Le Sahel

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M. Mabingué Ngom, Directeur Régional du bureau de l'UNFPA pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre : "Ce projet régional va nous permettre de libérer cette force vive que nous avons en Afrique : la jeunesse"

M. Mabingué Ngom M. Mabingué Ngom

Monsieur le Directeur Régional, vous êtes au Niger dans le cadre du lancement du projet régional ''Autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel'', un projet financé par la Banque Mondiale et qui aura l'accompagnement technique du bureau de l'UNFPA de l'Afrique de l'Ouest et du Centre. En quoi consiste votre engagement dans ce projet et quels sont les domaines dans lesquels votre bureau interviendra pour l'atteinte des objectifs dudit projet ?
Le projet régional ''Autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel'' est un partenariat entre la Banque Mondiale et le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en soutien de l'initiative qui a été lancée il y a de cela deux ans par le Président de la République Issoufou Mahamadou, en présence du Secrétaire Général des Nations Unies, M. Ban Ki Moon, du président de la Banque Mondiale et du directeur exécutif de l'UNFPA. L'objectif du projet est axé principalement sur l'augmentation de la demande de services en matière de santé de la reproduction et l'augmentation de l'offre de services dans le domaine, ainsi que le renforcement de capacités des organisations régionales et nationales qui travaillent dans le domaine de fournitures de ces services de santé. Comme vous le savez, les services de la santé de la reproduction jouent un rôle important en matière de développement. Surtout lorsqu'il s'agit de l'Afrique au sud du Sahara où le Dividende Démographique a un potentiel extraordinaire en termes de constitution d'une part importante pour servir des investissements dont l'Afrique au Sud du Sahara a besoin. Donc, il y a un besoin d'acuité dans la sous-région du Sahel.
Comment pensez-vous atteindre les objectifs de ce projet régional qui vient d'être lancé au Niger afin de parvenir à une contribution efficace de la mise en œuvre et de la réalisation de l'agenda 2030 pour le développement durable, et surtout de l'agenda 2063 que l'Union Africaine pense mettre en œuvre pour bâtir un Continent où le potentiel des femmes et des jeunes est réalisé ?
Ce projet régional va nous permettre de libérer cette force vive que nous avons en Afrique. Je pense à la jeunesse, particulièrement la jeune fille et la femme qui peuvent être d'un apport extraordinaire pour le développement du Continent. Vous savez, en général, les jeunes filles n'ont pas accès à une bonne éducation. L'école laisse la place à ce que nous appelons communément les mariages précoces. Donc, on oblige les filles à avoir des enfants très tôt. Toutes choses qui ne leur permettent pas de jouer un rôle en ce qui concerne la création de richesses. Nous ratons souvent d'utiliser la main-d'œuvre, de faire en sorte que la femme puisse contribuer de façon beaucoup plus importante au développement économique et social. A travers ce projet, nous allons garder les filles dans les salles de classes. Nous allons mettre en exergue des interventions qui leur permettront d'avoir accès à une formation de qualité et de décaler encore l'âge du mariage, mais également de décourager les mariages des petites filles qui sont à l'origine de beaucoup de problèmes de santé et qui contribuent également à créer des difficultés dans la marche vers le développement de la sous-région et de l'Afrique.
Il s'agit d'accélérer le développement du Continent. Par exemple, si nous investissons dans le Dividende Démographique en Afrique au Sud du Sahara à l'image des pays que nous appelons développés, nous pouvons développer 500 milliards de dollars chaque année et sur une période de plus de 30 ans. C'est une manne financière qui pourrait nous permettre un peu de relever de façon significative les conditions de vie des populations. Mais cela passe par des investissements, donc ce n'est pas automatique. Les efforts que nous avons faits pour continuer à réduire la mortalité maternelle contribuent un peu à réduire la pression que nous avons au niveau des familles à cause du taux de dépendance. Nous allons arriver à capturer ce Dividende Démographique.


Est-ce que le projet régional ''Autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel'' répond aux attentes et politiques des dirigeants des pays concernés, à savoir Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad ?
Absolument ! Puisque c'est une initiative qui fait suite à l'appel lancé par les Présidents de six pays du Sahel : Burkina Faso, Côte-d'Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad. Ce projet est financé par des dons, et les 6 pays ont souscrit aux objectifs du projet parce qu'il répond aux besoins de chaque pays. C'est un projet qui a six (6) composantes nationales. Chaque composante essaie un peu de cibler les besoins les plus pressants permettant d'accélérer la capture du Dividende Démographique.
Votre séjour au Niger vous a permis d'effectuer une séries de visites de travail dans les ''Espaces Sûrs'' de Niamey. Quel sentiment vous anime après ces visites ?
J'ai été impressionné par les efforts en cours au Niger. Efforts pour protéger la petite fille, efforts pour repositionner l'adolescent. Ces efforts méritent le soutien et l'appui de la coopération internationale pour le passage à l'échelle. Pour percevoir l'impact et le sentir au niveau des populations, il faut des actions de grandes envergures. Nous sommes heureux de voir qu'au Niger, grâce à l'action du Fonds des Nations Unies pour la Population, des autres partenaires du système de Nations Unies, nous avons un certain nombre d'initiatives qui méritent le soutien de la coopération internationale pour qu'on puisse voir réellement ces changements dans la vie des populations.
Vous avez également été à Diffa où l'UNFPA offre à des groupes cibles un paquet de services d'éducation en santé de la reproduction, en prévention des risques d'infection du VIH Sida, et aussi dans le domaine des violences basées sur le genre. Ces services entrent dans le cadre de la réponse aux urgences humanitaires dans cette région. Quel bilan tirez-vous après cette visite de terrain dans la région de Diffa ?
J'allais dire trois choses au moins. La première, c'est l'acuité des besoins des populations et la nécessité de faire en sorte que la paix, la stabilité, la sécurité reviennent pour que les souffrances infligées aux populations s'arrêtent. La 2ème chose, c'est qu'il faut absolument que les leaders communautaires puissent s'engager davantage. En outre, j'ai été très impressionné par leurs actions sur le terrain. Je pense que ce sont des actions isolées. Il y a lieu de les multiplier partout afin de faire reculer l'ignorance, la souffrance et les nombreux malentendus concernant les femmes et les jeunes quant à l'accès aux services de soins de base et à l'emploi. C'est des groupes qu'il protéger.
Quant à la question de boko haram ou celle des djihadistes, je pense que c'est la même chose que les immigrants qui meurent dans l'océan. C'est l'absence d'opportunités, d'éducation, d'emplois et d'espoir qui favorise la manipulation et l'instrumentalisation. Malheureusement, ces conflits ont un effet négatif sur les ressources budgétaires très limitées des pays comme le Niger qui sont par ailleurs obligés d'augmenter, de façon significative, les dépenses budgétaires et de sécurité au moment où la demande sociale est très forte. Je pense qu'en investissant dans la jeunesse, nous pouvons contenir beaucoup de fléaux comme boko haram, le djihadisme et l'immigration. En effet, le Niger est une zone de transit pour les immigrants, et je pense qu'il faut attaquer ce problème. C'est pourquoi, la solution militaire peut certainement aider à faire quelques progrès. Mais je pense que fondamentalement, il faut des investissements dans la demande sociale afin de faire en sorte que les jeunes puissent avoir la chance et l'opportunité de se faire valoir. Ce faisant, nous allons un peu réduire les souffrances.

Seini Seydou Zakaria(onep)

www.lesahel.org

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