Le Sahel

pub_bann
A+ A A-

Interview du Dr Ibrahim Raphiou, Chercheur nigérien vivant aux USA : « On a conduit cette grande étude pour tout simplement vérifier les effets nocifs de certains produits contre l'asthme qui étaient déjà sur le marché »



Ibrahim-Raphiou-PhDDr Raphiou, vous avez en compagnie d'autres chercheurs, mené deux études concernant les effets d'un produit pharmaceutique pour le traitement de l'asthme. Quel était l'objectif visé à travers ces deux études ?
Je vous remercie pour cette opportunité que vous m'offrez de parler de la recherche. Je vous précise de prime abord que je suis nigérien et que j'étais au Lycée Issa Korombé de Niamey avant de poursuivre mes études aux Etats Unis en 1985. Ce que j'ai étudié et que je fais dans mon travail, c'est la régulation des gènes ; la vérification de l'expression des gènes. En fait c'est de l'oncologie pour voir les causes primordiales de certains cancers. Beaucoup de gens pensent que ce sont des mutations. C'est vrai que ce sont des mutations, mais il ya d'autres facteurs qui interviennent comme l'expression des gènes, la mutilation des régions promotrices, une modulation des facteurs de transcription des gènes. Cela modifie l'expression de ces gènes là. Donc, le centre d'intérêt de mon étude se situe dans cette oncologie du cancer du poumon, cancer du sein, cancer de la vessie, cancer d'estomac et cancer de sang. En faisant cela, j'ai eu l'opportunité de travailler pour cette compagnie, Glaxo Smith Kline ; qui était intéressée par la question, surtout par la prévention et le traitement du cancer. J'avais aussi eu l'opportunité de travailler pour d'autres compagnies qui sont dans le champ des études de l'asthme. Je fais partie d'une équipe qu'on appelle le Leader de l'investigation des études cliniques. Je suis actuellement le directeur scientifique des affaires médicales. On a conduit cette grande étude pour tout simplement vérifier les effets nocifs de certains produits contre l'asthme qui étaient déjà sur le marché. Après cette étude a été publiée dans un grand journal, The New England Journal of Medicines, qui est visible sur internet.
De manière résumée, à quels résultats vos études sont-elles parvenues ?
Les résultats ont démontré que ces produits chimiques pour le traitement de l'asthme, dont certaines personnes ont soupçonné avoir des effets nocifs, n'ont pas ces effets nocifs.
Et quel est l'impact de ces résultats sur la vie de tous les jours ?
L'équipe est convaincue que maintenant cela va faciliter la confiance des médecins pour prescrire ces médicaments sans crainte de ces soupçons d'effets nocifs de ces médicaments. Donc cette étude a démontré qu'il n'y avait pas ces signaux nocifs que beaucoup de médecins soupçonnaient. Ce qui va faciliter globalement le traitement de l'asthme.
Docteur pourquoi avez-vous choisi d'exercer aux Etats Unis d'Amérique, plutôt qu'au Niger ?
Je suis né ici et j'ai grandi ici. J'aime le Niger ; c'est un beau pays. On a beaucoup de problèmes économiques. Mais selon moi, ce ne sont pas des problèmes économiques, mais plutôt des problèmes de culture. C'est notre culture qu'il faut améliorer.
Vous pensez que c'est un manque d'ouverture sur le monde ?
C'est possible que ce soit un manque d'ouverture sur le monde ; mais je sais que nos populations ont beaucoup de potentiels. Donc ce qu'il faut, c'est de voir ce que d'autres pays ont fait, de prendre de bons exemples et de les appliquer ici. Je sais qu'on a des obstacles comme le climat ; et je sais qu'on ne travaille pas toujours ensemble. La culture peut changer avec l'éducation. On a du travail à faire, surtout un travail d'organisation, et un travail ensemble. Je suis un scientifique, et je fais un effort pour savoir quelles sont les vraies causes de nos problèmes. Ces problèmes que nous avons, ont des solutions. Ce qu'il faut c'est d'appliquer ces solutions. Le changement est très difficile, c'est vrai ; mais il est possible.
