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Visite au mausolée de l'Imâm Ridha ou Rezâ à Mashhad : Héritage spirituel et architectural de l'histoire iranienne

Dossier2 e-imam-rezaL'Iran abonde de lieux de pèlerinage, non seulement musulmans, mais également chrétiens, juifs, zoroastriens ou autres. Mais le lieu le plus important de "visite pieuse" (ziyârat), tel qu'on l'appelle dans la tradition chiite, demeure le mausolée de l'Imâm Rhida ou Rezâ, huitième des Imâms chiites, dont le martyre à Mashhad en 818 donna son nom au petit bourg où il fut enterré.
La ville de Mashhad, qui compte environ 2.450.000 habitants, abrite donc le tombeau de l'Imâm Ridha ou Reza, l'un des douze imams du shiisme. Pour cette raison, plus de 20 millions de pèlerins viennent chaque année à Mashhad pour la visite à l'Imâm. En raison de sa riche histoire, Le mausolée est inclus dans une enceinte immense comprenant de nombreuses cours intérieures capables de contenir simultanément des dizaines de milliers de personnes. Le sanctuaire est un grand complexe religieux en constante expansion au centre de la ville. Il regroupe des mosquées, des musées, de nombreuses esplanades et salles souterraines. Il semble phagocyté géographiquement et intellectuellement.
Selon le guide Ali, la fondation qui administre le mausolée se nomme l'Astân-e Ghods Razavi. Elle est la plus ancienne fondation de charité en Iran, avec plus de douze siècles d'histoire. L'Astân-e Ghods est chargée de l'administration des biens dédiés à l'Imâm Reza, les vaghfs, et de la gestion du mausolée.
Un groupe de pèlerins descend du bus sous la lumière argentée d'un gigantesque parking creusé en sous-sol. Au-dessus, l'esplanade du sanctuaire dédié à l'imam Reza. Les femmes revêtent le tchador, de préférence noir et très couvrant comme le conseille le saint coran.
Avant d'arriver à l'escalier roulant, il faut passer à la fouille obligatoire des hommes d'un côté, des femmes de l'autre, dans une bousculade extraordinaire à laquelle il est impossible d'échapper. La sécurité est plus importante. Après la fouille, la voie est libre. L'escalier mécanique conduit sur une première esplanade, immense. C'est de loin, avec du recul, que l'on prend la mesure du gigantisme du lieu, de ses multiples coupoles, de son dôme recouvert d'or fin et de son minaret. Ici, l'or en tant que tel est démystifié. Les minarets, les coupoles et plusieurs façades sont fabriqués en or.
Comme tout est bien organisé, il y a également dans cet endroit des véhicules électriques qui transportent d'un point à un autre les personnes âgées ou ceux qui, épuisés après avoir beaucoup circulé pendant des heures, ne peuvent plus mettre un pied devant l'autre. À l'abri des piliers pour échapper aux rayons solaires, certains font la pause déjeuner ou se reposent, d'autres lisent le Coran, environnés d'un brouhaha plutôt une ambiance bon à vivre. Malgré la fatigue, après les multiples circulations à l'intérieur de la mosquée, un groupe de femmes et d'hommes se dirigent vers le « haram-e motahar » (périmètre sacré) composé de cours et de salles aux plafonds ornés de miroirs et de mosaïques, pour atteindre le « zarih », la chambre tombale. Elles doivent jouer des coudes pour s'approcher du tombeau, le toucher, caresser la grille, tout en pleurant abondamment ou psalmodiant des prières.
La pièce où se trouve le tombeau de l'Imâm Reza est toujours occupée par un très grand nombre de pèlerins qui tentent d'en agripper et d'en embrasser la grille. De nombreuses personnes pleurent et prient avec ferveur pour que l'Imâm intercède en leur faveur devant Dieu. La bousculade est particulièrement forte du côté des femmes, plus nombreuses et plus expansives.

Qui était Imam Reza ?

