Le Sahel

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SE. Adani Illo, ambassadeur du Niger auprès de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, de la Grèce et de l'Islande, et représentant permanent auprès de l'Union Européenne : ''Cette loi vient rétablir les Nigériens de l'extérieur dans leurs droits p

SE. Adani Illo SE. Adani Illo

Excellence, la Coupe du Président de la République, dont vous êtes un des initiateurs, prend fin aujourd'hui au Stade Municipal de Niamey. Qu'est-ce qui a sous-tendu l'idée de l'organisation d'un tel tournoi au Niger ?
Merci de me donner l'occasion de parler de la communauté nigérienne en Belgique à travers ce projet de tournoi dénommé ''Coupe du Président de la République''. Pourquoi ce tournoi? Pour deux raisons essentielles : la première, c'est que la communauté nigérienne de Belgique, qui fait partie de la 9ème région du Niger, comme l'a proclamé le Président de la République, entend apporter sa contribution dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de Renaissance du Niger, et dans le volet que nous estimons à notre portée, celui qui concerne la jeunesse et le sport, et où nous pensons pouvoir avoir des avantages comparatifs que nous pouvons mettre en avant. La deuxième raison, c'est qu'il vous souviendra que le Président de la République avait promis à la Diaspora nigérienne qu'il allait engager une modification de l'ordonnance portant Code de la nationalité. C'était une promesse, et une promesse qui a été accomplie, et qui est consacrée. Donc, à travers ce tournoi, nous voulons remercier le Président de la République pour cette action. Nous voulons également remercier l'Assemblée Nationale qui a su voter cette loi. Comme vous le savez, nous sommes les bénéficiaires de cette loi, particulièrement les Nigériens qui sont en Europe, et ceux qui sont en Amérique. Il était donc tout à fait naturel que nous remercions la communauté nationale à travers le Président de la République, SEM. Issoufou Mahamadou, d'où la dénomination ''Coupe du Président de la République'', mais aussi l'Assemblée Nationale, à travers le match de gala qui va opposer l'équipe du Gouvernement et l'équipe de l'Assemblée Nationale, pour remercier à la fois les deux.
Excellence, comment avez-vous procédé pour concrétiser cette idée d'organiser le tournoi de football à Niamey?
Nous avons commencé par mobiliser tout ce qu'on a comme ressources dans la circonscription de l'ambassade de Bruxelles, notamment des ressources humaines et des ressources financières. Les ressources humaines viennent essentiellement de la diaspora nigérienne en Belgique parce que nous avons des talents au niveau de la communauté nigérienne qui est là-bas. Nous avons des footballeurs professionnels qui ont été ceux qui ont permis techniquement de concevoir ce projet. Quant aux ressources financières, nous avons mobilisé des partenaires qui sont des sociétés qui travaillent avec le Niger, ou qui ambitionnent d'obtenir des marchés au Niger. L'ambassade elle-même a contribué, ainsi que le bureau de l'Association des Ressortissants Nigériens en Belgique. Le partenaire officiel de ce tournoi s'appelle Bio Solar; c'est une entreprise qui est dans le domaine du solaire et qui est en pourparlers avec les autorités nigériennes pour l'électrification à partir de l'énergie solaire. C'est une entreprise belgo-luxembourgeoise. Nous avons, à partir de ce noyau, demandé également la contribution de certaines sociétés de la place. Nous avons des annonces de contributions d'un certains nombre de sociétés de la place. Il y a donc un certain nombre de sociétés qui vont nous aider dans l'organisation du tournoi, mais aussi dans le suivi. Après la formation, que nous allons financer, il faudrait qu'elle débouche sur l'emploi.
En levée de rideau de la finale de cet après-midi, il y aura un match qui opposera l'équipe du Gouvernement à celle de l'Assemblée Nationale. Excellence, quel sens donnez-vous à cette rencontre ?
Le sens que nous donnons à cette rencontre procède de notre propre déontologie diplomatique qui consiste à établir chaque fois la sérénité, la paix. Dans toutes nos actions, nous sommes guidés par cela. Et pour remercier aussi, nous procédons par la compétition qui est aussi un moyen pacifique. Et pour nous, le match Assemblée contre Gouvernement, c'est pour dire merci aux deux institutions. Parce que le Gouvernement a apporté sa contribution à travers l'initiative du Président de la République ; et que l'Assemblée Nationale a voté la loi. En faisant ce match de gala, cela nous permet de leur dire merci. Pour l'arbitrage, c'est une question un peu difficile pour nous, car nous-mêmes, nous représentons à la fois le Niger, et nous sommes une branche de l'exécutif; nous sommes en train de réfléchir sur l'arbitrage, et nous avons pensé que le Corps Diplomatique pourrait valablement arbitrer ce match, car si on demande à un agent de l'Etat de le faire, peut-être que l'Assemblée Nationale ne serait pas tout à fait d'accord.