Quelle est la contribution du chercheur nigérien vivant aux Etats Unis dans le développement de son pays ?
Le but que vise un chercheur c'est de trouver des solutions. C'est de comprendre les choses d'une manière scientifique, la vraie cause des choses ; comment elles communiquent, et comment appliquer les résultats à d'autres systèmes, et à grande échelle. A mon avis la contribution des chercheurs nigériens qui sont à l'étranger, c'est de comprendre ce qui marche et de faire un effort pour voir comment on peut appliquer ça au Niger. Les problèmes qui existent au Niger, ont leurs solutions au Niger. Mais tout le problème, c'est de convaincre la masse qu'il ya des solutions et d'appliquer ces solutions. Quand je vois des américains qui ont visité le Niger, je leur demande toujours qu'est-ce qu'ils ont remarqué. Au début, ils ont tendance à ne pas être honnête de peur de m'affronter. Alors quand j'insiste, ils me disent, en Afrique on dirait que les gens vivent sur leurs poubelles. Il ya beaucoup de plastiques partout. Alors que comme solution, là où j'habite je connais deux usines, dont l'une utilise le plastique pour produire de l'énergie. Pour arrêter la fumée, il ya des filtres qui retiennent les particules qu'il ya dans la fumée ; quand la fumée sort elle n'est pas toxique. L'autre usine utilise aussi le plastique pour faire du fil, et confectionner des pull-over. Il ya aussi des usines qui fabriquent des pare-chocs de voitures avec le plastique recyclé. Donc il ya des solutions. Parfois un désavantage peut être transformé en avantage. Un philosophe chinois qui s'appelle Cheng Zou a écrit un livre, l'art de la guerre ; un livre vieux de plus de 2500 années. Même maintenant, beaucoup de gens appliquent ses tactiques dans le business et le mangement des problèmes économiques.
Globalement est-ce que vous ne prônez pas une reconversion des mentalités ?
Il ya une expression qui dit que les populations, et les civilisations évoluent ou périssent à cause de leurs cultures. Je ne blâme pas le pays, mais chaque fois il faut faire un effort pour changer, trouver quelque chose de nouveau et l'appliquer. Par exemple là où je vis, les gens savent que chaque semaine, il ya de nouvelles informations qui sont publiées. Il faut lire, apprendre de ces publications, et savoir comment ces études ont été faites. Si vous ne faites pas un effort pour apprendre de nouvelles informations, vos talents sont déjà vieux, dépassés. Donc il faut toujours faire un effort supplémentaire pour apprendre quelque chose de nouveau et avancer.
Docteur, qu'entrevoyez-vous en termes de perspectives d'avenir pour le Niger ?
La plupart de nos problèmes ont des solutions. Seulement, comme je le disais, il faut faire un effort. Je ne jette la pierre à personne, tout ce que je dis ce qu'on peut faire un effort commun pour résoudre ces problèmes et avancer. Je suis convaincu que les solutions existent. Ce qui m'a surpris quand j'étudiais là-bas, avant même que je ne commence à travailler, c'est que tout est étudié. Même les problèmes de l'étranger. Et conséquemment, il ya beaucoup de publications qui ont montré des solutions. Peut être qu'en modifiant un peu ces solutions, on peut les appliquer ici. Je suis une personne optimiste, et je sais que l'avenir du Niger est clair et brillant. Il faut juste étudier les solutions et les appliquer. Mais je sais que cela n'est pas si facile. C'est une règle même de la physique. On prend plus de l'énergie pour commencer quelque chose, que pour la maintenir. Alors commencer une chose est très important. Je sais que le gouvernement et tout le peuple nigérien sont sur le bon chemin. Et j'étais surpris du changement que j'ai constaté depuis mon arrivée à Niamey.