Il est né à Médine en 148/765, plus probablement en 151/768 ou 153/770. Fils du 7ème imam, mort en prison à Bagdad, et d'une esclave, d'origine sans doute nubienne, il hérite de la fonction d'imam. Il vécut sa jeunesse à Médine. Fidèle transmetteur des traditions de son père, il émet des fatwas (des avis de droit) dans la mosquée de la ville et écrit plusieurs petits traités, notamment un texte sur les remèdes et la santé. Il détient des facultés extraordinaires.
Comme pour les autres imams, la littérature chiite lui attribue des miracles et des facultés extraordinaires, tels que la prévision des événements futurs, l'interprétation des rêves, la lecture des pensées de ses interlocuteurs, la connaissance de tous les langages humains et animaux. Il se tenait longtemps, en dehors des affaires politiques. Jusqu'au jour où le calife abbasside Al Ma'moun, désirant initier une politique favorable aux chiites, invite l'imam à venir à Merv, cité du Khorasân, aujourd'hui au Turkménistan. À son arrivée à Merv, le calife propose à Reza de renoncer au califat en sa faveur. L'imam refuse, avant de consentir, avec réticence et sous la pression de ses partisans, à être l'héritier du califat et le successeur d'Al Ma'moun.
En choisissant Reza comme futur calife, Al Ma'moun aurait désiré transmettre la fonction califale à un descendant d'Ali, susceptible de rétablir la concorde parmi des musulmans déchirés depuis la mort du Prophète. Toutefois, le choix d'Al Ma'moun soulève de vives protestations chez les Abbassides et dans les milieux sunnites irakiens. La situation s'aggrava, et l'Imam Rezâ convainquit al-Ma'mun de partir en Irak pour apaiser les troubles. Alors que le calife et sa cour se déplaçaient lentement vers Bagdad, le vizir Fazl bin Sahl, à l'influence duquel certains avaient attribué la politique pro-chiite d'al-Ma'mun, fut assassiné (202/818). Quelques mois plus tard, en 203/818, ce fut l'Imam Rezâ qui tomba malade et mourut dans des conditions troubles, à Tus, une ville aujourd'hui détruite, située à une vingtaine de kilomètres au nord de Mashhad. Selon plusieurs sources, et pour toute la tradition chiite, l'Imam fut assassiné par un jus de grenade ou des raisins empoisonnés, avec le consentement ou même sur ordre du calife.
L'Imam Rezâ fut dès lors considéré comme un martyr, et le calife présenté comme un meurtrier pervers. Ce dernier pleura pourtant la mort de l'Imam et ordonna qu'il soit enterré à côté de son père, le fameux calife Hârun al-Rashîd, mort et enterré en 193/809, dans le village de Sanâbâd, à côté de la localité de Nawqân (Nuqân). De retour à Bagdad en 204/819, alors que l'opposition s'était dissoute par la mort du vizir et de l'Imam Rezâ, al-Ma'mun abandonna sa politique pro-chiite, mais sut, durant son règne, restaurer l'unité d'un empire divisé par des guerres civiles et promouvoir les sciences et la culture.
Il faut noter que, tout au long de l'histoire, de nombreuses personnalités ont été enterrées dans le sanctuaire, à savoir des dignitaires religieux, mais également des figures politiques, des artistes et des poètes, désirant bénéficier de la grâce proche de l'Imam. Au long des siècles, de nombreux pèlerins firent également des dons au sanctuaire, sous forme d'argent, de terrains ou de tout autre bien, destinés à l'entretien du mausolée et à diverses œuvres charitables et caritatives. De nombreux objets donnés par des fidèles sont exposés dans les musées du sanctuaire.
Ces dotations religieuses, ou waqf, données de manière inaliénable par un particulier, devinrent si importantes que, au 5ème et 16ème siècle, une fondation fut créée : l'Âstân-e Qods-e Razavî «le Saint Seuil de l'Imam Rezâ» afin de les gérer.
L'incarnation d'une légitimité religieuse.
« Pour les chiites, la tombe d'un imam, ou la sépulture de l'un de ses descendants, est un lieu privilégié pour entrer en contact avec leur présence spirituelle et, à travers elle, avec Dieu », précise le docteur Ali Bagheri, professeur d'études islamiques à l'université Razavi, à Mashad.
L'imam Reza est d'autant plus populaire qu'il est le seul à être enterré en Iran. Les autres reposent soit en Irak (Ali à Nadjaf, Hussein à Kerbala), soit dans la péninsule arabique, et dans la patrie du chiisme duodécimain.
Seini Seydou Zakaria (ONEP)
19/05/17

Culture

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