Excellence, la diaspora nigérienne vivant en Belgique est une des plus actives en Europe. Quel est le socle sur lequel repose ce dynamisme de la communauté nigérienne en Belgique sur toutes les questions d'intérêt national ?
Le socle sur lequel ce dynamisme se fonde, c'est la structuration de la communauté nigérienne en Belgique. Elle est importante, c'est vrai, mais je crois que c'est l'une des diasporas les plus structurées parce qu'elle dispose d'une association qui regroupe l'ensemble des Nigériens sur une base totalement apolitique, sur une base liée essentiellement à l'appartenance à la communauté nationale. A côté de cette structure mère qui est ARNIBEL (Association des Ressortissants Nigériens en Belgique), il y a d'autres associations, qui sont des associations soit thématiques, soit des jeunes, ou qui tendent à promouvoir telle ou telle autre activité, et qui sont fédérées par cette association-mère. Le deuxième élément, c'est qu'il y a vraiment un lien intime entre la communauté nigérienne et l'Ambassade. Et vraiment le courant passe bien entre nous, et parce que le courant passe, on peut aider à canaliser les efforts vers les actions qui fondent le développement, et vers des actions qui tendent à promouvoir des projets pour le pays.
Excellence comment se passe le séjour des Nigériens en Belgique ?
Il y a toujours des difficultés dans toutes les communautés. Mais je peux vous certifier que la communauté nigérienne de Belgique, et celle de la Hollande aussi, est citée en exemple par les autorités belges particulièrement, parce que c'est une des communautés les plus pacifiques. C'est une des communautés où ne prévaut pas la criminalité. C'est une communauté qui vit principalement de ses activités économiques. C'est une communauté qui fait honneur à la communauté nationale. Globalement, tout se passe bien, elle a besoin d'être organisée davantage pour que toute cette énergie, qui est très commerciale, soit canalisée vers des actions plus profitables à la communauté nationale. Du point de vue de l'intégration, il y a certainement des choses à améliorer, mais la majeure partie de cette communauté dispose des papiers nécessaires. Ce qui n'était pas le cas il y a quelques années, parce que beaucoup étaient dans une situation de clandestinité, qui n'est pas une situation favorable à toute activité économique. La majeure partie de cette communauté est aujourd'hui en règle, d'où l'intérêt pour elle de faire en sorte que ces papiers qu'elle a ne constituent pas une source de sanction par la communauté nationale. Parce que sous l'empire de l'ancienne ordonnance portant Code de la nationalité, un Nigérien qui a acquis une nationalité étrangère soit par le séjour, soit par le séjour de sa famille, soit par le mariage, perd sa nationalité nigérienne. Tant qu'on était dans cette situation, il était difficile de mobiliser cette diaspora. Cette loi vient rétablir quelque chose qui a été cassé entre la communauté nigérienne à l'extérieur et la communauté nationale, elle vient rétablir les Nigériens de l'extérieur dans leurs droits, parce qu'elle leur permet de recouvrer la plénitude de leurs droits citoyens.
Excellence, pouvez-vous nous donner un aperçu sur l'état de la coopération entre le Niger et la Belgique d'une part, et entre notre pays et l'Union Européenne d'autre part ?