Réalisée par Oumarou Moussa(onep)
www.lesahel.org

L'invité de Sahel Dimanche

Dr Biga Mariama, Enseignant Chercheur à l'Université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey : « Pour l'autonomisation de la fem…

Dr Biga Mariama, Enseignant Chercheur à l'Université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey : « Pour l'autonomisation de la femme nigérienne, il faut que l'Etat inscrive le genre au nombre des volets prioritaires des programmes de développement »

Les femmes nigériennes ont célébré le 13 mai dernier la journée qui leur est dédiée sous le signe de « l'éducation et la formation de la jeune fille garantissent l'autonomisation économique de la femme pour un développement durable ». Quelle est pour vous la pertinence d'un tel thème au regard de la situation actuelle de la femme nigérienne ?Il semble important d'indiquer en premier lieu le contexte social dans lequel elles vivent. La s...

M.Sadou Saloké, gouverneur Agadez : ''À travers le Programme de la renaissance, l'Etat s'est résolument engagé dans une …

M.Sadou Saloké, gouverneur Agadez : ''À travers le Programme de la renaissance, l'Etat s'est résolument engagé dans une logique de développement durable»

Monsieur le gouverneur, depuis 2011, le ''Programme de la Renaissance'' est mis en œuvre dans toutes les régions du Niger. Quelles sont ses réalisations dans la région d'Agadez et quel commentaire cela suscite-t-il en vous?Il faut noter que la région a abrité la fête tournante du18 décembre ''Agadez SOKNI 2016''. A travers cet évènement, un certain nombre d'indicateurs font aujourd'hui qu'Agadez s'est définitivement tourné vers le progr...

Me Ali Sirfi Maïga, Médiateur de la République : ''Nous avions discuté autour de plusieurs questions concernant la vie d…

Me Ali Sirfi Maïga, Médiateur de la République : ''Nous avions discuté autour de plusieurs questions concernant la vie de l'AMP-UEMOA''

M. le Médiateur, vous avez organisé, cette semaine au Parc du W, la réunion de l'Association des Médiateurs des pays membres de l'UEMOA. Pouvez-vous nous donner la substance des échanges que vous avez eus avec vos collègues de l'UEMOA ?Je vous remercie de cette opportunité que vous m'offrez pour parler des activités de notre association des Médiateurs des pays membres de l'UEMOA. C'est vrai que cette semaine nous avions accueilli nos co...

Colonel Major Mahamadou Abou Tarka, président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix : «La fête du 24 avril …

Colonel Major Mahamadou Abou Tarka, président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix : «La fête du 24 avril nous permet de rappeler la rébellion, de parler de l'unité nationale, d'un Niger dans lequel tous ses enfants se sentent solidaire

Créée en 1995 pour suivre la mise en œuvre des accords de paix de 1995 et des autres protocoles additionnels à ces accords intervenus en 1998, la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), qui est rattachée à la Présidence de la République, est chargée entre autres de l'analyse prospectrice, de la prévention et de la gestion des crises et des conflits. Dans cette interview réalisée à moins d'une semaine de la célébration de la...

M. Mahamadou Dan Dano Lawaly, gouverneur de la Région de Diffa : ''On peut dire qu'en matière de sécurité, le plus diffi…

M. Mahamadou Dan Dano Lawaly, gouverneur de la Région de Diffa : ''On peut dire qu'en matière de sécurité, le plus difficile est derrière nous, et qu'il reste à consolider et à pérenniser la paix''.

Monsieur le gouverneur, quelles sont les réalisations effectuées dans les différents secteurs de la vie socio-économique de la Région de Diffa?Malgré la situation sécuritaire difficile qui constitue une entrave à toutes les activités dans la région de Diffa, la mise en œuvre du Programme de la Renaissance acte II se fait de façon assez bonne, comparativement aux autres régions. Ainsi, on peut retenir, dans les secteurs prioritaires, les...

Mme Ousseini Hadizatou Yacouba, vice-présidente de l'Internationale Socialiste des Femmes (ISF) pour l'Afrique de l'Oues…

Mme Ousseini Hadizatou Yacouba, vice-présidente de l'Internationale Socialiste des Femmes (ISF) pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre : «Depuis sa création en 1907, l'Internationale Socialiste des Femmes (ISF) ne cesse de lutter pour les droits des

Madame, vous avez été élue, le 26 février dernier à Cartagena des Indes, en Colombie, vice-présidente de l'Internationale Socialiste des Femmes pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre. Pouvez-vous nous dire les conditions dans lesquelles se sont déroulées ces élections et quels pays le Niger avait comme challengers?Je vous remercie pour cette opportunité que vous me donnez de vous parler de l'Internationale Socialiste des Femmes (ISF) et...

