C’est l’une des réformes les plus structurantes de ces dernières années entreprises par le Ministère de l’Education Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues, au Niger. Des inspections départementales ont vu le jour pour chapeauter, au niveau déconcentré, les inspections en charge des enseignements primaires, secondaires ainsi que celles du franco-arabe, dans l’optique d’améliorer la coordination du système éducatif au niveau local. À Gaya, dans le sud de la région de Dosso, Abdoulaye Moumouni, le nouvel inspecteur départemental de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues fait sienne la réorganisation administrative, et évoque des projets pédagogiques adaptés, malgré le défi sécuritaire qui n’épargne malheureusement pas le secteur de l’éducation.
Les locaux de l’inspection, au cœur de la ville de Gaya, sont en cours d’aménagement lorsque Abdoulaye Moumouni nous ouvre ses portes, début avril 2026. Mais il avait déjà le pouls de la situation de l’école dans sa circonscription de compétence. « Le département compte un nombre significatif d’enseignants, souligne l’inspecteur, précisant qu’au niveau secondaire, ils sont 366, toutes catégories confondues (fonctionnaires, contractuels, volontaires) et au primaire, 1 446 enseignants, incluant également le franco-arabe ».
« Avant, les préfectures n’avaient pas toujours de répondant direct dans le secteur éducatif. Aujourd’hui, il y a un interlocuteur unique qui centralise les informations et facilite la communication entre les inspections et les autorités administratives », explique-t-il. En effet, l’inspection départementale joue désormais aussi un rôle de relais entre les différents niveaux (inspections, préfecture et direction régionale). Elle couvre l’ensemble des secteurs éducatifs, notamment le primaire, le secondaire, le franco-arabe et l’alphabétisation.
L’inspection départementale de l’éducation de Gaya regroupe, coordonne et représente dix inspections, dont une pour le secondaire, huit pour le primaire, une pour le franco-arabe et une pour l’alphabétisation. Pour les autorités, cette réorganisation devrait améliorer la qualité de l’enseignement. « Les administrateurs, les responsables de l’éducation disposent désormais d’un seul canal pour remonter les préoccupations et les données », indique l’inspecteur.
Malgré les efforts opérationnels des forces de défense et de sécurité (FDS), la situation sécuritaire reste une préoccupation pour les acteurs de l’éducation de Gaya, notamment dans les zones frontalières avec le Bénin et le Nigéria. « Dans certaines communes comme Bana, Bengou ou Tounouga, l’insécurité perturbe le bon fonctionnement de l’éducation », reconnaît Abdoulaye Moumouni. Néanmoins, fait-il observer, la situation s’améliore progressivement, au gré des efforts des FDS qui s’activent pour un climat propice pour les enseignants et les élèves, où qu’ils soient sur le territoire national, comme à Gaya. « Certaines écoles fermées commencent même à rouvrir leurs portes », témoigne l’inspecteur départemental de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues.
Dans le cadre de sa mission de coordination, l’inspection départementale entend redonner confiance aux acteurs du système éducatif. Il s’agit notamment de rapprocher l’administration des enseignants. « Nous allons multiplier les visites dans les écoles pour soutenir les enseignants, qui se sentent parfois délaissés. Il est essentiel de remonter leur moral et de les accompagner », estime Abdoulaye Moumouni. Des initiatives pédagogiques sont également prévues, annonce l’inspecteur départemental, pour renforcer la qualité de l’enseignement.
Ismaël Chékaré (ONEP)
Envoyé Spécial





