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Les frais scolaires : Entre surenchère et laisser-aller


SiardjiDepuis plusieurs années, l'on assiste à une prolifération des écoles privées dans tous les cycles et filières d'enseignement. Cette situation s'accompagne malheureusement aussi chaque année d'une certaine flambée des frais de scolarité. Conséquence : en début d'année, c'est la croix et la bannière pour les parents d'élèves. Lorsqu'on a plusieurs mômes à scolariser, les choses sont très compliquées même pour les plus nantis. Devant une telle situation, les Nigériens ordinaires se résignent à envoyer leurs enfants dans les établissements ''low cost'' (bas coûts) ou dans le système public, en faillite.
100.000, 200.000, 400.000 Fcfa et même plus pour la maternelle dans certains établissements. En plus de cela, ces mêmes établissements vendent les uniformes et même les fournitures à des coûts qui flirtent avec la spéculation. En ce début d'année, beaucoup de parents se serrent la ceinture ou s'endettent pour pouvoir faire face à cette dépense incompressible grevant ainsi fortement le budget familial. Il n'est nullement question de dire que l'éducation coûte cher. Cependant, il y a des aspects sur lesquels on peut se poser des questions légitimes.
Ainsi, malgré les montants élevés qu'exigent certains établissements de la part des parents, les conditions dans lesquelles sont casés les enfants ne sont pas des plus enviables. Des classes sans plafonds ni ventilation ; des écoles sans clôture, et même sans eau ni installations électriques sécurisées, sont nombreuses même dans la capitale Niamey. Pourtant, ces écoles, puisqu'elles sont privées, doivent répondre à un certain standard que la DEPRI (Direction de l'enseignement privé) est censée vérifier et en exiger le respect de la part des écoles. Ce qui ne semble pas être le cas.
Avec la dégradation du système éducatif public, les parents n'ont d'autre choix que de s'orienter vers le privé. Cependant, à l'évidence de ce qui se passe dans ce secteur, il est juste d'affirmer qu'il se pose un sérieux problème de contrôle. L'éducation est en train de devenir un secteur hautement marchand où toutes les dérives peuvent se produire et où des spéculateurs de tout acabit prospèrent.
Face à cette situation, il est légitime de se demander si la mise en place d'une ''Autorité de régulation'', comme il en existe dans beaucoup de secteurs marchands, ne s'avère pas nécessaire. Dans tous les cas, il est impératif de mettre de l'ordre dans ce secteur. Le plus urgent doit commencer par, à défaut d'une uniformisation, un effort de rapprochement des frais de scolarité et la mise aux normes des établissements.

Siradji Sanda(onep)

13/1017

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