cinquantaine d'épisodes qui retrace le cheminement d'une femme décidée à devenir présidente, pour mettre fin à l'injustice, dont elle et ses concitoyens sont victimes, a été projeté le 26 février 2017 dans la salle « CBC » de Ouaga. Mais, seulement les trois...

Ouverture officielle de la 25ème édition du Fespaco : C'est parti pour la course à l'étalon d'or de Yennega

Ouverture officielle de la 25ème édition du Fespaco : C'est parti pour la course à l'étalon d'or de Yennega

Le Clap d'ouverture de la 25ème édition du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (Fespaco) a été donné par le président du Faso, Sem Roch Marc Christian Kaboré dans l'après-midi du 25 février au stade municipal de Ouagadougou. Placé sous le thème "Formation et métiers du cinéma et de l'audiovisuel'', l'édition 2017 du festival met à l'honneur la Côte d'Ivoire, pays invité d'honneur. Ce pays qui marque sa prés...

Portrait d'Artiste : Hassane Boukary, artiste engagé pour la promotion de la paix

Portrait d'Artiste : Hassane Boukary, artiste engagé pour la promotion de la paix

Habillé d'un costume traditionnel nigérien, l'artiste tenait entre ses mains une canne en bronze en forme de vipère. Souriant et très ouvert, Hassane Boukary surnommé « Nounou » est auteur compositeur. Il avait débuté le métier d'artiste depuis son jeune âge. « J'ai embrassé la musique par amour, je ne l'ai pas hérité. Aucun membre de ma famille n'est chanteur », a-t-il déclaré. Selon lui, à travers la musique, il pense apporter sa cont...

AG/ONU

Editorial

L'invité de Sahel dimanche

Audiences

Dossier

Préparatifs du mois béni de Ramadan : Disponibilit…

Préparatifs du mois béni de Ramadan : Disponibilité des céréales à Katako pour couvrir les besoins des populations

A quelques heures du début du mois béni de Ramadan, les prix des céréales tels que le mil,...

jeudi 25 mai 2017

Les syndicats des commerçants rassurent les consom…

Les syndicats des commerçants rassurent les consommateurs de la stabilité des prix du sucre

A l'approche du mois béni de Ramadan, la revue à la hausse des prix des produits de grande...

jeudi 25 mai 2017

La hausse des prix de certains produits commence à…

La hausse des prix de certains produits commence à se faire sentir

La vente des produits de première nécessité est une activité pratiquée par nombre de Nigér...

jeudi 25 mai 2017

L'air du temps

Sucre de ramadan : solidarité à grande échelle

Sucre de ramadan : solidarité à grande échelle

En cette veille du mois béni du Ramadan, tous les chemins mènent aux magasins de vente de ...

jeudi 25 mai 2017

Newsletter

© Le portail dynamique de l'information au Niger | conception jourdain-informatique.