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Prévisions saisonnières 2017 pour l'Afrique de l'Ouest : Les experts tirent sur la sonnette d'alarme bien avant le... déluge


d-2-1Des pluies abondantes et des inondations sont enregistrées depuis le début de la campagne agricole dans notre pays. Ces pluies ayant entrainé des dégâts matériels importants sont aujourd'hui une grande préoccupation, un véritable souci au Niger, particulièrement à Niamey, la capitale. Et pourtant, les prévisions météorologiques ont tiré sur la sonnette d'alarme bien avant le... déluge. Ce sont d'ailleurs, les grandes conclusions du 4ème Forum des prévisions saisonnières agro-hydro-climatiques pour la zone soudano-sahélienne (PRESASS) tenu du 15 au 19 mai 2017, à Accra au Ghana.
Ce forum organisé par le Centre Régional AGRHYMET(CILSS), le Centre Africain pour les Applications de la Météorologie au Développement (ACMAD), les Agences Nationales de la Météorologie et de l'Hydrologie du Ghana, en collaboration avec les experts des pays de l'Afrique de l'Ouest et du Centre en charge du suivi et de l'élaboration des informations agro-hydro-climatiques, les représentants des Organismes des Bassins fluviaux de la sous-région et auquel ont pris part la communauté de réduction des risques de catastrophes et des agences d'aide humanitaire a prévu cette année une saison avec des cumuls pluviométriques globalement excédentaires. Mieux, la rencontre a pointé du doigt toutes les zones rouges en Afrique de l'Ouest pendant cette campagne.
Ainsi, selon les PRESASS, des cumuls pluviométriques excédentaires sont attendus dans les zones couvrant le Nord Ghana, le Nord Togo, le Nord Bénin, la moitié Est du Burkina Faso, l'Ouest Nigéria, l'Ouest Niger, le Centre Mali, le Sud Mauritanie, la Gambie, le Nord Sénégal, le Sud Tchad et l'Est Cameroun. Des dates de début de saison précoces sont attendues dans les mêmes zones, élargies à toute la bande agricole du Niger, au Nord Nigeria et au Centre Tchad.
Des cumuls pluviométriques excédentaires attendus dans l'Ouest du Niger
Des écoulements moyens ou supérieurs à la moyenne des trente dernières années sont attendus sur les bassins fluviaux de la région ouest-africaine, en dehors du bassin du fleuve Mono (Togo et Bénin) et de la partie inférieure du fleuve Volta (dans sa partie ghanéenne principalement). Ainsi, les parties supérieures, moyennes et inférieures du bassin du Sénégal, la partie moyenne du bassin du fleuve Niger, le haut et moyen bassin de l'Ouémé (Bénin), et le haut bassin de la Volta devront connaître des écoulements supérieurs à la moyenne. Dans le bassin du Lac Tchad, la partie sud du sous bassin de l'affluent Logone, la partie aval du système Chari-Logone ainsi que le sous bassin de la Komadougou-Yobé devraient également connaître des écoulements au-dessus de la moyenne. Quant au bassin inférieur du fleuve Niger et le sous bassin de la Bénoué (Cameroun et Nigeria), les bassins moyens et inférieurs de la Volta, les bassins côtiers de la Comoé, la Sassandra, le Bandama ainsi que le fleuve Gambie, des écoulements moyens sont attendus.
Il y aura donc des écoulements importants, mais les tendances probables données par le forum font ressortir également un risque de sécheresse. Ainsi, les pays de la partie Ouest de la bande Sahélo-soudanienne devraient s'attendre à une fin de saison précoce anormale; alors que partout ailleurs, des dates de fin de saisons tardives anormales sont plus probables. Il est en outre attendu que des séquences sèches longues anormales soient observées pendant la phase d'installation des cultures dans toute la zone Sahélo-soudanienne de l'Afrique de l'Ouest. La majeure partie du Burkina Faso, l'extrême Sud Mali et les parties Nord de la Côte d'Ivoire, du Ghana, du Togo et du Bénin devrait aussi connaître des séquences sèches longues dans la deuxième moitié de la saison des pluies.
Relativement au risque de sécheresse, les PRESASS annoncent que les conséquences pouvant découler « des déficits hydriques ... pourraient affecter l'installation, la croissance et les rendements des cultures, de même que la mise en place des pâturages dans les zones concernées ».

Quant aux séquences sèches attendues vers la fin de la saison et l'arrêt précoce des pluies, elles pourraient aussi selon la même source être favorables au développement de certains ravageurs des cultures, comme la chenille mineuse d'épis du mil.

Ailleurs, sur le bassin du Mono et la partie inférieure du bassin de la Volta (Ghana, Togo et Benin), les écoulements déficitaires à moyens attendus pourraient,selon les PRESASS, entrainer des baisses dans la disponibilité de la ressource en eau pour les utilisateurs locaux (gestionnaires de barrages, irrigation, etc.),
Le Forum a fait des prévisions, mais aussi plusieurs recommandations. Ainsi, par rapport aux inondations, il recommande «un suivi rapproché des seuils d'alerte est recommandé pour renforcer la gestion anticipative des inondations dans les zones à fort risque identifiées. Des seuils d'alerte existent pour la majeure partie de ces zones, mais ils méritent d'être actualisés ».

Des recommandations à prendre en compte

D'après les PRESASS, le risque d'inondation étant associé à la fois au débordement des cours d'eau et aux pluies intenses, il est vivement recommandé notamment de veiller à éviter aux animaux les risques de noyade, de prévenir les épizooties à germes préférant de bonnes conditions humides ; qu'une collaboration forte soit entretenue entre les services hydrologiques et météorologiques pour la mise en place des systèmes intégrés de suivi et d'alerte précoce du risque d'inondation.
Au regard des maladies comme le choléra, la malaria, la dengue, les parasites (comme la bilharziose), les diarrhées et la fièvre de la vallée du Rift pour les animaux qui peuvent se développer dans les zones où une saison plus humide est attendue, le forum insiste sur l'information et le renforcement des capacités des systèmes de santé nationaux et sur la sensibilisation des systèmes de protection sociale, de la population, des décideurs et l'encouragement de la collaboration entre les services de météorologie et de santé.
«Il est également recommandé de mettre en place, en particulier dans les zones potentiellement isolées durant la saison des pluies, des stocks de moustiquaires, d'antipaludéens, de chlore et d'autres produits de traitement de l'eau, de suivre la qualité de l'eau et d'assurer l'assainissement, le drainage et le curage des caniveaux».
S'agissant des zones pouvant connaitre des séquences sèches une installation tardive et/ou à fin précoce de la saison des pluies, le forum demande de prendre des dispositions pour résorber les déficits de production potentiels, notamment à travers la promotion du maraichage, de l'agroforesterie, d'activités génératrices de revenus, un bon suivi des marchés et des prix et la mise en place de stocks locaux de sécurité.
Enfin, le Forum a fait plusieurs autres recommandations aux agriculteurs, éleveurs, autorités, Projets, ONG pour valoriser les opportunités.
C'est dire qu'en Afrique de l'ouest qui bat tous les records de forums, ateliers, séminaires et autres rencontres, il suffit de prendre en considération les conclusions de ces rencontres, d'arrêter de les ranger pour de bon dans les tiroirs pour éviter certainement beaucoup de catastrophes.

Par Idé Fatouma(onep)
14/07/17

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