Depuis la sortie de son premier album à succès en 1996, l'artiste ivoirien, de son vrai nom Doumbia Moussa Fakoly, joue une musique pour ''éveiller les consciences''. Les paroles de ses chansons parlent de l'oppression du peuple africain qui doit s'identifier à sa culture et à ses valeurs. C'est donc tout naturellement qu'il s'est engagé, depuis plusieurs années, par le biais de son mouvement ''Un concert une école'', dans la lutte contre l'analphabétisme en Afrique. Selon l'interlocuteur du jour, le principe vise à verser toute la recette du concert pour la construction de l'école dans une localité identifiée et reconnue pour ses besoins d'infrastructures scolaires.
Avec toutefois une participation active des partenaires qui soutiennent plus que jamais le projet. Au cours de la conférence de presse, Tiken Jah Fakoly a d'abord décrit l'importance de son mouvement dont le but est la scolarisation de tous les Africains qui pourront changer beaucoup de choses sur le continent par leur savoir. '' Je rêve de construire une école dans chaque pays africain'', dira-t-il, mais c'est un projet dont il mesurera l'ampleur. Raison pour laquelle il salue la présence à ses côtés de plusieurs acteurs tant nationaux et qu'internationaux. Pour l'ambition nigérienne, Oxfam, la coopération suisse, Orange-Niger et le cadre de concertation des structures de la société civile actives en éducation, sont autant de partenaires grâce auxquels le projet se fait viable aujourd'hui. C'est donc grâce à la réflexion de ces partenaires, et suite aux engagements pris à Dakar pour l'atteinte des objectifs d'un fort taux de scolarisation, que la star de renommée internationale interpelle les uns et les autres pour la réussite de l'évènement. ''L'Afrique n'est pas un continent extra-terrestre, donc on peut y arriver. Ensemble, nous pouvons gagner le pari de l'alphabétisation''. Un bilan des écoles déjà construites ou réhabilitées par le mouvement ''Un concert une école'' inscrit la prochaine école comme étant la septième après celles du Mali, de la Côte-d'Ivoire et du Burkina-Faso voisin.
D'ailleurs, c'est avec émotion que Tiken Jah notera qu'une visite de suivi dans ces lieux donne à constater que les écoles sont aussi fréquentées par les jeunes filles que par les garçons. Un trait significatif et encourageant pour celui qui fustige les mariages précoces et autres moyens d'assujettissement moral et économique. Aussi a-t-il interpellé tous les acteurs africains à se demander : ''qu'est ce que moi je fais pour que mes enfants se retrouvent dans des conditions meilleures''?
Comme pour se reprendre lui-même, l'artiste qui avait été déclaré persona non grata au Sénégal en 2007 suite à des révélations jugées fracassantes, insolentes et discourtoises par le gouvernement d'alors, dira que c'est le rôle de notre génération de mettre un accent sur la sensibilisation. Un rôle d'ambassadeur pour l'éducation. S'exprimant sur l'intervention des jeunes en politique, il dit encourager cette initiative, car pour lui, en Afrique, les décisions sont prises par les politiques. Enfin, une reprise en a capella de sa chanson ''va à l'école mon frère pour apprendre ce qu'ils font'', suivi de l'invite ''je dis à tous les jeunes du Niger, venez, ensemble on pourra construire une école avec des fonds de jeunes nigériens'', clôturera les échanges.
