Le Sahel

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M. Idé Issaka, président du Comité Olympique et Sportif du Niger (COSNI) : ''Dans la phase de préparation aux Jeux Olympiques, l'athlète qualifié a forcément besoin du soutien de son pays''.

invitM. le président, dans quelques mois, la ville de Rio de Janeiro au Brésil accueillera les Jeux Olympiques 2016. Le Niger sera-t-il présent à ces jeux ?
Je voudrais d'abord dire que la 31ème édition des Jeux Olympiques se déroulera du 5 au 21 août 2016 à Rio de Janeiro au Brésil. A la date du 16 février 2016, il restera exactement 171 jours. La ville de Rio sera donc l'hôte des Jeux de la 31ème Olympiade. Le programme des jeux de Rio comprend 34 épreuves et plus de 7. 800 athlètes y participeront.
Pour répondre à la question qui consiste à savoir si notre pays, le Niger, prendra part à ce grand évènement, nous répondons par l'affirmatif. L'Etat, le COSNI et les Fédérations Nationales Sportives s'activent pour sélectionner les athlètes et officiels qui vont représenter notre pays à ce grand rendez-vous mondial du sport. Notre pays a déjà participé à plusieurs olympiades, guidé par l'esprit du Baron Pierre de Coubertin, précurseur des Jeux Olympiques de l'ère moderne, qui disait que pour assurer une universalité aux Jeux ''L'essentiel est de participer''. Mais aujourd'hui au Niger, nous pensons qu'il faut évoluer en assurant à notre pays une participation qualitative et beaucoup plus honorable, consistant à chercher des qualifications et non se contenter des invitations délivrées dans le cadre de l'universalité. C'est pourquoi nous nous réjouissons de la qualification de notre athlète du Taekwondo, Alfaga, qui a ouvert le chemin aux autres boursiers olympiques nigériens. Et nous pensons qu'avec une réelle implication de l'Etat du Niger, d'autres boursiers du judo, de l'athlétisme et de la natation pourront lui emboîter le pas.
M. le président, quel est l'apport du COSNI dans le cadre de la préparation des athlètes nigériens qui participeront à ces jeux olympiques 2016 ?
Pour répondre à votre question, l'apport du COSNI ne peut être que la mise en œuvre du programme de la Solidarité Olympique en collaboration avec le Comité d'Organisation des Jeux Olympiques.
En ce qui concerne la préparation des athlètes, grâce au programme de la Solidarité Olympique du CIO, notre pays a bénéficié de cinq (5) bourses olympiques dans les disciplines ci-après : deux (2) en natation, une (1) en athlétisme, une (1) en taekwondo et une (1) en judo.
Pour assurer la préparation de ces athlètes, le COSNI a mobilisé une somme de 36 millions de Francs CFA. En ce qui concerne plus particulièrement le taekwondo, la fédération ayant constaté que les conditions locales ne permettaient pas à son athlète de se perfectionner davantage, elle a approché le COSNI pour lui demander de l'aider à lui trouver un entraînement de haut niveau.
Sachant que le CIO ne reconnait malheureusement aucun centre spécialisé d'entrainement pour le taekwondo, au vu des performances de l'athlète, le COSNI a dû faire appel à des relations, souvent personnelles, pour confier l'athlète Alfaga à un entraîneur allemand qui a accepté de l'entraîner sur la base de sa simple bourse locale. C'est le lieu de saluer au passage ce type de collaboration entre les fédérations sportives et leur institution faîtière qui est le COSNI.
Pour les quatre autres athlètes, leur préparation se fait localement et un rapport technique est soumis périodiquement à la Solidarité Olympique, pour apprécier l'évolution de leur préparation. La bourse intègre l'équipement, le transport, la participation à des compétitions internationales qualifiantes, et les pécules de l'athlète versées mensuellement. Avant les Jeux, le COSNI, négocie des bourses olympiques pour les athlètes qui doivent préparer leur qualification aux JO et leur préparation en collaboration bien sûr avec les Fédérations Nationales, tandis que pendant les Jeux, le COSNI conduit et encadre la délégation afin qu'athlètes et officiels bénéficient des meilleures conditions de séjour et de compétitions.
Notons qu'en général, ce sont les Etats qui prennent en charge l'essentiel des dépenses liées à la participation de la délégation du pays aux Jeux Olympiques. Il s'agit notamment des frais de transport et de logement des dignitaires, des frais d'équipement des athlètes et des officiels, ainsi que les frais relatifs à d'autres services indispensables.
D'autres athlètes nigériens, à l'image de Alfaga en Taekwondo, se sont brillamment qualifiés pour Rio 2016. Selon vous, quel apport les autorités nigériennes doivent-elles consentir afin de soutenir nos athlètes et leur permettre de réaliser de bons résultats à Rio ?
