Le Sahel

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M. Assoumana Mallam Issa, ministre de la Renaissance Culturelle et de la Modernisation Sociale, porte-parole du Gouvernement : ''Zinaria'', ''Délou'', et ''L'arbre sans fruit'', films présentés par le Niger, constituent de réels espoirs pour remporte


invitM. le ministre, vous avez assisté, hier au stade municipal Issoufou Joseph Konambo, à l'ouverture du 25ème Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou avec une forte présence des acteurs du cinéma africain et mondial. Peut-on connaitre les impressions qui vous animent à l'issue de cette cérémonie grandiose ?
C'était une cérémonie dont la grandeur ne peut se mesurer qu'à la gloire du FESPACO. Les autorités politiques burkinabè, avec à leur tête le Président de la République Rock Marc Christian Kaboré, ont confirmé leur attachement à ce festival panafricain. Je crois que la présence aussi des ministres de la Côte d'Ivoire, du Mali, du Niger et des autres pays, a pu nous démontrer l'importance que les pays africains accordent à ce festival. Et particulièrement pour le Niger, je crois que la délégation forte qui est venue à ce FESPACO prouve tout l'intérêt des autorités de la 7ème République, et leur attachement à la culture, particulièrement au cinéma, et aussi du fait que, pour la première fois, nous avons 5 films qui sont sélectionnés ; cela prouve également le dynamisme du cinéma nigérien, la vitalité de ce cinéma, et je crois que nous n'avons pas tort de les accompagner, d'être ici à cette cérémonie grandiose. Vous avez vu toutes les composantes, tous les moments forts de cette cérémonie, les discours pertinents, les manifestations culturelles avec la présence de la seule troupe étrangère qui est celle du Niger, la troupe Sogha, qui est invitée d'honneur et qui s'est produite à l'ouverture, bien entendu, en dehors du pays invité d'honneur qui est la Côte d'Ivoire qui a amené la méga star Alpha Blondy. C'est un honneur pour le Niger. De l'autre côté, vous avez vu la fantasia et la chorégraphie des chevaux, c'est un moment que nous n'allons pas vite oublier.

Vous avez relevé tantôt la forte présence du Niger à ce 25ème FESPACO avec cinq films. Etes-vous optimiste quant au succès final de ces films nigériens ?
Il y a trois films en compétition et deux films en panorama. Je suis tenté de vous dire ce que j'ai affirmé au Président du Burkina Faso : je reviendrai le samedi pour repartir avec l'Etalon de Yenega, parce que les trois films qui sont présentés sont d'une qualité extraordinaire, imposante. Car je crois que les 3 films présentés, ''Zinaria'', ''Délou'', et ''L'arbre sans fruit'', constituent de réels espoirs de trophée. Pour parler plus sérieusement, je suis en train d'hésiter si je ne devrais pas être là au moment de la proclamation des résultats parce que je ne voudrais vraiment rater aucun moment, aucun instant de joie. Tout cela pour vous dire combien je suis optimiste, combien les Nigériens doivent être optimistes, vu la qualité de nos films. Je crois que nous n'avons pas de raison de désespérer. Je sais que le 5 mars prochain, le Niger aidera ces cinéastes là à manifester leur joie en venant les accueillir lorsqu'ils apporteront un trophée, ou lorsqu'ils apporteront pratiquement l'Etalon de Yenega pour la deuxième fois dans l'histoire du FESPACO.

