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Portrait: Aminata Sanou, née pour être artiste

Aminata Sanou interpretant Le Temps des Griots, de la Cie Aminata Sanou - Tamadia International Aminata Sanou interpretant Le Temps des Griots, de la Cie Aminata Sanou - Tamadia International

Benjamine d'une fratrie de six frères et sœurs dont quatre sont des artistes professionnels, enfant d'un père forgeron, et d'une mère de la lignée des griots, Aminata Sanou était bien disposée à devenir une artiste. À 28 ans, juste du haut de ses 1,60 m, cette danseuse chorégraphe qui a esquissé ses premiers pas dans sa ville natale de Bobo Dioulasso, capitale économique et carrefour culturel du Burkina Faso, est à la conquête de la scène internationale avec la ''compagnie Aminata Sanou-Tamadia International''.
Un produit du moule familiale, Aminata Sanou ! En effet, issue d'une lignée de griots du côté de sa mère Fatoumata Dembélé Watta, et de la caste des forgerons par son père Abdoul Karim Sanou, Aminata a baigné dès sa tendre enfance, dans l'ambiance de l'art. «La danse est venue naturellement à moi, ma maman, ma grand-mère et mon arrière-grand-mère et mes arrières grand parents ont toujours chanté, dansé, joué de la musique. Et ça chantait, jouait et dansait tous les jours chez moi dans la grande famille à Bobo-Dioulasso». C'est tout naturellement que la jeune Aminata s'est laissé entrainer par sa passion, «sa destinée ». «Le jour où je devais passer mon BEPC, j'avais également mon vol pour aller représenter le Burkina Faso à la rencontre international de la capoeira sur l'île de Gorée au Sénégal. Du coup je devais choisir, entre mon diplôme et mon voyage. Sans hésiter je suis allée au Sénégal», ironise Aminata. «Ma mère disait toujours que j'allais être une grande star, que j'allais être connue partout dans le monde grâce à mon métier», rappelle-t-elle. Une mère qu'elle a perdue en 2003, après avoir perdu le père à l'âge de 10 ans. «Avec mes frères nous nous sommes fait la promesse d'y arriver, d'honorer la mémoire de nos parents qui se sont battus corps et âme pour nous» dit-elle. Aminata va mettre de côté le cursus classique de formation en 2005 à partir de la classe de 3ème du collège.


Dans les pas de grands maîtres-danseurs, dont son mentor de grand frère, Aguibou Bougobali Sanou, chorégraphe et directeur d'un grand festival à Bobo Dioulasso, qui est son modèle, Aminata va se former, en capoeira, au théâtre, en technique de danse contemporaine avec aussi des chorégraphes et metteurs en scène de renom tels que : Salia SANOU, Seydou BORO, Serge Aimé COULIBALY, Aguibou Bougobali SANOU, Luc PETTON, Moise TOURE, Farguas ASSANDE. Aussi bien à l'aise avec les rythmes traditionnels sur lesquels elle dansait toute petite déjà lors des cérémonies, Aminata va se révéler aussi s'affirmer en tant que professionnelle de la danse moderne.
À partir de 2011, forte de son expérience et de sa notoriété, elle a décidé de s'émanciper, en créant l'association et la compagnie Aminata Sanou-Tamadia International dans le but de valoriser et de promouvoir les cultures africaines, afro-brésilienne et afro contemporaine autour de la danse, du conte, du théâtre et de la capoeira (danse brésilienne). Etablie à Carvin, dans le nord de la France, Aminata y a trouvé un cadre propice à l'éclosion de son talent, avec la complicité de son mari, Maxime Delobelle, un français, responsable de production dans une usine de métallurgie, mais amoureux de l'art. C'est lui qui préside l'association Tamadia International, dont elle est la directrice artistique, et des rencontres artistiques et culturelles.
En quelques années de carrière, Aminata, mère d'un petit garçon né 2011, a déjà, à son actif, un palmarès assez étoffé. Entre autres, le projet chorégraphique «La vie après la mort», porté par Cie Aminata Sanou en 2015. En 2014, elle a participé à Kalunga de la chorégraphe martiniquaise Agnès DRU. L'artiste a également dansé en 2010 dans «Anhumanus», pièce chorégraphique de son grand frère Aguibou Bougobali Sanou de la Compagnie Tamadia pièce qui a concouru aux 7èmes rencontres chorégraphiques de l'Afrique et de l'Océan Indien, «Danse l'Afrique danse». Entre 2008 et 2010 l'infatigable Aminata prit part à plusieurs spectacles dont «Signes et Sens», une chorégraphie collective entre danseurs et chorégraphes africains et français ; «Instinct acts against violence» un projet qui a eu lieu en Allemagne ; « Elles osent » lors de la 7ème édition du festival «Dialogues de corps ».
Le Festival «Tamadi'Arts» créé en 2012 à Carvin par la danseuse et chorégraphe Aminata Sanou, un festival pluridisciplinaire qui sera déjà à sa 5ème édition en 2016, fait vibrer le public au rythme des cultures de l'Afrique de l'Ouest. Pleine d'ambitions, Aminata n'entend pas dormir sur ses lauriers. «Nous avons beaucoup investi dans le projet de festival Tamadi'Arts et nous faisons tout pour qu'il s'agrandisse de jour en jour, qu'il devienne un jour le plus grand festival pluridisciplinaire qui valorise l'art et les cultures de notre continent, l'Afrique» confie-t-elle.
Les projets professionnels et sociaux foisonnent également. Entre autres, l'artiste a en vue, le projet de construction de bibliothèque audiovisuelle pour le recensement des danses et musique sacrés et profanes du Burkina Faso ; le projet de construction d'une école de danse, etc. «Montrer, sensibiliser et faire découvrir que l'Afrique n'est pas que la guerre, la famine, les maladies bizarres, les coups d'Etats, qu'on montre ici en Europe dans les medias, c'est l'un des projets que nous menons actuellement», répète la fille de Fatoumata Dembele Watta. Une mère dont l'âme peut reposer en paix, car ce qu'elle avait prédit pour sa fille est en train de se réaliser.
Souley Moutari(onep)
www.lesahel.org

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