Le Sahel

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Editorial : Stabiliser le front social


DG onepLes pays de la sous-région planchent actuellement sur les voies de sortie pour faire face à la crise économique mondiale. C'est le cas notamment du Burkina Faso où s'est tenu, lundi dernier, un colloque international organisé par l'Association Burkina International. Ce fut l'occasion pour le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, pour appeler le secteur privé à s'investir pour jouer son rôle de promoteur de la croissance économique, de pourvoyeur d'emplois et de revenus, notamment dans le financement de son nouveau référentiel de développement. Même son de cloche du côté du Nigeria voisin où s'est ouvert, le même lundi 10 octobre 2016, le 22ème Sommet économique annuel du Nigeria. Occasion qui a permis au Président Muhammadu Buhari de s'engager dans une politique de renforcement la production locale de marchandises afin d'accélérer le développement de l'économie.
Malheureusement, ce n'est pas le cas chez nous ici au Niger, où l'heure est encore aux exigences et aux menaces de débrayage dans certains secteurs sociaux. Il se trouve en effet que, comme pour tirer le pays vers le bas, certains acteurs politiques et autres partenaires sociaux jouent à attiser le feu sur le front social en exigeant de l'Etat qu'il leur donne ce qu'il n'a pas. Conséquences, déclarations intempestives par-ci, mots d'ordre de grève par-là, etc.
La question qu'on peut se poser, c'est quand pourra-t-on goûter, au Niger, aux avantages de l'indispensable stabilité sur le front social ? Avant-hier seulement, lors de son discours de ralliement à la majorité présidentielle, en répondant à la main tendue du Président Issoufou Mahamadou, le président du MNSD Nassara Seini Oumarou attirait l'attention des uns et des autres sur le fait que ''l'éternel retour à la case départ est véritablement une malédiction qu'il y a lieu d'exorciser pour toujours, afin de donner la chance à la jeune démocratie nigérienne de prospérer et de devenir un véritable levier de développement''. Il faut donc mettre fin à ces turbulences qui ont pris trop de place dans la vie nationale. Il faut mettre fin à la politisation à outrance de la vie nationale ; la politique politicienne doit avoir un temps, et le travail tout le reste du temps.
Surtout que le Président de la République s'est engagé à consolider les bases de la Renaissance déjà entamées. Pour le cas précis du secteur de l'Education, l'engagement du Chef de l'Etat est encore plus affirmé. "Le Gouvernement s'efforcera, au cours des 5 prochaines années, d'améliorer la qualité de notre système éducatif, tout en visant la scolarisation gratuite de tous les enfants de moins de 16 ans", disait-il dans son message à la Nation du 03 Août dernier.
A partir de là, le bon sens appelle les uns et les autres à une prise de conscience et à une responsabilité partagée afin de créer les conditions d'une mise en œuvre efficace des actions louables en faveur de l'école. Cette école, qui a été martyrisée et sacrifiée sur l'autel des intérêts particularistes, mérite mieux. Elle mérite une considération de toutes les parties prenantes. Car, il est indubitable, qu'en dépit de la morosité ambiante, l'Etat a consenti d'énormes sacrifices pour doter l'école, les enseignants et les élèves des moyens appropriés pour un bon démarrage de l'année scolaire 2016-2017.

Certes, il doit faire encore plus, d'autant plus que certains enseignants, notamment les contractuels, vivent dans des conditions difficiles. En attendant, les enseignants doivent faire preuve de compréhension en adoptant une autre méthode de lutte qui n'est pas forcément celle des grèves perlées. Il en est de même des élèves et étudiants, qui doivent d'abord penser à leur avenir, en bannissant certaines formes de luttes préjudiciables à la quiétude sociale. Assurément, une paix des braves s'impose dans ce secteur !
Aussi, malgré les contradictions internes actuelles, sommes toutes inhérentes à toute évolution sociale, nous devons nous convaincre que l'essentiel, c'est d'abord et avant tout le développement de notre pays, le Niger.

Mahamadou Adamou( Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. )
www.lesahel.org

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