La Concorde nationale, ça se fête. C'était le cas mardi 24 avril dernier dans notre pays. L'événement mérite effectivement une attention particulière. Dédiée à la consolidation de la paix et de la cohésion sociale dans notre pays, cette journée porte en elle toutes les marques de l'utile et de l'agréable pour notre pays et son peuple. En effet, aujourd'hui, soit 17 ans après la signature de l'Accord de paix du 24 avril 1995, suivie de la célébration à grandes pompes de la ''Flamme de la Paix'', les Nigériens partagent la même vision quant à la nécessité de pérenniser le climat de quiétude sociale dans ce pays connu pour être un véritable havre de paix.
Aussi, pour avoir savouré les avantages insoupçonnés de la liberté d'aller et de venir, sans crainte ni contrainte, d'un point à l'autre de leur pays, les Nigériens accueillent avec un réel enthousiasme la célébration de cette journée. Car, aujourd'hui, plus que jamais, parce que fortement édifiés par les souffrances endurées par les populations touchées par les crises, nos concitoyens ont pu mesurer toute l'importance de préserver la paix.
Pour réaliser ce noble objectif, le Niger peut compter sur les liens culturels très fors qui unissent ses enfants. Car, à cette volonté partagée de vivre ensemble, en toute symbiose, dans un Niger uni et prospère, viennent s'ajouter la force du cordon ombilical des rapports ancestraux. En effet, en vrais visionnaires, nos aïeuls ont eu l'ingénieuse idée d'anticiper sur les aléas de la vie des peuples, en tissant des solides liens de fraternité entre les différentes composantes ethnolinguistiques de notre pays. Ces liens, qui sont fondés sur la force du cousinage et de la parenté à plaisanterie, constituent aujourd'hui un gage réel pour le raffermissement d'une paix durable au Niger.
Voilà un des charmes de nos riches héritages culturels que nous devons, pour notre bien à tous, travailler à consolider davantage. Aussi, pour promouvoir et consolider ces rapports de cousinage, l'on fera mieux en agrémentant les prochaines éditions de la Journée de la concorde nationale avec l'organisation d'une partie de détente aux rythmes du ''tendé'', du ''bitti haraye'' et du ''toubal''. Ainsi, les Aghali et Aghaïcha d'Agadez pourront se trémousser, toute une journée durant, avec leurs cousins Moudey du Zarmaganda et Héguèye de Téra. Ils pourront ainsi déguster du ''copto'' et du ''dambou'' bien malaxés par Mintou, tout en sirotant du ''attaï'' bien servi par Egglassane. Et ainsi de suite, entre les peulhs et les maouri, les zarma et les bagobiri, les béri-béri et les foulani, les goubé et les bouzou, etc. Etant entendu qu'au Niger, chaque groupe ethno-linguistigue dispose d'au moins un cousin, on peut être sûr que tout le monde sera de la fête.
