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Les africains et le petit commerce en Inde : De l'espoir dans le petit business malgré la peur....


d-1Du 11 au 22 mars dernier, une trentaine de journalistes africains ont séjourné dans la capitale indienne dans le cadre d'un atelier organisé par le Centre de Recherche en Communication de Masse, en collaboration avec le Ministère des Affaires Extérieures. Mettant à profit ce séjour, notre reporter s'est intéressé à certains aspects de cette ville cosmopolite en pleine évolution, au site touristique du Taj Mahal et aussi au tourisme médical.
L'Inde devient peu à peu un pays attractif pour les Africains en quête de bien-être économique. Cela dans la foulée de la nouvelle politique de redynamisation et du renforcement des liens que les autorités indiennes ont lancée vis-à-vis de l'Afrique. Depuis quelques années, l'on constate un intérêt particulier des Africains qui choisissent l'Inde comme destination pour des raisons économiques, académiques, commerciales, médicales. Aujourd'hui, le nombre de ces hommes et femmes, qui tentent leur chance dans l'exercice du commerce dans ce pays devenu une plaque tournante d'affaires, est de plus en plus croissant. A la faveur d'une situation qui rend l'Inde de plus en plus attrayante, certains Africains s'y sont rendus et ont établi leur commerce afin de prendre part aux activités commerciales, au même titre que les autochtones.
A la Fédération Indienne de la Chambre de Commerce et d'Industrie (FICCI), la conseillère à la Division Afrique, Mme Sheila Sudhakaran, a affirmé qu'effectivement le nombre des Africains qui visitent ou vivent en Inde a connu une nette augmentation. La pratique du petit commerce des expatriés, notamment les Africains, en Inde semble plus ou moins prendre un envol. Certes, il n'y a pas de statistiques officielles disponibles sur le nombre exhaustif d'Africains exerçant le commerce en Inde.
Elle a souligné que les Africains commerçants s'adonnent essentiellement à la vente des produits africains. On trouve dans les boutiques d'Africains, dans plusieurs villes indiennes, des produits alimentaires, des produits de beauté ''Made in Africa''. Mme Sudhakaran explique que ''certains Africains ont commencé à s'engager dans la vente des spécialités alimentaires africaines pour répondre à la demande de plus en plus croissante de la part des étudiants, patients, opérateurs économiques vivant en Inde''. Cependant, a-t-elle souligné, la pratique du petit commerce pour les Africains n'est pas un long fleuve tranquille. L'existence de certaines formes de racisme et de xénophobie dont sont victimes certains étrangers de la part de certains nationaux rendent le séjour et l'exercice de commerce plus ou moins difficiles. Elle reste toutefois optimiste que la situation changera, s'appuyant sur l'engagement politique réaffirmé du Gouvernement indien.
Dans le marché ''na Market'', l'un des plus grands marchés de la capitale Delhi, nous avions rencontré Mme Mama Africa, une femme commerçante ressortissante de la République Démocratique du Congo. Arrivée en Inde en 2007, elle s'est établie à Delhi où elle exerce son commerce. Mama Africa, parlant couramment la langue locale Hindi, s'est spécialisée dans la vente des produits typiquement africains dans sa boutique sis au sous-sol dudit marché. ''Je suis venue en Inde avec mon fils et mes deux filles qui sont aujourd'hui étudiants. Depuis lors, je me suis engagée dans le commerce des produits africains. Mon objectif est d'aider les Africains qui visitent l'Inde ou qui y vivent à avoir certaines spécialités africaines'', explique-t-elle.
Grâce à sa patience et son courage, Mama Africa a su tisser un large réseau de clientèle et de fournisseurs à partir de l'Afrique. Comment vivre dans un pays étranger où l'on ne partage ni la langue, ni les coutumes, ni la religion? A cette question Mama Africa se veut optimiste. ''En dépit du contexte social dans lequel j'opère, différent de celui de mon pays et de mon continent, je peux affirmer que j'exerce mon business sans trop de menace. Mais nous faisons face à une sorte de discrimination de la part de certaines personnes qui, pour la plupart, ne connaissent pas les hommes noirs comme nous'', souligne la commerçante.
''Je suis reconnaissante vis-à-vis de mes collègues indiens pour leur compréhension et leur solidarité. Certes, il y en a qui ne nous acceptent pas. Ça ne me préoccupe pas tant. L'important pour moi, c'est que jusque-là, mes enfants et moi n'avons jamais été agressés. Et la clientèle se fait de plus en plus importante et mon business se développe bien'', ajoute-t-elle.
Dans le même marché, nous avions rencontré Mme Kike Davis. C'est une jeune femme nigériane vivant en Inde depuis deux ans. Elle exerce dans la restauration. ''Je suis en Inde depuis deux ans et j'évolue dans le business de la restauration et la vente des produits africains. Je vends mes produits aux commerçants indiens et africains disséminés un peu partout dans la ville''.
Exercer le commerce ici en Inde, en tant qu'Africain, est un travail difficile, mais Mme Kike Davis pense que la situation est en train de changer positivement dans la mesure où les clichés raciaux sont petit à petit abandonnés par beaucoup d'Indiens, notamment par ceux qui ont la chance de voyager à l'étranger. Parlant des relations sociales, Mme Kike affirme que leur séjour se passe plutôt bien, même s'ils sont confrontés parfois au racisme de certains autochtones.
''Le souhait des Africains que nous sommes est de voir la fin du racisme et des actes xénophobes le plus tôt possible, afin qu'on puisse vivre ensemble comme chez nous, et exercer nos activités malgré la différence de couleur, de langue et de culture'', a conclu Mme Kike Davis.

Par Zabeirou Moussa, envoyé spécial

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