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Portrait du chef de Canton d' Illela : L'honorable Yacouba Habibou Oumani est en train de mettre fin au mariage des enfants dans son entité coutumière



d-2Le partenariat entre la chefferie traditionnelle et l'UNICEF et l'UNFPA se porte bien. Il est même appelé à connaître de nouvelles perspectives avec l'engagement sans faille de certains leaders traditionnels à l'exemple du chef de Canton d'Illela. L'honorable Yacouba Habibou Oumani s'est investi avec un tel sens élevé de responsabilité pour la cause de l'enfant qu'il est devenu un exemple. Le Canton d'Illela sur lequel il règne compte 240 villages avec un taux élevé de mariages de jeunes filles dès 12 à 13 ans. Une situation qui frôle le drame social.
Monté sur le trône il y a quatre ans, cet ancien fonctionnaire de 60 ans a mesuré toute l'étendue du phénomène et décidé de changer les choses. Selon l'honorable Yacouba Habibou Oumani, « les statistiques étaient insupportables. »
« Ma première année à la tête du canton, j'étais confronté à une fréquence élevée de demandes de séparation de mariages, dont un grand nombre de divorcées de 13 à 14 ans d'âge », raconte le chef. Sa conclusionestqu'une telle situation ne pouvait découler que d'un taux élevé de mariages forcés de mineurs, car à 12 -13 ans, on ne peut pas parler de consentement pour une fille que les parents ont décidé de donner en mariage, car à cet âge, elle est encore privée de discernement. Fort du renforcement de capacités dispensé aux chefs traditionnels dans leur partenariat avec l'UNICEF et l'UNFPA, Yacouba Habibou Oumani, après s'être concerté avec les directions départementales en charge de l'Education et de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant, décida d'agir. Il entreprit une longue tournée sur l'ensemble du territoire coutumier, village par village, pour rencontrer, parler et sensibiliser sa population sur la question du mariage des enfants. Le chef a mis toute sa conviction à les convaincre de laisser tomber le mariage forcé et précoce et cela, pour donner une chance à leurs fillettes de recevoir l'instruction nécessaire pour assumer leur avenir.
Mieux, pour que cette tournée ne reste pas des paroles en l'air, il approcha les services judiciaires compétents à l'effet d'asseoir une décision sur papier qui puisse revêtir un caractère d'autorité coutumière. Cette décision est devenue la fameuse circulaire du 28 février 2016 du chef de Canton d'Illéla qui impose à toute la chaîne d'autorités coutumières (à savoir chef de village, imam et cadi de chaque village)qu'il est formellement interdit daccepter de célébrer le mariage des filles mineures, car l'école est obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans au moins. La circulaire prévient que tout contrevenant s'expose à des sanctions de la part de la haute autorité coutumière.Depuis que le chef de Canton a décidé d'agir ainsi et de veiller à l'application de la circulaire, les services techniques de l'Etat et les ONGs intervenant à Illéla se réjouissent du résultat sur le terrain. Selon la directrice de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant d'Illela, Mme Adamou Balkissa Hamza, « avant la décision du chef, il (nous) arrivait d'être saisi de plus de 50 cas de mariage d'enfants par an avec abandon de l'école. Mais depuis la décision du chef, il n'y a eu que 2 cas signalés courant 2018 et promptement réglés avec reprise du chemin de l'école des jeunes filles données en mariage. Le chef lui-même nous confirme cette chute des statistiques des mariages d'enfants depuis 2 ans.Même les deux cas que la cour du Chef a enregistré cette année ne concernent que des mariages scellés hors du pays. L'Ader compte plus que les autres régions du Niger une importante communauté établie à l'extérieur du pays. Il arrive fréquemment que des petites filles soient retirées de l'école et données en mariage à des exodants établis dans les pays de la sous-région.
Le cas le plus pathétique, nous explique le chef lui-même, est celle d'une fille que la maman a retirée de la classe de CM2 pour la donner en mariage à Cotonou, au Bénin. Dépaysée, laissée entre les mains d'un homme qu'elle n'avait jamais vu auparavant, elle s'est échappée pour venir se réfugier à l'autogare de Cotonou où elle a demandé de l'aide pour regagner Illéla. Un couple béninois de vendeurs l'a recueillie et gardée plusieurs jours. Pendant ce temps, le mari a téléphoné aux parents ici au pays pour dire que leur fille avait quitté le domicile conjugal et qu'il la recherchait en vain depuis plusieurs jours. Saisi, le chef a ordonné aux parents de rechercher et ramener cette fille. Pendant ce temps, le couple des vendeurs béninois a eu la présence d'esprit, à partir du rudiment de français parlé par la fille, de comprendre qu'il s'agissait d'une jeune Nigérienne en détresse, originaire d'une ville nommée Illela, et qui voulait regagner son pays.Le Béninois a eu la gentillesse de la confier à un transporteur routier nigérien pour qu'il la ramène au pays. Ce dernier, comprenant la détresse de sa jeune compatriote,l'a ramenée jusqu'à la cour du chef de canton d'Illela.
« Je l'ai d'abord mise en observation médicale, explique le chef, avant de lu ifaire réintégrer l'école. Le deuxième cas également concerneun mariage à Abidjan.Quand on nous a mis au courant, j'ai entrepris personnellement de saisir le mari en Côte d'Ivoire qui n'a pas discuté et nous a renvoyé la fille qui a aussitôt repris le chemin de l'école ».
Quand nous avons demandé au chef de canton Yacouba Oumani comment il réussit à éradiquer un phénomène social là où l'Administration enregistrait peu de résultats, il nous a expliqué que « la population rurale comprend mieux le langage de la chefferie traditionnelle, à cause de la valeur qu'elle incarne pour eux. Ils ont confiance qu'un Chef traditionnel ne cherche que l'intérêt de sa communauté dont il est le serviteur plutôt qu'une autorité qu'il faut servir. En tout cas, ici dans l'Ader, cette sorte de sens de piété filiale entre eux et nous est encore très forte.Les populations reviennent toujours vers nous les chefs traditionnels pour s'assurer que les décisions de l'administration moderne ou des projets et ONG sont passées par nous avant de les accepter».

Mahaman Bako,Envoyé spécial(onep)

12/10/18

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