L'athlète, dans cette phase, a besoin d'avoir confiance en lui-même et doit savoir que dans cette campagne, il a tout le soutien et l'accompagnement approprié de son pays, de sa famille, de sa fédération sportive et aussi de ses amis et frères pour qui il doit servir d'exemple. La préparation des Jeux Olympiques commence dès que les précédents jeux sont terminés. L'athlète aura quatre années pour se préparer. Dans ce cas, les fédérations sportives doivent être en mesure de proposer des athlètes compétitifs au CNO, pour la recherche éventuelle de bourses olympiques et de cartes d'invitation (dans le cadre de l'universalité), et pour le lancement du programme de préparation.
Dans la phase de préparation aux jeux, l'athlète qualifié a forcément besoin du soutien de son pays, en collaboration étroite avec le Comité National Olympique et la Fédération Sportive de l'athlète en question. Des moyens plus conséquents doivent lui être alloués pour lui permettre de participer aux différentes compétitions régionales et internationales, pour sa mise en jambe.
Ceci est tout aussi valable pour les disciplines qui sont encore dans la phase qualificative. Le soutien de l'Etat est indispensable pour aider les athlètes. Il en va ainsi des athlètes du judo, de l'escrime et de la lutte libre.
Pour le judo par exemple, il faut signaler l'imminence des échéances du mois de Mars à Düsseldorf en Allemagne, d'Avril en Tunisie et de Juin en Russie.
En ce qui concerne les disciplines invitées aux Jeux dans le cadre de l'universalité (natation et athlétisme), l'Etat et le COSNI doivent mettre en place, en collaboration avec les fédérations sportives concernées, un programme conséquent d'entraînement, de préparation et d'incitation. De même, l'Etat du Niger doit, à l'instar des autres Etats africains, dégager des moyens conséquents pour la préparation des athlètes et une participation honorable de notre délégation à RIO.
M. le président, au mois de janvier dernier, le Comité Olympique et Sportif du Niger a organisé, à l'intention des dirigeants des fédérations sportives nationales, un séminaire de formation axé sur ''les modes de règlement des conflits en milieux sportifs''. Quel est l'objectif que vous assignez à une telle formation et quelles en sont vos attentes ?
Depuis plus d'une décennie, le mouvement sportif nigérien est en proie à des crises de natures diverses, mais récurrentes, qui perturbent la quiétude et la cohésion au sein des associations sportives et des sportifs. Ce qui nous interpelle, c'est surtout les recours abusifs aux tribunaux locaux et l'indexation et la mise au ban de notre pays par les instances internationales du sport. Pour dégager les pistes de réflexion tendant à la résolution de ce problème récurrent, le COSNI, en collaboration avec les autorités de tutelle, de la Justice et de la communauté internationale, avec l'appui technique du CIO, s'est engagé à organiser ledit séminaire. Ceci permettra, d'une part, de créer un cadre propice d'échanges et d'impliquer toutes les parties prenantes à la résolution du problème, d'où l'atteinte des objectifs spécifiques assignés au séminaire, et qui sont entre autres l'arrêt systématique des recours aux juridictions de droit commun dans le règlement des différends sportifs; la création et le développement de l'esprit de conciliation et de consensus dans le règlement des différents nés de la gestion et de la mise en place des structures sportives aussi bien au niveau décentralisé qu'au niveau des fédérations faitières; et la mise en place de la commission de conciliation, d'arbitrage et de règlement des conflits du COSNI, qui est statutaire.
Pour apprécier la gravité du phénomène, en 10 ans, sur les 25 cas de litiges résultant de conflits dans le milieu du sport, 23 assignations ont été reçues par les juridictions ordinaires. Il est à noter qu'aucune d'elles n'a fait l'objet d'une vérification de l'épuisement du recours préalable par les dites juridictions, alors que le juge doit préalablement vérifier si tous les recours internes aux structures sportives ont été épuisés avant d'instruire le dossier.
Il est vivement recommandé que les conflits de nature purement sportive et/ou institutionnelle touchant aux organisations sportives soient résolus à l'amiable au sein des institutions sportives compétentes et/ou par la médiation, la conciliation ou l'arbitrage, en dehors des juridictions ordinaires.

Oumarou Moussa(onep)
www.lesahel.org

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