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Inondations dans certains quartiers de la ville de Niamey : La menace est réelle !


d-1L'installation définitive de la saison des pluies sur l'ensemble du territoire de notre pays est vivement appréciée par les populations. Dans certaines circonstances, on peut dire que les eaux, sources d'espoir, constituent souvent une source d'obstacle pour le bon déroulement des activités socio-économiques. En ce qui concerne la saison pluviale cette année, elle est venue avec une intensité particulière. D'ores et déjà, Niamey est loin d'être en marge des inondations qui sont enregistrées dans certaines localités du pays.
La croissance urbaine et la crise des logements à Niamey avec ses corolaires, a poussé les populations à s'installer ici et là en concentrant toutes leurs énergies et leurs moyens financiers pour se procurer une maison. Dans la foulée, des fonctionnaires, dans le cadre de l'opération dénommée ''parcelle contre arriérés de salaires'' ont bénéficié de leur parcelle dans de nouveaux quartiers censés être viabilisés par l'Etat.
Mais, force est de constater que le manque des infrastructures d'assainissement et les constructions anarchiques sont aujourd'hui un phénomène pour les habitants de certains vieux quartiers et surtout les quartiers entièrement dépourvus desdites infrastructures.
Le cas du quartier Koira Kano Nord SONUCI est un exemple parmi tant d'autres, mais il est le plus illustratif pour décrire le drame lié à la nonchalance des services municipaux face aux problèmes d'assainissement des quartiers à risques. En effet, ce nouveau quartier qui a germé au fil des années au nord du quartier Kouara Kano avec des immeubles et des villas somptueuses, en dépit du fait qu'il porte le statut pompeux de Zone aménagée pour cadres (ZAC), n'a jusqu'alors bénéficié d'aucune infrastructure d'assainissement ou autres commodités permettant de viabiliser la zone pourtant située dans un environnement marécageux. Conséquence, depuis trois (3) ans, les habitants dudit quartier vivent sous le spectre du risque d'inondation.
A la moindre pluie, les habitants renouent avec le calvaire de l'inondation de leurs maisons et celui de l'impraticabilité des voies d'accès aux concessions. Dire que les propriétaires de ces maisons sont essentiellement des fonctionnaires s'étant vus attribuer ces parcelles par l'Etat en compensation de leurs salaires de douze (12) mois de travail ardu !
Et voilà que, dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 juin 2017, une pluie diluvienne s'abattit sur la ville de Niamey, jusqu'à la hauteur de plus de 150 mm. Là commencent les problèmes pour les habitants de Koira Kano Nord. Et le matin, tandis que les dernières gouttes d'eau marquaient la fin de la pluie, nombre de maisons dudit quartier baignaient déjà dans une immense mare surnommée par les riverains le ''Lac Tanganika''. Rues et ruelles, cours d'enceinte, chambres et antichambres, tout est submergé par la flotte!
S'y ajoute la montée de la nappe phréatique qui commença à exfiltrer les eaux, ainsi que l'apport des fosses sceptiques qui rejetaient de l'eau. Les eaux ont stagné, formant d'immenses mares avec tous les risques que cela représente du point de vue sanitaire, économique et social. Désormais, se déplacer, même à pied, dans le quartier devient synonyme d'un véritable parcours de combattant, avec tous les ingrédients en termes d'obstacles à franchir.
Face à cette situation, nombre de propriétaires n'ont eu d'autre choix que de plier bagages pour quitter leur maison pour redevenir des locataires. Ceux qui ont encore la chance de rester, tentent de sauver les meubles en entreprenant des actions individuelles pour protéger leur maison.
D'autres par contre ont adopté une approche plutôt mutualiste. Constatant que chaque année, les choses ne font que s'empirer, certains cadres résidant dans le quartier ont décidé de conjuguer leurs efforts en vue de prendre en main la recherche des solutions au problème.
C'est dans ce cadre qu'ils ont mis en place un comité en vue de créer une dynamique de solidarité et d'entraide et trouver des solutions appropriées pour endiguer les problèmes. Depuis trois ans le comité multiplie les démarches auprès des autorités compétentes dans l'espoir d'obtenir une suite favorable à leurs inquiétudes. Vraisemblablement, rien n'arrête le comité dans ce noble combat qui consiste de protéger et défendre leurs concessions construites à grand frais.
Selon Dr Aboubacar Mahamadou, au début, le problème auquel ils étaient confrontés était un problème d'accessibilité. « Au fil du temps, le quartier est habité, et les gens construisent en mettant en place des dispositifs de manière individuelle pour sécuriser leurs maisons. Et c'est à partir de cet instant que les eaux ont commencé à envahir les concessions voisines et finalement les chambres de ceux qui n'ont pas installé les mêmes dispositifs pour barricader les eaux », explique-t-il. Cette situation, ajoute-t-il, a contraint certains propriétaires à quitter leurs maisons.
Lorsque nous avons compris que les menaces sont réelles, et que les initiatives individuelles sont loin de répondre aux attentes des uns et des autres, nous nous sommes organisés pour unir nos efforts et mener des actions d'ensemble. D'abord, nous avons commencé à remblayer des coins et recoins pour faciliter l'accès aux maisons », nous confie-t-il.
Ensuite, a poursuivi Dr Aboubacar Mahamadou, le comité a initié des cotisations volontaires du fait que c'est une action qui nécessite des ressources financières et matérielles. « La question s'avère de plus en plus délicate, et l'emploi des moyens conséquents est plus que jamais impératif. A cet effet, le comité a adressé des correspondances aux autorités régionales et municipales. Le gouverneur de la région de Niamey a demandé aux techniciens relevant de son institution d'aller voir avec le comité pour trouver ensemble une solution qui permettra de soulager les populations. Le comité a formulé une proposition qui consiste de construire un canal d'évacuation des eaux sur une longueur de plus de mille mètres », a-t-il indiqué.

