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Formation en Activités Génératrices des Revenus au centre Dimol : Donner espoir et soutenir l'autonomisation des femmes victimes de la fistule


d-1La fistule est une maladie grave qui affecte les femmes suite aux mariages précoces, à l'excision, à des accouchements difficiles et non assistés par un personnel de santé, etc. Malheureusement, elles sont, aujourd'hui nombreuses au Niger, des adolescentes qui souffrent de cette maladie. Certaines sont prises en charge au centre de l'Ong Dimol.
Et malgré cette souffrance endurée durant des années, ces braves femmes mènent des activités génératrices de revenus comme la couture, le tricotage, la teinture, la vannerie, la fabrication des bijoux, des bracelets et des perles. Cette activité leur permet, une fois guéries, de pouvoir satisfaire leurs besoins quotidiens quand elles rentrent dans leurs communautés.
Au centre des femmes victimes de la fistule obstétricale ''Dimol''(Dignité), nous avons trouvé sur place des patientes en train d'exercer diverses activités. Certaines font la couture ou fabriquent des bijoux, d'autres s'adonnent à la vannerie. Selon la gestionnaire de Dimol, Mme Bâ Fanta, ce centre accueille beaucoup de patientes qui viennent de partout au Niger. Ces femmes ont des âges compris entre 14 et 65 ans. Dès qu'elles arrivent dans ce centre, les femmes fistuleuses sont initiées à des formations professionnelles comme la teinture, la fabrication des bijoux, la vannerie. Une patiente du nom de Safiya Mahamadou originaire de la ville de Goudoumaria, âgée de 27 ans, est l'une de ces victimes de la fistule. Nous l'avons trouvée en train de fabriquer des bijoux. « J'ai eu ma fistule après mon premier accouchement à l'âge de 17 ans et actuellement, ça fait 10 ans que je traine cette maladie. Au début, je me suis orientée vers le Nigeria pour me soigner, mais ça n'a pas marché» confie-t-elle.
C'est donc par la suite qu'elle s'est tournée vers ce centre où elle a subi quelques interventions. Mais jusqu' à présent, la guérison n'est pas encore au rendez-vous. Safiya Mahamadou a déjà cinq (5) ans dans ce centre de Dimol. Même si elle n'est pas encore guérie, Safiya reprend de plus en plus confiance. Le cadre est favorable pour toutes celles qui vivent le même drame. « J'ai déjà appris à fabriquer des bijoux, et aussi à coudre des draps pour les enfants » se réjouit-elle. Par jour elle arrive à confectionner trois complets de draps et plusieurs bracelets qu'elle vend en gros et en détail. Les draps sont vendus en gros à 2500FCFA l'unité et à 3000FCFA l'unité en détail, alors que les bracelets en gros sont à 150F et en détail à 200F l'unité.
A côté d'elle, Nafissa Amadou, une jeune femme âgée de 15 ans, ressortissante de Téra, souffrant de la même maladie est assise sur une natte en train de confectionner des colliers, des perles, des bracelets. Elle dit aussi avoir eu cette maladie au cours de son premier accouchement. « Je me suis mariée très jeune, à l'âge de 14 ans. Actuellement je suis toute seule au niveau du centre ; mon mari m'abandonné depuis que j'ai attrapé cette maladie. Seuls mes parents viennent de temps en temps me rendre visite » a-t-elle dit.
Nafissa a maintenant trois (3) mois dans ce centre. Au cours de ces 3 mois, elle a appris beaucoup de métiers dont entre autres la fabrication de bijoux, des chaines et des colliers qu'elle vend à l'hôpital à un prix variant selon les modèles. « Pour le complet (bracelet, collier et perle) le prix est de 3000F voir 5000F », dit Nafissa Amadou.
Fati Moumouni, âgée de 24 ans, est une autre victime de la fistule. Elle est venue de la ville de Torodi pour se soigner au centre des femmes fistuleuses. Pour elle aussi, la maladie est intervenue après le premier accouchement, quand elle avait environ 15 ans. Après avoir subi des interventions, Nafissa confie: « actuellement, je me porte très bien car je suis guérie. Je pars au village et je reviens pour des consultations». Elle se réjouit aussi par ailleurs d'avoir appris à coudre des draps, à fabriquer du savon liquide et des bijoux et même la tannerie et le tissage. «Quand je pars au village, j'emporte divers produits que j'ai fabriqués ici, pour les vendre à mes sœurs du village », se réjouit Fati Moumouni.
Les prix de ces articles varient. Pour les produits de la tannerie, le prix est de 2500 voir 5000FCFA ; les draps sont vendus à 3000F ; les bracelets, les colliers et les boucles d'oreilles à 3000FCFA.
Toutes ces patientes rencontrées au niveau du Centre sont venues seules ; elles sont sans accompagnatrices. Ce qui en dit long sur la stigmatisation dont elles sont victimes. Le plus souvent, ce sont les parents qui les amènent au centre et les laissent à leur sort.

Yacine Hassane
05/10/17

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