La coopération entre le Niger et la Belgique est importante, elle est dynamique et historique. Parce que la Belgique est un partenaire de tout temps pour le Niger, et un partenaire qui a toujours su accompagner le Niger même pendant les périodes des pires turbulences politiques où certains partenaires ont même suspendu leur coopération avec le Niger. La Belgique a toujours été présente au Niger. Il vous souviendra, il y a plus de quinze ans de cela, que la Belgique a même eu à payer des arriérés de salaires des fonctionnaires nigériens. C'est donc une coopération qui se porte bien, et qui est en train d'évoluer vers de nouveaux horizons, et de nouveaux défis, notamment sécuritaires qui se posent aujourd'hui. Les secteurs que cette coopération couvre sont importants. La Belgique est le Chef de file des partenaires dans le domaine de la santé, la santé humaine, mais aussi elle intervient dans le domaine de la santé animale. Le deuxième axe est celui du développement rural, en appui à l'Initiative 3N ; le troisième axe est celui de la formation civile et militaire ; et le quatrième axe, c'est celui de l'appui aux collectivités territoriales, particulièrement dans la région de Dosso. Avec le Luxembourg, nous avons un partenariat très dynamique, très spécifique parce que le Niger est un des huit pays au monde de concentration de la coopération luxembourgeoise. Cela vous donne déjà la mesure de l'intérêt que ce pays accorde au Niger. Le deuxième aspect, c'est que c'est un partenariat qui se déroule uniquement sous forme de subvention et de don. Il n'y a aucun prêt dans le domaine de la coopération entre le Niger et le Luxembourg. Le troisième aspect, c'est que cette coopération est concentrée dans le domaine de la formation professionnelle, dans le domaine agricole et le domaine de l'artisanat. En ce qui concerne les Pays-Bas, la situation est un peu plus compliquée dans la mesure où aujourd'hui nous sommes en train de multiplier les efforts pour reconquérir l'espace que nous avons perdu et pour ramener la coopération au niveau où elle était avant 1999. C'est en 1999 que le Niger est sorti de la liste des pays de concentration des Pays-Bas. Du fait de toutes les turbulences que nous avions connues, les Pays-Bas ont estimé qu'il fallait suspendre la coopération avec notre pays. Aujourd'hui, nous sommes en train de rebondir pour redynamiser et relancer cette coopération autour de deux axes qui sont l'irrigation et la culture maraichère. Nous avons bon espoir d'y arriver. Et nous nous battons pour ça. Avec la Grèce, la situation est au point mort en raison de la situation que connait ce pays là. Avec l'Islande, nous développons un axe de coopération autour de la lutte contre l'érosion des sols, et la fixation de dunes. Aussi curieux que cela puisse paraître, l'Islande a les mêmes problèmes de désertification que nous. Ils ont un désert; la seule différence étant que c'est un désert qui est froid, et notre désert est chaud, notre désert a une couleur sable, le leur a une couleur noire, parce qu'historiquement, il est moins ancien que le nôtre. Il y a un axe qui se développe là dans le domaine de la recherche. Nous avons déjà quelques étudiants que nous envoyons là-bas pour échanger avec l'Islande.
Concernant la coopération avec l'Union Européenne, il faut dire que l'Union Européenne est le premier partenaire économique du Niger. La coopération s'exerce très bien. Elle s'est intensifiée récemment, il y a un an de cela, grâce à l'impulsion que le Président de la République a lui-même voulu donner à cette coopération, ce qui a permis d'obtenir 10% de plus du montant qui a été négocié par les experts ; mais aussi qui a permis au Niger d'être l'un des rares pays ACP à bénéficier de quatre axes d'intervention de l'Union Européenne. Le montant global est de 596 millions d'euros. C'est un montant qui est assez important sur la base du 11ème FED qui est entré en vigueur le 1er mars dernier, et qui couvre l'horizon 2014-2020. Les axes d'intervention sont au nombre de quatre : la sécurité alimentaire et la résilience ; l'appui aux secteurs sociaux Education et Santé ; la sécurité au sens de maintien de la paix ; et les infrastructures. Ces axes correspondent pratiquement aux principaux axes d'intervention du Programme de renaissance et du PDES.
Oumarou Moussa

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