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La Fistule Génitale Féminine au Niger : 700 à 756 femmes victimes chaque année


d-2La Fistule Génitale Féminine est une infirmité temporaire ou permanente consécutive à un traumatisme survenant au cours d'un accouchement difficile et prolongé sans assistance qualifiée. Elle résulte de déchirures de tissus mettant en communication la vessie, le vagin et le rectum laissant échapper involontairement, les urines, les selles ou les deux à la fois. Considérée comme une maladie honteuse, la fistule devient de plus en plus préoccupante dans notre pays. Chaque année, on enregistre en effet 700 à 756 nouveaux cas de fistule génitale féminine.
Malades, abandonnées par le mari ou les membres de la famille, les femmes atteintes de Fistule Génitale Féminine sont considérées comme « impures » mises en marge de la société dans certaines communautés. Cette maladie qui fait de plus en plus de victimes dans notre pays se distingue sous plusieurs formes : les fistules utéro-vaginale (FUV : entre l'urètre vésical et le vagin), vésico-vaginale (FVV : entre la vessie et le vagin), vésico-utérine (FVU : entre la vessie et l'utérus), et les fistules recto-vaginale (FRV : entre le rectum et le vagin).

Les causes de la maladie
Au Niger plusieurs facteurs à risque favorisent la survenue de la Fistule Génitale Féminine. Parmi eux, le mariage des adolescentes compte tenu du fait que « l'âge moyen du premier mariage d'une femme nigérienne est de 15,1 ans », indique un document du ministère de la Santé Publique qui précise que « les adolescentes, sont plus exposées à des complications à l'accouchement parce qu'elles présentent une maturité physiologique faible du bassin du fait de leur jeune âge ». Selon toujours la même source, la coutume constitue une autre cause de la fistule du fait qu'elle veut que le premier accouchement de la femme se fasse auprès des parents. Or précise le document, au Niger plus de 90% de la population vit en milieu rural avec un recours aux services de santé très réduit.
L'Indice Synthétique de fécondité, l'un des plus élevé au monde avec 7,6 enfants par femme est un autre facteur pouvant favoriser la maladie. « La Probabilité qu'une jeune fille de 15 ans décède d'une complication liée à sa grossesse et à son accouchement est de 1 cas sur 7 », précise le document du ministère de la santé. A ces facteurs s'ajoutent le faible taux d'accouchement assisté par un personnel qualifié qui est de 29% ; le faible taux de scolarisation chez la jeune fille 15,06% ; la pauvreté et des pratiques traditionnelles et croyances néfastes à la santé de la reproduction telles que les Mutilations Génitales Féminines (excisions), les accouchements à domicile, les préjugés (mauvais sort jeté aux femmes souffrant de fistule).

