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Le Président de la République, SEM. Issoufou Mahamadou, invité Afrique de Radio France Internationale (RFI) : ''Dans nos propositions, nous avons estimé qu'il faut monter un véritable Plan Marshal pour faire face à ce phénomène migratoire''

SEM. Mahamadou Issoufou SEM. Mahamadou Issoufou

Le Président de la République, SE. Issoufou Mahamadou, a fait, mercredi dernier, une intervention remarquable au Sommet de La Vallette sur la crise migratoire. En effet, dans son allocution, le Chef de l'Etat a soumis à ses partenaires européens une liste de propositions pertinentes pour le Niger. Elles portent sur le renforcement des capacités des forces de sécurité du pays pour lutter contre les trafics, mais également sur divers projets de développement local pour inciter les Nigériens à rester au pays. Pour y apporter plus de détails, le Président Issoufou Mahamadou s'est prêté aux questions de notre confrère Léonard Vincent, envoyé spécial de RFI. (Lire ci-dessous l'intégralité de l'entretien).
Monsieur le Président, bonjour. Le Niger est particulièrement concerné par la question migratoire. Ce sommet de La Valette doit être particulièrement important et attendu par vous ?
Oui, tout à fait, le Niger est particulièrement concerné par ce sommet parce que le Niger est un pays de transit pour les migrants qui vont vers l'Europe, mais le Niger est aussi un pays d'origine des migrations vers le Maghreb, en particulier vers la Libye. Donc le Niger est doublement concerné. Les différents partenaires, les différents pays, qu'ils soient de destination, d'origine ou de transit, doivent avoir une responsabilité commune, avoir un programme de coopération pour faire face au grave problème que constitue aujourd'hui la migration avec tout le cortège de morts qu'on constate dans les déserts nigérien et libyen, ou bien en Méditerranée. Il faut donc que ces différents pays s'attaquent aux causes profondes de la migration. Et ces causes profondes sont le déficit de la démocratie, l'insécurité, la pauvreté, les inégalités. Et pour faire face, il y a deux solutions: il y a une solution à court terme qui est sécuritaire; il y a une solution à long terme qui est structurelle, et qui porte sur le développement économique et social.

Alors justement, vous êtes venus ici à La Valette avec des propositions. Quelles sont-elles ?
Nous sommes venus avec des propositions, avec un programme précis. Il y a d'abord des propositions concernant la solution à court terme, c'est-à-dire la solution sécuritaire. Ce que nous proposons, c'est que l'Europe nous aide à renforcer les capacités opérationnelles de nos Forces de Défense et de Sécurité. L'Europe nous aide à mettre en place les Forces Spéciales dédiées à la lutte contre la migration clandestine. Et également nous proposons, toujours sur le plan légal, qu'il y ait une organisation de la migration légale. Nous sommes d'accord sur les propositions qui sont faites en ce qui concerne les réadmissions, le retour des migrants dans leurs pays d'origine. Mais tout ça, ce sont des solutions à court terme. Sur le long terme, c'est le développement ; parce qu'il faut s'attaquer à la pauvreté qui chasse les Africains de leurs pays d'origine. Mais il me semble que l'aide publique au développement ne suffira pas. C'est vrai que l'Union Européenne propose la création d'un fonds fiduciaire de 1,8 milliard d'euros, mais cela ne suffira pas. Les besoins sont énormes. C'est pour cela que dans nos propositions, nous avons estimé qu'il faut monter un véritable Plan Marshal pour faire face à ce phénomène migratoire. Et au-delà, ce à quoi il faut penser, c'est la réforme de la gouvernance économique mondiale. Il faut que le commerce entre les pays du Nord et les pays du Sud soit plus équitable. Il faut que les termes de l'échange soient justes, et il faut davantage d'investissements dans les pays africains. Cela a un double avantage pour les pays européens. Le premier avantage, c'est que ça permet de fixer les migrants dans les pays d'origine. Le deuxième avantage, c'est qu'en développant les pays actuellement sous-développés, l'Europe va avoir des marchés qui contribueront à la relance de l'économie sur le Continent Européen.



Vos propositions sont très détaillées. Pour ce qui concerne votre pays, il est question de plusieurs initiatives locales. Est-ce que vous pouvez nous détailler quelques projets phares ?
Nous avons des propositions précises portant sur la mise en place des centres d'accueil pour les migrants. Il s'agit ici d'accueillir les migrants, de les protéger, de respecter leurs droits et éventuellement de créer les conditions de leur retour dans leurs pays d'origine. Ça c'est un premier aspect ; le deuxième aspect porte sur le développement, en particulier le développement de l'agriculture. Parce que l'agriculture crée beaucoup d'emplois dans nos pays. Elle permet de retenir les Nigériens qui sont tentés d'aller en migration vers les pays du Maghreb, notamment la Libye. Nous ne pouvons pas arrêter le flux des migrants sub-sahariens qui passent par notre pays, sans d'abord arrêter le flux des Nigériens qui vont vers la Libye par exemple. Donc, il faut les retenir sur place. Nous avons par exemple prévu des projets de développement de l'agriculture, des projets de développement du tourisme. Si vous prenez le cas de la région d'Agadez, c'est une région de tourisme par excellence. Et cela permettra de reconvertir vers d'autres activités ceux qui s'adonnent au trafic des migrants.

Vous avez chiffré les projets que vous proposez ?
Absolument ! Nous avons chiffré les projets, c'est environ 700 millions d'euros qu'il nous faut pour faire face aux solutions que nous préconisons.

A la fin de votre discours, vous avez cité Montesquieu. Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce que vous avez dit ?
Ce que j'ai dit, c'est que le problème migratoire est un problème qui concerne toute l'humanité, puisque ça ne concerne pas que l'Afrique. Ça concerne aussi le Moyen Orient, la Syrie, l'Irak. Ça concerne les pays de l'Amérique Latine. Allez-y à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, vous verrez les mêmes drames qu'on voit dans le désert nigérien ou sur la Méditerranée. Donc ça concerne toute l'humanité. Par conséquent, il faut que nous dirigeants, nous évitions de nous replier sur nos frontières, de nous replier sur nos patries. Et Montesquieu disait : ''Quand on doit choisir entre sa patrie et l'humanité, il faut choisir l'humanité''.

(Au micro de Léonard Vincent, RFI)
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