La région de Maradi qui abrite cette année les activités nationales marquant cette journée, a une population estimée à plus de 3 millions d'habitants. Pour l'ensemble du pays la population est estimée entre 16 et 17 millions. Avec une densité moyenne de 78 habitants au kilomètre carré et un indice synthétique de fécondité de 8 enfants contre une moyenne nationale de 7,1 enfants, la région de Maradi est exposée aux défis liés aux questions de population. Ces défis qui sont communs aux autres régions du Niger étaient centre des activités marquant la célébration de la 23ème édition de la journée mondiale de la population dont le lancement par la ministre Maikibi Kadidiatou Dandobi a eu lieu le 11 juillet à l'arène des luttes traditionnelles '' Yacouba Ango'' de Maradi.
Avant le discours de lancement de la ministre de la population, de la promotion de la femme et de la protection de l'enfant, des chants, des sketches, portant sur le thème de la journée ont ponctué des interventions dont le mot de bienvenue vice président du conseil de ville, du secrétaire général adjoint de la région, du représentant de l'association des chefs traditionnels du Niger, de la représentante de l'UNFPA au Niger. L'une des prestations de ces troupes artistiques qui a touché le plus le public, est le sketch de la troupe Andigué de Animas Sutura intitulé « les larmes de Papa ». Les artistes ont mis en scène une réalité néfaste en cours encore dans les milieux nigériens. Il s'agit de l'histoire d'un père qui contre l'avis de sa femme et de ses proches a retiré sa fille de 12 ans de l'école pour la donner en mariage à un quinquagénaire. La fille se retrouve avec une fistule obstétricale suite à un accouchement auquel le bébé n'a pas survécu. Abandonnée par son mari, la jeune femme est finalement retournée chez ses parents qui l'ont accueillie en larmes.
Dans leurs différentes prestations les comédiens ont touché ainsi du doigt les réalités et les défis que le thème de la journée appelle à relever. En effet, comme l'a relevé la ministre de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant, le thème « Accès universel aux services de santé procréative » renvoie aux problèmes de mortalité maternelle et infantile ; ce qui, selon elle, revient à se demander sur la façon de promouvoir l'utilisation des services de santé à partir de la parenté responsable. Aussi, a-t-elle expliqué, le choix de la région de Maradi pour abriter le lancement officiel des activités de la 23ème édition de la journée mondiale de la population se justifie par le fait des indicateurs de santé pouvant être améliorés par l'utilisation des services de santé de la reproduction. Mais a-t-elle poursuivi, « les problèmes de population ainsi que les solutions qui devraient les accompagner nécessairement nous concernent tous ».
Au Niger, comme dans le reste du monde ces problèmes sont la principale cause de morbidité et de mortalité des femmes en âge de procréer et des enfants de moins de 5 ans. Les indicateurs de l'enquête sur la mortalité et la survie de l'enfant réalisée par l'INS en 2010 révèlent que le taux de mortalité maternelle est de 554 décès pour 10.000 naissances vivantes et le taux de mortalité infantile est estimé à 131 décès pour 1000 enfants âgés de moins de un an. Face à cette situation les actions menées portent sur la gratuité des soins pour cette cible, la gratuité des contraceptifs pour aider les femmes à espacer les naissances, l'engagement du Président de la République SEM. Issoufou Mahamadou, à travers le recrutement de 450 médecins, 1600 agents de santé durant la première année de son mandat. Au sujet du thème de cette édition de la journée mondiale de la population, Dr Maikibi Kadidiatou Dandobi a lancé un appel à l'endroit de toutes les couches sociales afin quelles mènent des actions de sensibilisation, et de mobilisation en vue d'un changement de comportement responsable par l'utilisation des services de santé.
La représentante de l'UNFPA au Niger, Mme Monique Clesca, a également souligné l'importance de l'accès des services de santé procréative. Ce n'est pas qu'un simple slogan, car cela permet de sauver des vies. Elle a rappelé les actions menées au Niger avec l'appui des partenaires pour garantir le droit à la santé et les progrès réalisés qui se reflètent à travers le ratio de mortalité maternelle ramené de 648 à 554 décès pour 10.000 naissances vivantes entre 2006 et 2010. La prévalence contraceptive qui est passée de 5 % à 16 % ; l'accouchement assisté qui s'est amélioré de 17,2 % à 30 %, la disponibilité des structures de soin de santé obstétricaux, néonatals d'urgence complet est relativement satisfaisante avec un taux de 97%. Mais il faut apporter des réponses aux besoins des jeunes dans le domaine de la santé qui constituent 60% de la population et travailler à maitriser la croissance démographique en vue d'une adéquation avec les moyens. Elle a réaffirmé l'engagement de son institution à appuyer le Niger à relever les défis qui sont entre autres la réduction des inégalités, la lutte contre la pauvreté, les obstacles socio culturels. Les autres intervenants, notamment les autorités administratives et municipales, le représentant de l'association des chefs traditionnels ont aussi transmis des messages en faveur de l'accès universel aux services de santé procréative.
En marge du lancement de cette journée, la ministre Dr Maikibi Kadidiatou Dandobi a rendu une visite de soutien et de solidarité aux femmes souffrant de fistule, au pavillon qui leur réservé au centre hospitalier régional de Maradi. Ces malades ont reçu de la part de la ministre des cartons de savon, des pièces de pagnes, du parfum, et une dizaine de machines à coudre.