Le Niger s'engage dans la lutte
Pour lutter véritablement contre la fistule, le Niger comme d'autres pays de la région africaine a souscrit aux différents engagements internationaux et régionaux en matière d'éradication de la fistule notamment à la campagne mondiale d'éradication de la fistule lancée par l'UNFPA en 2003.
Ainsi, pour promouvoir les droits en matière de Santé Sexuelle et Reproductive, plusieurs documents de politiques et une gamme importante de textes législatifs et réglementaires ont étés adoptés. Il s'agit entre autres de l'adoption de la Loi 2006-16 sur la santé de la reproduction et son décret d'application ; la signature du Décret n°2005-316/PRN/MSP/LCE, accordant aux femmes la gratuité des prestations liées aux césariennes fournies par les Etablissements de Santé Publics ; la signature de l'Arrêté n°79/MSP/LCE/ME/F, portant gratuité de la consultation prénatale et des soins aux enfants de Zéro à cinq ans ; et la signature de l'Arrêté n°65/MSP/LCE/DPHL/MT, instituant la gratuité des contraceptifs et préservatifs dans les Etablissements publics de Santé.
La création en 2004, du Réseau pour l'Eradication de la Fistule (REF) a, selon le document du ministère de la Santé, «permis de rassembler les structures publiques, les ONG Internationales et nationales, les Associations, les Partenaires au Développement, les prestataires de services pour la définition, la coordination et la mise en œuvre de stratégies opérationnelles de prévention, de prise en charge et de réinsertion socioéconomique des femmes victimes de la fistule obstétricale et aussi de contribuer au plaidoyer pour la mobilisation des ressources ».
Pour lutter contre la fistule génitale féminine, il a été également élaboré au Niger, la deuxième génération de la stratégie nationale pour l'élimination de la fistule génitale féminine dont la vision est un Niger sans fistule. En 2008, un centre National de Référence des Fistules Obstétricales a été créé. Ce centre a reçu depuis 2012, l'accréditation de la Fédération Internationale des Gynécologues Obstétriciens (FIGO). D'autres activités relatives aux camps de chirurgie foraine, à l'extension des services à d'autres régions avec la création de centres de prise en charge à Zinder, Tahoua, Maradi, Dosso, Diffa et Tillabéri ; à la formation de plus de 600 personnes notamment des chirurgiens, des infirmières et des agents chargés de la sensibilisation communautaire ont été aussi réalisées.
La même source relève également une forte implication des autorités politiques, administratives, coutumières et religieuses qui a permis une prise de conscience de la fistule et de ses conséquences au niveau des communautés ; des actions de prévention à base communautaire de la fistule et des décès maternels mises en œuvre au niveau des districts pourvoyeurs des cas incidents de fistule (Mirriah, Magaria, Guidan Roumdji, Dakoro, Mayahi, Madarounfa, Bouza et Illela) ; l'utilisation des femmes guéries de la FO au niveau des régions de Tahoua, de Maradi, de Zinder et de Dosso qui sensibilisent la communauté, recherchent des cas cachés de fistule, dépistent les femmes enceintes, les sensibilisent pour la CPNR, l'accouchement en formation sanitaire, la consultation post natale ; la célébration le 23 mai de chaque année de la Journée Internationale de la lutte contre la Fistule (JIF) depuis 2013 ; une augmentation de l'utilisation des services de consultations prénatales, postnatales et d'accouchement.

Des progrès réalisés, mais beaucoup reste à faire
Dans la lutte contre la fistule, le Niger a bénéficié de l'appui des partenaires techniques et financiers comme l'UNFPA, Engender Health (Projet Fistula care Plus), le Centre Genre CEDEAO, ASUSU SA, la Coopération turque etc., Ces partenaires interviennent diversement dans les trois domaines de lutte contre la Fistule Génitale Féminine qui sont : la prévention, la prise en charge chirurgicale, et la réintégration socio économique. Toutes ces actions ont permis selon le document de réaliser 4.888 interventions de 2003 à 2017 avec un succès thérapeutique et la réintégration de 3.460 femmes dans leurs familles. Ainsi donc, des centaines d'entre elles, opérées, guéries, délivrées, retrouvent la dignité.
Malgré les progrès enregistrés par notre pays dans ce domaine, la situation reste toujours préoccupante écrit le document qui avertit que « si le Niger n'investit pas davantage dans les activités de prévention de nouveaux cas et le traitement chirurgical des cas actuels, il faudrait attendre 25 ans pour arriver à éradiquer la fistule génitale féminine ». Il estime qu'il est « essentiel pour le Niger, que toutes les femmes et les jeunes filles aient accès à des services de santé de la reproduction de qualité et que toute la population ait accès à l'information nécessaire pour prévenir la fistule dont notamment les dangers des mariages précoces, des grossesses précoces et des maternités rapprochées et de l'importance de l'accouchement assisté ».
La même source indique également que, d'autres défis restent à relever notamment le financement de la stratégie nationale de lutte contre la FGF ; l'identification de tous les cas (beaucoup de cas restent encore cachés) ; la prise en charge chirurgicale des cas complexes ; la prise en charge des cas dits « incurables ».

Idé Fatouma(onep)
05/10/17

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