Général de Brigade Ibra Boulama Issa, Directeur du Centre National d'Etudes Stratégiques et de Sécurité (CNESS) : ''Face…

Général de Brigade Ibra Boulama Issa, Directeur du Centre National d'Etudes Stratégiques et de Sécurité (CNESS) : ''Face aux défis sécuritaires multiformes qui menacent ses efforts de développement, de renforcement de sa jeune démocratie et de modern

Mon Général, vous êtes le directeur du Centre National d'Etudes Stratégiques et de Sécurité (CNESS). Veuillez nous présenter cette structure, nouvelle au Niger, et qu'on a l'habitude de voir que dans les pays développés ?Je voudrais tout d'abord vous remercier pour l'opportunité que vous me donner de parler du CNESS. D'emblée, je dirai que le CNESS est un outil d'aide à la décision, autrement dit un ''think tank'' au service de l'Etat e...

Interview du directeur du Contentieux de l'Etat, M. Ibro Zabaye : ''Aucune saisie n'est définitive et par conséquent rie…

Interview du directeur du Contentieux de l'Etat, M. Ibro Zabaye : ''Aucune saisie n'est définitive et par conséquent rien n'est acquis pour Africard et rien n'est encore perdu pour le Niger''

Le tribunal de Nanterre a rendu sa décision le 14 mars dernier dans l'affaire qui oppose l'Etat du Niger à Africard. Quelle lecture vous inspire ladite décision ?Merci. Par rapport à cette décision, il faut retenir tout d'abord que c'est une décision avant dire droit, c'est-à-dire un jugement accessoire qui se rapporte à une question qui se rattache à la conduite du procès, mais qui n'est pas le procès proprement dit. En d'autres termes...

Dr Assane Barazé, expert agréé en Santé de Travail au Niger : ''La Médecine du travail a un rôle exclusivement préventif…

Dr Assane Barazé, expert agréé en Santé de Travail au Niger : ''La Médecine du travail a un rôle exclusivement préventif consistant à éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail ou des conditions dans lesquelles celui

La Médecine de travail est une activité professionnelle reconnue par l'Organisation Internationale de Travail OIT et par plusieurs autres organismes internationaux dont l'OMS. Notre pays est d'ailleurs signataire des principaux instruments internationaux qui régissent cette discipline spécialisée. Seulement, force est de constater que, jusqu'à un passé récent, elle n'est pratiquement pas exercée ici, et même si c'est le cas, peu d'impor...

M. Assoumana Mallam Issa, ministre de la Renaissance Culturelle et de la Modernisation Sociale, porte-parole du Gouverne…

M. Assoumana Mallam Issa, ministre de la Renaissance Culturelle et de la Modernisation Sociale, porte-parole du Gouvernement : ''Zinaria'', ''Délou'', et ''L'arbre sans fruit'', films présentés par le Niger, constituent de réels espoirs pour remporte

M. le ministre, vous avez assisté, hier au stade municipal Issoufou Joseph Konambo, à l'ouverture du 25ème Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou avec une forte présence des acteurs du cinéma africain et mondial. Peut-on connaitre les impressions qui vous animent à l'issue de cette cérémonie grandiose ?C'était une cérémonie dont la grandeur ne peut se mesurer qu'à la gloire du FESPACO. Les autorités politiques...

AG/ONU

Editorial

Audiences

Dossier

Mashhad, la deuxième grande ville de la République…

Mashhad, la deuxième grande ville de la République Islamique d'Iran : Une cité classée par l'UNESCO « Capitale culturelle du monde islamique » en 2017

Du 25 au 27 avril dernier, s'est tenu à Mashhad, le premier sommet des Maires des pays du ...

jeudi 18 mai 2017

Visite au mausolée de l'Imâm Ridha ou Rezâ à Mashh…

Visite au mausolée de l'Imâm Ridha ou Rezâ à Mashhad : Héritage spirituel et architectural de l'histoire iranienne

L'Iran abonde de lieux de pèlerinage, non seulement musulmans, mais également chrétiens, j...

jeudi 18 mai 2017

Jardin botanique de Mashhad : Un lieu de distracti…

Jardin botanique de Mashhad : Un lieu de distraction, de repos et de tourisme

Des espaces verdoyants, sereins, des espèces rares de plus de 4000 variétés. Des moments o...

jeudi 18 mai 2017

L'air du temps

Vous avez dit autonomisation de la femme?

Vous avez dit autonomisation de la femme?

Une fois n'est pas coutume, les femmes nigériennes ont célébré, sans trop de faste, le wee...

jeudi 18 mai 2017

Newsletter

© Le portail dynamique de l'information au Niger | conception jourdain-informatique.