En ouvrant les travaux de cette rencontre, le ministre des Transports a indiqué que la problématique des transports est au cœur de notre dessein commun de créer la richesse; de renforcer l'intégration régionale et surtout d'accompagner la formidable dynamique de croissance de l'économie nationale. Au demeurant, ''nous sommes contraints de constater que dans une économie où les échanges sont en forte croissance, les transports ont un impact considérable sur l'organisation et l'évolution du commerce, et au-delà, sur l'essor de notre économie'', a-t-il affirmé.
Dans ce contexte, la modernisation du secteur de transport est non seulement une impérieuse nécessité, mais aussi un simple bon sens en matière de gouvernance économique. En effet, au-delà de l'enclavement de notre pays, les difficultés multiples auxquelles sont confrontées les chargeurs découlent aussi de l'ordre économique mondial actuel, de la libéralisation du secteur des transports maritimes intervenue en début des années 1990. Ces situations ont favorisé l'apparition des entreprises de transport multinational qui fixent unilatéralement les conditions commerciales de nos échanges avec le reste du monde, a-t-il précisé.
Selon la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED), l'Afrique subsaharienne enregistre les coûts de fret maritime les plus élevés au monde, par rapport à la valeur des importations. Même le développement des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication et les progrès récents qui ont favorisé la réduction des coûts dans certaines régions du monde n'ont pas profité à l'Afrique subsaharienne. Les marchandises des pays sans littoral subissent toujours des coûts de passage portuaire très élevés. Elles sont soumises à de longs délais de formalités, à des risques d'avaries et de vols dans les enceintes portuaires. Et leur réacheminement est soumis à de multiples tracasseries sur les axes routiers très souvent en mauvais état.
A titre illustratif, et selon une enquête coûts et délais réalisée par le CNUT en 2010, le coût moyen du transport d'une tonne de produits alimentaires acheminée jusqu'à Niamey est de 225.023 FCFA, répartis ainsi qu'il suit: maillon maritime 146.296 FCFA; maillon portuaire 43.782 FCFA et maillon terrestre 34.945 FCFA. Quant aux délais d'acheminement, ils varient entre une et deux semaines suivant le corridor. Ces données montrent que le secteur des transports constitue la pierre angulaire des enjeux du développement de notre vaste pays et sa réorganisation ne concerne pas seulement des acteurs directement concernés, mais elle est l'affaire de tous les nigériens, a souligné le ministre Ibrahim Yacouba avant d'ajouter que les autorités de la 7ème République en sont pleinement conscientes et ont placé le secteur des transports aux premières lignes de la politique de renaissance et de création d'une économie de croissance.
Quant à la directrice générale du CNUT, elle a rappelé que la mission assignée au conseil est ''de rechercher, d'étudier et de mettre en œuvre toutes les mesures permettant d'améliorer l'efficacité, la célérité des transports publics et d'en maitriser les coûts''. Il est évident que l'accomplissement d'une telle mission nécessite une concertation régulière entre les acteurs. Ainsi, le Niger est un vaste pays continental qui s'étend d'Est en Ouest sur plus de 1600 Km, et du Nord au Sud sur plus de 1000 Km, avec une population estimée à 16.000.000 d'habitants. Pour approvisionner cette population en produits de première nécessité, et en biens d'équipement, six corridors de transport routier sont utilisés par les opérateurs économiques. En outre, l'éloignement des grands marchés internationaux, l'absence d'un accès direct à la mer, la complexité des procédures de transit et la non maitrise de celles-ci par nos opérateurs économiques, l'absence d'un réseau ferroviaire, renchérissent le coût des transactions extérieures qui, parfois, est supérieur à la valeur des marchandises.