Un Comité de mutualisation des efforts pour sauver le quartier Koira Kano Nord SONUCI de la menace des eaux
Et voilà qu'à notre passage sur le terrain, en cette matinée du lundi 10 juillet 2017 sous une fine pluie, par les travaux de creusage du canal les membres du Comité étaient sur place observant les engins déployés par les responsables régionaux et municipaux. Pour en arriver là, il a fallu pour le comité rencontrer des oreilles attentives, notamment celles du Gouverneur de la région qui a montré à quel point il est sensible au désarroi de ses administrés dudit quartier. Le comité de gestion de cette crise des inondations se réjouit également du soutien du Génie Militaire qui a mis gracieusement à sa disposition deux (2) pelleteuses, ainsi qu'un bulldozer sous forme de location à un coût forfaire, l'objectif étant de venir en aider à ces populations en détresse, mais qui ont décidé de ne pas croiser les mains face à la menace des eaux. Aussi, Dr Aboubacar Mahamadou a salué, au nom de l'ensemble du comité et des habitants du quartier, la disponibilité du Gouverneur de la région de Niamey, du président du Conseil de ville et du Maire, qui ont effectué le déplacement pour venir constater et s'assurer de l'avancement des travaux.
Entre temps, il a précisé que la mobilisation se poursuit afin de résoudre définitivement ce problème qui chaque jour déstabilise les habitants du quartier en général. Tandis que les membres du comité restent constamment à pied d'œuvre, les autres habitants ayant compris la pertinence de la démarche ne cessent d'apporter leurs contributions financières et matérielles pour permettre l'exécution des travaux qui nécessite, malgré tous les appuis extérieurs, des efforts consistants de la part des habitants du quartier. Pour l'heure, les travaux avancent bien, donnant aux populations de la zone inondée l'espoir de se débarrasser de ces mares, ne serait-ce qu'à titre provisoire. Cette approche privilégiée par les habitants de Koira Kano Nord visant à prendre en mains leurs propres problèmes est assurément une initiative qui mérite d'être saluée et appuyée par les services compétents et autres bonnes volontés. Aussi, doit-t-elle servir d'exemple pour d'autres quartiers où localités

A Banga Bana, le pied dans l'eau...
Autre quartier, Banga Bana, à la Rive droite. A quelques mètres de l'Ecole Tassoukonou, depuis quelques années les populations assistent aux mêmes scénarios. Dès qu'une forte pluie s'abat sur Niamey, une partie du quartier devient inaccessible compte tenu de sa position située sur le lit du fleuve. A cette matinée du mercredi 12 Juillet 2017, soit quelques jours après le désastre, les habitants du quartier ont des difficultés à accéder à leurs concessions. Les caniveaux sont bouchés, les eaux ont submergé des maisons, des boutiques, et des mosquées. Les habitants ont rempli des sacs de sable pour pouvoir traverser, tandis que d'autres ont complètement abandonné leur maison face à la furie des eaux.d-2
Salouhou Danjouma, boucher du quartier, a expliqué avoir passé une semaine sans installer ses marchandises. Il a noté que les eaux étaient arrivées avec une forte intensité, les maisons environnantes étaient inondées ; il a fallu casser de béton inférieur des portes pour pouvoir évacuer les eaux. Après le retrait des eaux, il a dit avoir arrangé un petit espace pour s'installer dans l'espoir de gagner une somme d'argent lui permettant d'assurer les besoins de sa famille.
Pour sa part, M. Yacouba Adamou a déclaré avoir vu son alimentation générale occupée par les eaux. Des cartons flottaient sur les eaux ; il s'est battu pour sauver une partie de ses marchandises. Il a indiqué qu'il a passé également une semaine sans ouvrir sa boutique. C'est une perte énorme pour un père de famille de rester une semaine à la maison sans exercer ses activités, a déclaré Aboubacar Mahamadou. « J'ai amené deux (2) voyages de latérite pour aménager devant ma boutique pour l'ouvrir, parce que je suis fatigué de puiser dans mes économies », a-t-il expliqué.
Des situations similaires sont pareilles dans d'autres quartiers de Niamey, où le problème d'accessibilité du fait des inondations se posent avec acuité et interpellent les uns et les autres en vue de relancer le débat sur la problématique d'urbanisation à Niamey.
Des quartiers comme Bobiel, Bassora, Niamey 2000 ne sont pas aussi épargnés. Au niveau des quartiers Niamey 2000 et Bassora, il est difficile de trouver des voies d'accès. Des eaux ont stagné en pleine rue et même les cours de certains établissements publics et privés sont occupées par les eaux. Les populations vivent le calvaire des moyens des transports pour se déplacer, s'y ajoutent les moustiques et la crainte des maladies.
Dans un cas comme dans l'autre, il apparait clairement que les services des municipalités, aussi bien à Niamey que dans les autres centres urbains de notre pays, sont interpelés face au déficit crucial des infrastructures d'assainissement dans les nouveaux quartiers qui n'arrêtent pas de germer au rythme de la croissance galopante de nos villes.

Par Laouali Souleymane(onep)
14/07/17

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