Plusieurs thématiques seront abordées au cours de ce 25ème FESPACO, dont la formation et le financement du cinéma. Que pensez-vous de la pertinence de tels sujets pour nos pays?
Il faut dire d'abord que le thème principal même du FESPACO est lié à la formation et à l'encadrement. Je crois que, sur ce plan là, nous sommes en train de prendre de l'avance ; dans le cadre de la réorganisation de notre ministère, nous avons prévu une Direction de la Formation et de l'Encadrement Artistique. Cela veut dire que nous allons être désormais très attentifs aux besoins d'encadrement, de formation, de renforcement de capacités des artistes, et particulièrement des cinéastes dans le cas d'espèces; mais aussi, quand on parle de financement, je crois que c'est toute la grande problématique qui préoccupe les Etats africains en matière de financement de la culture. Je crois qu'il y a toute une philosophie à réinventer, il y a tout un processus, il y a tout un système à mettre en place pour que nous puissions, de façon efficace, accompagner les artistes dans le financement de leurs arts, dans le financement de la culture. Et particulièrement, pour ce qui concerne le Niger, nous sommes en train d'aller dans le sens de la création d'un fonds d'appui à la culture que nous avons appelé le FONDA, mais qui malheureusement n'arrive pas à voir le jour, mais les textes sont déjà finalisés. Nous allons tenir un atelier, et j'en ai parlé aux cinéastes qui sont là à Ouaga, lorsque je leur ai rendu visite hier. Je leur ai dit qu'à leur retour, d'ici le mois d'avril, nous allons avoir une de table-ronde sur le financement de la culture, et dont la particularité sera de trouver les moyens pour financer les films de façon autonome, sans que nous ayons besoin d'aller chercher des financements extérieurs; car le cinéma et la culture sont des instruments de souveraineté, ce sont des instruments qui méritent d'être maitrisés par le pouvoir en place, par les acteurs en place et nous allons faire en sorte de trouver des mécanismes souples, des mécanismes pérennes qui puissent nous garantir un financement adéquat de la culture de façon générale.

Un accent particulier a été mis sur la formation et les métiers du cinéma à l'occasion de ce 25ème FESPACO. Pensez-vous que ces deux thématiques peuvent être développées dans les politiques de nos Etats?
Le programme stratégique que nous avons élaboré, et qui va être incessamment adopté par le Gouvernement, met l'accent sur toutes ces questions là. Nous n'avons pas d'autre choix en Afrique que de mettre l'accent sur ces instruments et sur ces approches, et faire en sorte que nous puissions avoir une production de qualité et des politiques de promotion des produits culturels. Et je crois que c'est là que la coopération Sud-Sud peut avoir toute sa place. Le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal et la Côte d'Ivoire sont des pays qui ont beaucoup avancé en matière de cinéma, de musique, d'art et de peinture. Nous allons voir dans quelle mesure créer des synergies avec ces pays, et aller dans le sens de l'atteinte de l'objectif global qui est celui de ramener la culture au cœur des programmes de développement. Cela est possible, et le Niger est en train de donner le son de cloche avec la Renaissance Culturelle. Et je crois que le retour des salles de cinéma et des ateliers prouve qu'on est arrivé à la limite d'un certain nombre d'instruments qui ont supporté le cinéma et la culture ; et donc nous allons revenir aux instruments classiques, à la coopération classique pour renforcer les capacités des producteurs, des réalisateurs, et des artistes de façon générale.

M. le ministre, quel lien établissez- vous entre la Renaissance Culturelle et le cinéma ?
Regardez bien les thématiques qui sont développées dans les trois films sélectionnés pour la compétition. Un des films parle d'une tradition africaine, d'une cérémonie de mariage, et de tout ce que cela comporte comme contraintes pour les femmes et pour la société de façon générale. Le deuxième film parle d'une préoccupation sociale, celle de la stérilité dans les couples africains, et particulièrement nigériens, et de tout ce que cela comporte comme préjugés à combattre, comme malentendus sociaux qui aboutissent souvent à la rupture des couples. ''L'arbre sans fruit'' remet à la surface cette question, et je pense que c'est une thématique de sensibilisation. Le troisième film, ''Délou'', est une série télévisée qui parle de la nécessité de partager le pouvoir entre les hommes et les femmes, de ne pas freiner l'élan de la femme à prendre des décisions, à s'engager dans la politique, parce qu'elle peut être efficace dans le sens de l'amélioration des conditions de vie de la femme, et lui garantir une participation dans les prises de décisions politiques et sociales. Je crois que c'est autant de thématiques qui peuvent être utilisées par la Renaissance Culturelle pour faire de la sensibilisation, afin qu'on soit un peu plus rationnel dans nos agissements, dans nos comportements. Qui mieux que le cinéma, la musique, la peinture, peut nous permettre d'avoir des supports pour convaincre les citoyens à être un peu plus rationnels, et un peu plus responsables dans les comportements et attitudes, et surtout dans les prises des décisions?

Réalisée par Oumarou Moussa, envoyé spécial(onep)
www.lesahel.org

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