Quelles sont les compétitions majeures auxquelles vos athlètes ont pris part à travers le monde ?
En dehors du niveau national, on a plusieurs forums au niveau de la sous région. Il y a les Jeux Africains pour Personnes Handicapées (JAPHAF), que nous avons même organisés en 2009, des forums de la zone 3, à Accra, à Alger et à Tunis. Nous avons pris part à tous ces forums là. Nous avons honorablement défendu les couleurs nationales au cours de ces compétitions régionales. Actuellement, nous sommes entrain de préparer les jeux paralympiques, c'est-à-dire les jeux pour personnes en situation de handicap qui se tiendront à Londres après les jeux ordinaires. Nous avons deux athlètes, une fille et un garçon, qui participeront à ces jeux paralympiques au nom du Niger.
La fédération de sport pour personnes en situation d'handicap a-t-elle un programme pour la catégorie des jeunes, notamment les enfants ?
Les enfants en situation de handicap peuvent pratiquer les mêmes sports, au même titre que les enfants dit valides. Aussi bien les sports collectifs qu'individuels : athlétisme, natation, etc. En matière de pratique sportive, toutes les disciplines que peuvent pratiquer les enfants en situation normale, ceux en situation de handicap peuvent les pratiquer. Il suffit de les prendre à temps, et de leur donner la formation adéquate. Nous avons, au niveau de la fédération, des professeurs et des encadreurs spécialisés pour la pratique des sports pour enfants en situation de handicap.
M. le Président, peut-on dire qu'au Niger on dispose d'infrastructures adaptées à la pratique de sports pour personnes en situation de handicap, notamment les enfants ?
Le problème se situe réellement à ce niveau. Pour le moment, les infrastructures spécialisées de sport pour personnes en situation de handicap, ne sont pas très vulgarisées. On fait avec ce qu'on a. Les terrains ne sont pas adaptés, les immeubles ne sont pas adaptés. Mais pendant les compétitions, nous mettons l'accent sur l'accessibilité, pour permettre aux jeunes athlètes en situation de handicap de pouvoir pratiquer le sport, au même titre que tout le monde. Nous avons un grand déficit au niveau de l'accessibilité des enfants en situation de handicap à la pratique du sport.
Comment faire pour promouvoir la pratique du sport chez les enfants handicapés ?
Nous sommes une fédération, et nous avons un plan d'action et un programme d'activités. Avec le Ministère de la Jeunesse des Sports et de la Culture, nous avons mis en route un programme d'activités qui permet progressivement une politique de dotation des infrastructures, de l'accessibilité, d'abord au niveau de Niamey, et que nous allons vulgariser à l'intérieur du pays. Mais c'est un programme qui va s'étendre sur des années. Nous avons foi au ministère, car c'est un programme que nous avons conçu avec le nouveau directeur général des sports. Il nous a d'ailleurs promis de tout faire pour permettre la bonne pratique de sport pour personnes en situation de handicap.
M. le président, est-ce que vous avez un appel à lancer à vos partenaires dans le cadre de la promotion du sport pour personnes en situation de handicap ?
Le ministère seul, en tant que tel, ne peut pas tout faire. Nous connaissons les difficultés que rencontre le ministère dans le cadre du financement de la pratique sportive. Donc, nous lançons un appel aux autres partenaires afin qu'ils nous appuient et que nous puissions prouver que le sport pour personne en situation de handicap est aussi important que le sport tout court. A chaque fois que nous avons eu l'opportunité de représenter le Niger, nous l'avons valablement représenté dans le sport de compétition. Donc, cela prouve la détermination de la fédération et des athlètes. Il suffit d'un tout petit peu d'aide, d'un tout petit peu de sponsoring, au niveau du matériel, des équipements, et pour financer les déplacements des athlètes. Parce que nous sommes souvent invités pour aller compétir à l'extérieur. Et je pense que si les partenaires sont à nos côtés, nous pouvons relever le défi qui est de démontrer que le sport des enfants en situation de handicap est aussi valable que le sport des enfants non handicapés.
