
Au quartier Boukoki 4, c’est la voie pavée qui sert également à l’évacuation des eaux de ruissellement
Dans l’immense ville de Niamey, la question de l’aménagement des ouvrages d’évacuation des eaux usées et de ruissellement demeure quotidiennement au centre des préoccupations des populations. En effet, à chaque hivernage, les populations de plusieurs quartiers se plaignent de l’absence de canivaux. Dans les rares quartiers où ils en existent, leur entretien laisse à désirer. Entre laxisme des municipalités et incivisme des populations résidentes, la responsabilité est partagée.
Par mauvaise habitude, des résidents versent les ordures ménagères dans les caniveaux qui, au lieu de remplir leur mission d’évacuation des eaux, deviennent des dépotoirs ambulants. Pire, certains citoyens voient dans ces caniveaux un moyen facile et à moindre coût pour évacuer les eaux de leur fosse septique familiale.
Ainsi, bien qu’insuffisants, les quelques ouvrages dont dispose la ville de Niamey, malgré les curages, rendent la vie des citoyens difficile. Dans le quartier Boukoki 4 par exemple, où les équipes de la ville de Niamey étaient en opération de curage, les habitants ont saisi la visite de l’Administrateur Délégué le dimanche 26 janvier 2025 pour faire part du calvaire qu’ils vivent en période de pluie.
Selon le représentant du chef de quartier de Boukoki 4, M. Idé Garba, le problème premier est que toutes les eaux usées et les déchets qui sont dans le caniveau proviennent d’autres quartiers et finissent par leur compliquer la vie.
« Pour résoudre ce problème, il faut qu’après le curage, des couvercles de qualité soient mis pour que les ordures ne puissent pas y pénétrer. Il faut aussi qu’il y ait plus de grands caniveaux pour atténuer le courant des eaux. S’ils arrivent à faire cela, nous allons pouvoir vivre une vie paisible et sans encombrement aucun », estime-t-il.
D’après Idé Garba, en saison d’hivernage, les eaux débordantes du caniveau ont l’habitude d’emporter des véhicules. « L’année dernière, un motard était tombé dedans, les eaux l’ont tué. Ce caniveau a provoqué la mort de plusieurs personnes sur ce trajet », a-t-il relevé.
« Ce caniveau est l’unique voie de passage des eaux. C’est un caniveau pavé qui sert à la fois de voie. L’eau le dégrade, il se bouche et les propriétaires des maisons le long du caniveau souffrent. Quand les eaux débordent, elles pénètrent dans nos maisons et nos chambres », témoigne M. Idrissa, un autre habitant du quartier.
Pour M. Idrissa, quels que soient les travaux qui seront faits au niveau de ce caniveau, le problème demeurera, car, dit-il, il a commencé lorsque le grand caniveau a été bouché au niveau du goudron. « Tout le monde sait que lorsqu’il n’était pas fermé, les eaux passent sans causer de préjudices jusqu’au Stade. Mais aujourd’hui, les nantis l’ont fermé et on estime que personne n’est plus fort que l’État », dénonce-t-il.
Sa doléance, c’est une intervention des autorités à travers des mesures qui permettront de rouvrir la voie qui relie au grand caniveau. « Notre cri de cœur, c’est de résoudre ce problème pour que nous puissions dormir tranquillement pendant les pluies. Nous ne demandons pas plus », a-t-il conclu.
Hamissou Yahaya (ONEP)