
Le jeune Athlète Ibrahim Ali N’diaye
La pratique du taekwondo connaît un engouement grandissant au Niger. Après le football, le taekwondo est le sport le plus apprécié et pratiqué par la jeunesse nigérienne. Parmi les talents émergents, Ibrahim Ali N’diaye se démarque comme l’un des espoirs le plus prometteur de cette discipline. Ce jeune athlète, né le 28 novembre 2001, évolue dans la catégorie des -58 kg et affiche une détermination sans faille à porter haut les couleurs de son pays sur la scène internationale.
Dès son plus jeune âge, Ibrahim Ali N’diaye était partagé entre deux passions : le football et le taekwondo. Ce n’est qu’en 2012 qu’il a pris la décision de se consacrer pleinement aux arts martiaux. Il a débuté au club « Unité » de l’Aéroport sous la direction du maître Mahamadou Maïga, plus connu sous le surnom de « Papa Unité ». En 2019, il a rejoint le club « Cho » sous la houlette de maître Toudjani Amadou, alias « Baba Cho ».
Ibrahim a été attiré par le taekwondo non seulement pour l’aspect compétitif, mais aussi pour les nombreux bénéfices physiques et mentaux qu’il apporte. « J’aime particulièrement la souplesse, l’endurance et la force que le taekwondo m’apporte. Ce sport me permet non seulement de perdre de la graisse, mais aussi de gagner en muscles. Par ailleurs, il représente une échappatoire, un moyen de me défouler et de me sentir bien tant dans mon esprit que dans mon corps », confie-t-il.
Ibrahim Ali N’diaye ne cache pas son ambition de représenter le Niger à l’international. Il aspire à participer à des compétitions majeures et à hisser le drapeau nigérien sur les podiums mondiaux. Cependant, il souligne les défis auxquels font face les athlètes locaux, notamment le manque de ressources et de soutien. « Mon objectif actuellement est de parcourir d’autres horizons, aller combattre à l’extérieur pour montrer mes capacités, mais le manque de moyens financiers et de soutien freine un peu l’évolution de mes ambitions. Dans le futur, j’aimerais faire partie de la Fédération Nigérienne de Taekwondo afin de contribuer davantage au développement de ce sport », explique-t-il.
Conscient que le chemin vers l’excellence est semé d’embûches, Ibrahim mise sur le travail acharné et la discipline. Il s’entraîne intensément du lundi au samedi, de 18h à 21h, afin d’affiner sa technique et d’améliorer sa condition physique. Cette rigueur lui a permis de décrocher, dans des compétitions nationales, 22 médailles, dont 8 en or, 5 en argent et 9 en bronze. Son palmarès impressionnant témoigne de son engagement et de son potentiel à devenir un champion de classe mondiale.
Malgré son dévouement au taekwondo, Ibrahim Ali N’diaye mène également une carrière professionnelle dans le transit douanier. Parvenir à concilier sport et travail est un défi, mais il y parvient avec brio. Sa discipline et son sens de l’organisation lui permettent de jongler entre ses responsabilités professionnelles et ses ambitions sportives. Parmi toutes les confrontations qu’il a vécues, un combat reste gravé dans sa mémoire, celui contre Sidibé de Côte d’Ivoire lors de la 2ème édition de la compétition internationale « Coupe-Alfaga ». « Cette rencontre fut mon 4ème combat. J’étais confiant car j’étais plus élancé et plus fort, mais malgré tous mes atouts, j’ai perdu ce combat. Mon adversaire était plus technique et plus expérimenté, notamment sur l’utilisation des plastrons électroniques. Cette défaite m’a permis de comprendre l’importance de l’expérience et de la technique », raconte-t-il.
Fort de cette expérience, Ibrahim Ali N’diaye se sent plus motivé que jamais à poursuivre son ascension. Il sait que le succès dans le taekwondo repose sur la persévérance, l’apprentissage constant et la détermination. Il continue de travailler dur afin d’atteindre ses objectifs et de représenter dignement le Niger sur les tatamis internationaux. Avec du soutien et de la détermination, Ibrahim pourrait bien devenir une figure emblématique du taekwondo africain et mondial.
Assad Hamadou (ONEP)